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DanemarkArticle
Plan de l'article
Présentation ; Milieu naturel ; Population et société ; Institutions et vie politique ; Économie ; Histoire
Les problèmes économiques ne sont pas sans effet sur la demande croissante d’une réforme politique visant à la mise en place d’une monarchie constitutionnelle. Elle est instaurée par la Constitution de 1849 que promulgue par Frédéric VII, constitution qui garantit les libertés civiles et institue une double Assemblée législative (partageant le pouvoir avec la Couronne). La question des provinces du Schleswig-Holstein, deux duchés héréditaires, propriétés des rois de Danemark, confronte les Danois à de sérieuses difficultés à l’aube des révolutions de 1848. Ces deux duchés ont leur administration propre. Le roi Christian VIII déclenche la crise en proposant d’institutionnaliser l’usage de la langue danoise, décision unanimement refusée par les germanophones. Écrasés à la bataille de Bov en avril 1848, les indépendantistes du Schleswig font appel au roi de Prusse Frédéric-Auguste IV, qui obtient le soutien du Parlement de Francfort. Les Danois doivent alors reculer, mais la crise s’internationalise : la Suède et la Russie ne veulent pas voir la Prusse contrôler les détroits de la Baltique. Les efforts diplomatiques qui aboutissent au traité de Berlin (juillet 1850) permettent de signer une paix provisoire. Le Danemark reste souverain au Schleswig qui garde sa propre Constitution, le Lauenburg et le Holstein sont occupés par l’Autriche et la Prusse, garantes du statu quo (voir première guerre des Duchés, 1848-1850). En mars 1863, le Premier ministre du Danemark, Dan Hall, tente à nouveau de réunir les duchés à l’État danois. En 1864, la Prusse et l’Autriche entrent en guerre contre le Danemark pour l’empêcher d’annexer la province du Schleswig. Les Danois, privés du soutien de la Suède et de la Russie, aux prises avec une insurrection en Pologne, sont vaincus le 14 avril 1864 à Dybbol ; par la paix de Vienne (30 octobre 1864), ils perdent les deux duchés, ainsi que le Lauenburg (voir seconde guerre des Duchés, 1864).
En 1866, la Constitution danoise est révisée afin d’accorder plus de pouvoir à la Haute Assemblée, dominée par les grands propriétaires. Mais l’essor industriel des dernières décennies du xixe siècle a entraîné une croissance rapide du prolétariat, en majorité favorable au Parti social-démocrate (PSD), fondé en 1876. Après 1880, le PSD joue un rôle majeur dans le mouvement ouvrier danois et dans la lutte en faveur d’une Constitution démocratique. Il accède au pouvoir en 1901 et met en place de nombreuses réformes sociales. Carl Zahle, le chef des radicaux, gouverne avec l’appui des sociaux-démocrates. Il fait accorder dès 1915, aux termes d’une révision libérale de la Constitution, le suffrage universel et le droit de vote aux femmes.
En 1917, le Danemark, qui demeure neutre durant la Première Guerre mondiale, vend les îles Vierges aux États-Unis. L’année suivante, le pays reconnaît l’indépendance de l’Islande mais continue d’en gérer la politique étrangère, le roi de Danemark restant le chef de l’État islandais. En 1920, la partie septentrionale de la province du Schleswig (à majorité danoise) est intégrée au Danemark après un plébiscite organisé en conformité avec le traité de Versailles ; la partie méridionale se prononce en faveur du maintien dans l’Allemagne. En avril 1939, le gouvernement danois signe un pacte de non-agression d’une durée de dix ans avec l’Allemagne nazie. Pourtant en avril 1940, au cours de la Seconde Guerre mondiale, les troupes allemandes envahissent le pays ; le gouvernement danois réussit toutefois à garder le contrôle des affaires intérieures jusqu’en 1943. Au mois de décembre 1942, la police danoise organise le départ vers la Suède de 6 000 Juifs, parmi lesquels le savant Niels Bohr, à la veille de leur arrestation et de leur déportation. À cette époque, les influences territoriales évoluent. Le Royaume-Uni occupe les îles Féroé et, en 1941, les États-Unis établissent un protectorat provisoire sur le Groenland, y installant plusieurs stations météorologiques et des bases aériennes. En 1944, après un référendum national, l’Islande rompt les derniers liens qui la lient au Danemark, et proclame sa souveraineté.
En 1948, le Danemark accorde l’autonomie aux îles Féroé. Les Danois rejoignent l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) en 1949 et deviennent membres de plusieurs autres organisations internationales, dont l’Association européenne de libre-échange (1959) et la Communauté économique européenne (1972). En 1953, une Constitution révisée est adoptée : elle instaure un Parlement monocaméral, autorise l’accession d’une femme sur le trône et fait du Groenland une partie intégrante du Danemark. Le territoire ne voit son autonomie reconnue qu’après le référendum de 1979.
Les élections de 1968 mettent fin à quarante années de domination du Parti social-démocrate (PSD). Hilmar Baunsgaard, chef du Parti libéral-radical, forme un gouvernement de coalition qui se maintient jusqu’en 1971, lorsque Jens Otto Krag, ancien Premier ministre issu du PSD, reprend le pouvoir. En janvier 1972, Marguerite II succède à son père, le roi Frédéric IX, à la mort de celui-ci. Quelques mois plus tard, Jens Otto Krag démissionne et est remplacé, à la tête du gouvernement et de son parti, par Anker Jørgensen ; à la fin de 1973, les sociaux-démocrates perdent les élections, et Poul Hartling, un libéral, forme un gouvernement de minorité. Redevenu Premier ministre après les élections de 1975, Anker Jørgensen dirige, lui aussi, un gouvernement minoritaire. Il se maintient au pouvoir jusqu’en septembre 1982, lorsque Poul Schlüter, conservateur, prend la tête d’une coalition de centre droit. Les élections de janvier 1984 renforcent la coalition, qui est reconduite en 1987, 1988 et 1990. En 1985, le Folketing, qui prend l’année suivante d’importantes mesures de protection de l’environnement, se prononce contre un projet de centrale nucléaire et pousse le gouvernement à militer en faveur de la constitution d’une zone nordique non nucléaire. Le gouvernement résiste, mais cette querelle interne sur une question aussi stratégique nuit temporairement aux relations entre le Danemark et l’OTAN.
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