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salut (christianisme)

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Saint Augustin, la Cité de DieuSaint Augustin, la Cité de Dieu
Plan de l'article
1

Présentation

salut (christianisme), dans le christianisme, action de Dieu en faveur de l'homme pour rétablir la relation d'alliance rompue par le péché et redonner à l'homme l'intégrité de sa vie, présente et à venir. Le salut est au centre de la Bible et du christianisme qui affirme que Jésus-Christ a sauvé tous les hommes.

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Le salut dans la Bible

Dans l'Ancien Testament, le peuple hébreu fait l'expérience de Dieu comme d'un dieu qui le libère de l'esclavage en Égypte et qui le sauve de ses ennemis. Le salut est considéré comme une libération historique et le don par Dieu du bonheur terrestre (terre promise, récolte, paix, postérité). Mais, peu à peu, face aux malheurs de l'histoire, le peuple apprend à distinguer le bonheur terrestre et la communion avec Dieu.

Le Nouveau Testament est centré sur le message de salut de Jésus-Christ. Le Royaume de Dieu qu'il annonce désigne en fait le monde sauvé par Dieu où l'unité entre les hommes et avec Dieu est rétablie. Ce Royaume apparaît comme imminent, et même déjà présent. Les guérisons et les miracles de Jésus représentent des signes qui indiquent la proximité du salut.

Dès les premiers temps de l'Église, la mort violente de Jésus et sa résurrection furent considérées comme réalisant le salut annoncé par Jésus. Jésus était mort pour les hommes, pour les sauver du péché et de la mort. C'est la personne même de Jésus qui réalisait le salut. Aussi, les premiers chrétiens prirent progressivement de la distance par rapport au Temple de Jésus et à la loi juive, qui étaient les moyens donnés précédemment par Dieu pour être sauvé. Saint Paul affirma que ce n'est pas le respect de la loi, mais la foi en Jésus-Christ qui sauve l'homme (Épîtres aux Galates, II, 16). La foi est pour lui la réponse de l'homme au salut donné par Dieu.

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Diverses expressions du salut

Au cours de l'histoire chrétienne, le salut a été décrit en de nombreux termes qui ont chacun leur accent particulier. Aux premiers siècles, les Pères de l'Église insistent sur la divinisation : le salut est union de l'homme avec Dieu, ce qui lui permet d'échapper à la contingence et à la mort. Cette conception, fondée sur l'incarnation (Dieu s'est fait homme pour que l'homme devienne Dieu) reste prédominante dans la théologie orthodoxe.

Le terme de rédemption, également utilisé, indique le combat victorieux mené par le Christ contre le Mal pour sauver l'homme. Il a été associé aux notions de rachat et d'achat : le Christ a donné sa vie en rançon pour sauver les hommes, rançon qui aurait été payée à Satan.

Saint Anselme, théologien du XIe siècle, exprime le salut en parlant de satisfaction : Jésus-Christ a réparé l'offense faite à l'honneur de Dieu par le péché de l'homme.

On a aussi parlé du salut en terme de réconciliation. La réconciliation est ce qui met fin à une séparation qu'elle surmonte. Le salut peut être aussi qualifié de libération, ce qui lui donne une dimension temporelle : libération du péché, mais aussi des structures d'oppression, accent que l'on trouve dans l'actuelle théologie de la libération.

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La justification

Dans toutes ces catégories, la justification tient une place à part. En effet, on peut estimer qu'elle représente le cœur de la doctrine du salut. C'est elle que saint Paul privilégia : « Nous estimons que l'homme est justifié par la foi, indépendamment des œuvres de la loi » (Épître aux Romains, III, 28). « Justifié » est pour lui synonyme de « sauvé ». Cela signifie que l'homme reçoit de Dieu par le Christ une nouvelle justice, qu'il est déclaré et rendu juste par Dieu, alors qu'il était auparavant séparé de Dieu, pécheur.

Au XVIe siècle, Martin Luther insista particulièrement sur la notion de justification, et en fit le dogme central du christianisme. Il découvrit, en méditant sur l'Épître aux Romains que la justice de Dieu ne punit pas l'homme, mais qu'elle le rend juste, par miséricorde, à cause de la mort de Jésus sur la croix. Il comprit que l'homme, corrompu par le péché, ne pouvait pas se sauver par les bonnes œuvres qu'il accomplissait. Seule la foi, don gratuit de Dieu (sola fide), rend l'homme juste, et Dieu n'exige de l'homme rien d'autre que cette foi en la miséricorde divine. Pour lui, cette grâce de la foi est accordée à l'homme en vertu d'un choix mystérieux : la prédestination. Cette conception du salut opposa durablement catholiques et protestants. Depuis le concile de Vatican II, des accords ont été réalisés dans les dialogues œcuméniques à partir de la conception biblique que l'homme ne peut pas se sauver par lui-même, mais que c'est Dieu qui le sauve. Cependant, des divergences demeurent sur le rôle à attribuer à l'Église dans ce salut. Les catholiques considèrent en effet qu'elle est le moyen et le lieu de la réalisation du salut, tandis que, pour les protestants, celui-ci est donné directement par Dieu.

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