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Picabia, Francis

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Picabia, Francis (1879-1953), peintre et écrivain français avant-gardiste, figure du mouvement Dada.

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Peindre les « idées que j’ai dans la tête »

Né à Paris, François Marie Martinez Picabia est le fils d’un aristocrate espagnol, consul de Cuba à Paris, et d’une bourgeoise française. Il n’a que sept ans lorsque sa mère meurt, et est élevé par son père, son oncle et son grand-père. Il commence à peindre et dessiner très jeune et tandis que son grand père, photographe amateur, l’incite à passer à la photographie, le jeune homme n’est pas enthousiaste et répond : « Tu peux photographier un paysage, mais pas les idées que j’ai dans la tête ». En 1895, il entre à l’École des arts décoratifs de Paris où il étudie le dessin et rencontre Georges Braque et Marie Laurencin puis, en 1998, il fréquente l’École des beaux-arts où il étudie la peinture, notamment dans l’atelier du peintre académique Fernand Cormon. En 1899, il présente sa première toile Une rue aux Martigues au Salon des artistes français. Influencée par les œuvres d’Alfred Sisley et de Camille Pissarro, sa peinture se rapproche de l’impressionnisme et connaît un succès confortable. Il expose au Salon d’automne, au salon des Indépendants, à la galerie de Berthe Weill, signe un contrat avec la galerie Hausmann, mais pour lui ce n’est qu’une singerie artistique, et, lui-même, ne se considère que comme qu’un faussaire.

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« Pour se sauver il n’y a qu’un moyen : sacrifier sa réputation »

La peinture et cette voie impressionniste ennuient Francis Picabia. Alors, vers 1909, il laisse tout tomber cherchant à peindre différemment. Il se lance volontiers dans l’aventure des avant-gardes. Il épouse Gabrielle Buffet, musicienne d’avant-garde qui reste sa muse jusqu’en 1919, date de leur séparation. Après des premiers dessins abstraits, il se cherche d’un mouvement à l’autre : fauvisme, futurisme, cubisme, orphisme. Cette succession de ruptures fait de lui l’un des artistes les plus prometteurs et audacieux de sa génération et le conduit en quelques années à l’art abstrait, dont il est l’un des pionniers (Caoutchouc, 1909 ; Danse à la source I, 1912 et la Source, 1912 présentés au Salon d’automne ; Udnie, 1913) et, selon certains critiques, l’inventeur. Il se rapproche de l’avant-garde parisienne, de la Section d’or (dit le groupe de Puteaux) autour des frères Jacques Villon, Raymond Duchamp-Villon et Marcel Duchamp, mais aussi de Guillaume Apollinaire et cherche à rendre compte de « la quatrième dimension de l’âme », celle des impressions modifiées par la mémoire et les états intérieurs de l’artiste.

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« La seule façon d’être suivi, c’est de courir plus vite que les autres »

En 1913, Francis Picabia se rend à New York et présente à l’Armory Show quatre toiles de 1912, dont Procession à Séville, purement non figuratif. Considéré avec Marcel Duchamp comme l’un des pères de l’avant-garde européenne (en fait, il est l’un des rares à avoir pu s’offrir le billet jusqu’à New York), il provoque un certain scandale et ses toiles sont tout autant remarquées que critiquées. Face aux commentaires des uns et des autres, il explique que « le public ne doit pas chercher un souvenir photographique d’une impression visuelle ou d’une sensation, mais [qu’]il doit les regarder comme une tentative pour exprimer le plus pur de la réalité abstraite de la forme et de la couleur considérées en elles-mêmes ». Son séjour américain qui ne devait durer que deux semaines s’étend sur six mois, pendant lesquels le peintre s’emplit profondément de cette ville, New York, qu’il juge moderne, cubiste et futuriste. Après un bref retour à Paris, la guerre éclate, et Francis Picabia part en mission à Cuba, mais se réfugie une nouvelle fois à New York. Il y peint ses premiers tableaux de machines, anti-peintures qui obéissent à d’autres conventions que celles des beaux-arts en faisant appel à celles du dessin industriel (Très rare tableau, 1915 ; Machines tournez vite, 1916). Il explique alors que « la machine est devenue plus qu’un simple instrument de la vie humaine. Elle est réellement une part de la vie humaine. Je me suis approprié la mécanique du monde moderne et je l’ai introduite dans mon atelier. » Il pousse à l’extrême sa logique mécanique jusqu’à figurer des personnes par des objets, ainsi son ami Alfred Stieglitz devient un appareil photo ou la jeune Américaine, une bougie de moteur (Portrait d’une Jeune fille américaine dans l’état de nudité, 1915).

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