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DanemarkArticle
Plan de l'article
Présentation ; Milieu naturel ; Population et société ; Institutions et vie politique ; Économie ; Histoire
Le Danemark est habité dès le paléolithique, comme en témoignent les vestiges trouvés à Klosterlund et à Esterholle. À partir de 3000 av. J.-C., des peuples indo-européens s’installent en Scandinavie ; l’agriculture et l’élevage font leur apparition. À l’âge du bronze, une société évoluée se met en place en Scandinavie, et notamment au Danemark ; plus de 100 000 pétroglyphes, dans lesquels on peut déjà discerner une cosmogonie proche de celle des Vikings, y ont été retrouvés. Les migrations des peuples scandinaves (les Cimbres, les Kimbri danois du Himmerland, se dirigent par exemple vers le sud) se produisent entre 400 av. J.-C. et 800 apr. J.-C. ; c’est à la même époque que les Danes, habitant la partie méridionale de la péninsule scandinave, émigrent vers le Jutland et dans les îles proches de la mer Baltique.
Le Danemark « viking » est constitué de l’actuel territoire danois, des provinces aujourd’hui suédoises de Scanie, de Halland et de Blekinge, ainsi que du Holstein allemand. Il n’y a jamais eu d’unité ethnique entre les hommes du Nord. De grandes différences existent entre les Vikings danois, norvégiens et suédois : les premiers instaurent très tôt un État relativement centralisé, tandis que les Norvégiens sont des colonisateurs (Islande) et les Suédois surtout des marchands. Cependant, tous les Vikings ont en commun une organisation sociale similaire : la famille au sens large (consanguins, amis, clients et obligés) forment le clan en fonction duquel les hommes se définissent ; à chaque clan correspond une unité territoriale, le Land. Le critère politique est également important : la société des Vikings danois est fondée sur l’esclavage, mais l’esclave peut facilement racheter sa liberté par son travail. La société repose à la base sur les boendr, des guerriers paysans libres qui ont accès au thing (l’Assemblée saisonnière des hommes libres, qui décide des affaires de la communauté). Au sommet, couronnant l’édifice, une noblesse clanique, les jarls, élit des rois. Cette structuration se retrouve dans toute la Scandinavie.
On est assez mal renseigné sur les Vikings danois des vie-ixe siècles ; les sagas islandaises postérieures mentionnent le règne de souverains légendaires ou semi-légendaires comme Dan, Ivar Vidfamne et Harald Hildetand. Vers 700, une première mission chrétienne dirigée par l’évêque Willibrord visite le pays sans rencontrer de succès. Au viiie siècle, le roi danois Godfred commence l’édification d’un rempart en terre, le Danevirke, à partir de Sliesthorp (au sud-est du Jutland), qui n’est achevé qu’en 1160. Il atteste la présence d’une forte autorité centrale sur la péninsule dès cette époque. C’est au Danemark que le chef des Saxons Widukind se réfugie en 777, et meurt, en 800, à l’abri des poursuites des souverains carolingiens. Au même moment, les Vikings commencent leurs expéditions maritimes. Du pillage de l’abbaye anglaise de Lindisfarne, en 793, à la dernière expédition norvégienne de Harald Hårdråde et à la chevauchée franco-normande de Guillaume le Conquérant en 1066, l’Occident carolingien se trouve face à un adversaire mobile et redoutable, autant marchand que guerrier, qui s’appuie sur un avantage technologique : le knörr (improprement dénommé en français « drakkar »). Ces bateaux à faible tirant d’eau, très maniables et sûrs, permettent aux Vikings de remonter les fleuves très loin à l’intérieur des terres ou de s’aventurer dans l’Atlantique : au xe siècle, il faut ainsi douze jours pour se rendre de Bergen à Reykjavik. Les Vikings danois sont parmi les plus organisés ; ils conquièrent l’Angleterre du Nord-Est, pillent fréquemment le royaume franc, s’aventurant jusqu’en Bourgogne et s’installant en Normandie. En Angleterre, ils imposent le système du tribut (le danegeld) en échange de leur protection, et cherchent à s’implanter territorialement. Sous le règne du roi Harald Ier Blåtand (« à la dent bleue »), baptisé en 965, le pouvoir politique est renforcé, et le Danemark christianisé. Son fils, Sven Ier Tveskæg, conquiert l’Angleterre dont il devient le roi en 1013-1014. Le fils de ce dernier, Knud (dit Canut le Grand), y règne et unit son royaume à la Norvège en 1028. En 1042, l’Anglo-saxon Édouard le Confesseur (demi-frère de Knud) s’empare de la couronne anglaise, mettant ainsi fin à la domination danoise.
À la fin du xiie siècle et au début du siècle suivant, les Danois conquièrent la plus grande partie des côtes orientales de la mer Baltique, jusqu’au golfe de Finlande, soumettant les populations locales et établissant un royaume maritime puissant et prospère, beaucoup plus étendu que le Danemark actuel sous Valdemar Ier le Grand (1157-1182) et Knud VI (1182-1202). Valdemar II le Victorieux (1202-1241) est sans doute le souverain scandinave le plus puissant du Moyen Âge ; il poursuit la politique de conquête de ses prédécesseurs, prenant l’Estonie où les Danois fondent Tallinn.
Valdemar II ne peut en revanche échapper à la dynamique féodale des pays germaniques voisins. En 1227, l’armée danoise est écrasée à Bornhöved par un ost de chevaliers d’Allemagne du Nord : le royaume danois de la Baltique s’écroule. Le système féodal est alors introduit au Danemark, mais, fait exceptionnel, la paysannerie libre des boendr survit sous la protection royale jusqu’au xviie siècle. L’Église, organisée sur le modèle anglais, appuie la royauté qui cesse d’être héréditaire. La discorde croissante entre la noblesse et la Couronne danoise déclenche une lutte qui, en 1282, oblige le roi Erik V à octroyer une charte (connue sous le nom de Magna Carta danoise), consacrant le pouvoir de cette nouvelle noblesse féodale. Selon ses termes, la Couronne danoise est régie par la loi et l’assemblée des seigneurs, tandis que le Danehof devient partie intégrante des institutions administratives. Ces luttes intestines affaiblissent le royaume, et il faut attendre l’arrivée sur le trône de Valdemar IV (1340-1375) pour que le Danemark recouvre sa position de puissance dominante de la Baltique. Les activités commerciales du pays sont cependant sérieusement menacées par la concurrence de la Ligue hanséatique, réunion de cités commerçantes allemandes pour la plupart, et par l’opposition du royaume de Suède et du Holstein à l’expansion danoise.
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