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Constant, Benjamin

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Constant, AdolpheConstant, Adolphe

Constant, Benjamin (1767-1830), écrivain et homme politique français d’origine suisse, longtemps lié à Mme de Staël et considéré comme l’un des pères du roman psychologique moderne.

Né à Lausanne dans une famille de souche française, Benjamin Constant de Rebecque poursuit ses études en Allemagne et en Écosse, avant d’être introduit par son précepteur dans les milieux littéraires parisiens. Lors d’un voyage en Suisse (1794), il fait la connaissance de Mme de Staël, avec qui il entretient une liaison orageuse pendant quatorze ans. Projeté sur la scène politique par l’entremise de sa maîtresse, il se montre hostile à Bonaparte et doit quitter la France ; c’est en exil qu’il écrit Adolphe (1806). Peu avant la fin du régime impérial, Benjamin Constant reprend sa carrière politique en publiant notamment un pamphlet antibonapartiste : De l’esprit de conquête et de l’usurpation (1814). Représentant des idées libérales et progressistes — quoique parfois très contradictoire dans ses prises de position —, il est l’un des chefs de l’opposition les plus populaires de la Restauration.

Ce n’est pas à ses écrits politiques ni à ses traités de philosophie religieuse que Benjamin Constant doit sa renommée, mais à ses romans et à ses mémoires. Par la peinture d’un certain mal du siècle, l’auteur s’apparente au mouvement romantique tout en adoptant un style très sobre. Adolphe, roman composé en 1806 et publié à Londres en 1816, est une transposition du « perpétuel orage » qu’ont été ses relations avec Mme de Staël. Ce récit à la première personne restitue la fluctuation des sentiments qui unissent Adolphe à sa maîtresse Ellénore ; avec une lucidité neuve pour l’époque, l’auteur y analyse le besoin d’amour et l’incapacité à aimer de son héros, dont les accès de générosité, voire de compassion, à l’égard de sa maîtresse, sont systématiquement contrariés par un égoïsme parfois cruel. Dans une même veine, Cécile (composé en 1810) s’inspire des relations de l’auteur avec son épouse, laquelle eut pour mission d’annoncer à Mme de Staël la fin de leur liaison. Ces deux romans n’ont eu en leur temps qu’un succès d’estime ; ce n’est qu’à la fin du xixe siècle, grâce à la mode du roman psychologique, qu’ils rencontreront le public. La correspondance de Benjamin Constant (Lettres à Mme Récamier, 1882 ; Lettres à sa famille, 1888, etc.), son Journal intime (1887) ainsi que ses mémoires (le Cahier rouge, 1907) — dans lesquels la complexité de sa nature apparaît au grand jour — ont été publiés après sa mort.

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