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carolingien, art

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Charlemagne, empereur carolingienCharlemagne, empereur carolingien

carolingien, art, production artistique réalisée sous la dynastie carolingienne entre le milieu du VIIIe siècle et le IXe siècle, et située à la croisée des influences antique, barbare et byzantine.

La mise en place de l’ordre carolingien, fruit de l’action politique de Pépin le Bref (roi des Francs de 751 à 768) et de son fils Charlemagne (768-814), s’accompagne d’un mouvement intellectuel et artistique justement appelé « renaissance carolingienne » ou Renovatio. Ce renouveau s’affirme dans tous les domaines : architecture, enluminure, ornementation des églises — orfèvrerie, sculpture sur ivoire, gravure des pierres dures.

Le retour à la construction monumentale précède de quelques décennies la renaissance des arts mineurs. Son essor est confirmé par la mise en œuvre d’un véritable programme architectural dont le palais d’Aix-la-Chapelle est l’exemple le plus célèbre. Charlemagne, désirant imiter et rivaliser avec l’Empire byzantin, ordonne la construction d’une résidence permanente à l’image de la puissance du peuple franc. À partir de 794 commence l’édification de cet ensemble monumental, sous la direction d’Eudes de Metz. Il comprend un ensemble civil, centré sur une grande salle royale, probablement inspirée de la basilique de Trèves, et relié par un bâtiment longitudinal à un ensemble sacré, constitué autour de la chapelle palatine, célèbre pour sa rotonde octogonale et son déambulatoire.

Les Carolingiens mettent également en œuvre une réforme de l’Église franque dans le but d’unifier la pratique religieuse sur l’ensemble de l’Empire, et imposent une liturgie nouvelle à laquelle doit s’adapter l’architecture et la décoration intérieure. Le projet de construction conservé à Saint-Gall (Suisse) constitue un autre exemple du programme impérial. Il s’agit du plan général des abbayes carolingiennes, fixé au concile d’Aix (816-817) présidé par Louis le Pieux. Le projet, qui ne sera jamais réalisé, est envoyé à l’abbé de Saint-Gall pour le guider dans la reconstruction du monastère. Il reflète parfaitement l’idéal monastique carolingien. L’église construite à partir de 830 retrace assez fidèlement l’esprit initial : elle suit un plan basilical à trois nefs, avec un transept saillant et un chœur comportant une abside et un autel à chaque extrémité. Dans la nef et les bas-côtés, la multiplication des autels répond au développement des messes privées. Au sud de l’église se trouve le cloître à arcades, autour duquel sont construits le dortoir des moines, le réfectoire et la cuisine. Des bâtiments fonctionnels (hôtellerie, infirmerie, quartier des novices, jardin, basse-cour) soigneusement agencés autour de cet ensemble permettent de créer un monde autarcique.

Les principaux apports de l’art carolingien à l’Occident dans le domaine de la construction monumentale sont le déambulatoire à chapelle rayonnante et un solide savoir-faire dans la construction des voûtes. La décoration, quant à elle, reste fidèle au système antique de revêtement ou de placage sur lesquels sont fixées des mosaïques ou des peintures murales. Cependant, ces décors, que l’on trouvait sur les édifices publics comme religieux, ont presque entièrement disparu et les rares exemples existants restent insuffisants pour donner une juste idée de l’art décoratif carolingien. La petite église de Germigny-des-Prés (Loiret) conserve néanmoins un pavement associant le thème antique des arts libéraux avec des éléments de l’iconographie mythologique, ainsi qu’une mosaïque dans l’abside de l’évêque Théodulfe, représentant l’arche d’Alliance vénérée par deux figures angéliques. L’abbaye de Lorsch (Hesse) présente dans la salle haute du porche des fresques figurant des éléments d’architecture antique.

Les enluminures des manuscrits, qui témoignent parfaitement des liens existant avec la tradition romaine, renouent avec la représentation de figures humaines. Les Évangiles d’Ebbon, du nom de l’archevêque de Reims, conservés à la bibliothèque d’Épernay, montrent ainsi une transposition de modèles classiques. Le célèbre Psautier d’Utrecht (bibliothèque universitaire, Utrecht), par ailleurs, offre des dessins à la plume, inspirés des modèles paléochrétiens d’un manuscrit italien du Ve siècle. L’enlumineur a ici réinterprété ses modèles, en leur donnant mouvement et grâce dans un style caractéristique de l’atelier rémois où il exerçait. L’époque carolingienne voit ainsi pour la première fois la création d’ateliers dans lesquels sont réalisés des livres-copies et des enluminures, destinés à l’aristocratie et révélant des styles propres à chaque scriptorium.

Par ailleurs, le développement de la liturgie a également impliqué l’usage d’articles somptuaires dans les églises. Une partie des richesses du clergé et de l’aristocratie est ainsi utilisée pour la confection d’objets de culte plus nombreux et plus luxueux tels les calices, les croix d’autels (croix de Rupert) et les reliquaires. La décoration en émail fait son entrée tandis que le plaqué d’argent et la technique du cloisonné disparaissent.

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