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Chateaubriand, François René de (1768-1848), écrivain et homme politique français, qui fut l'un des précurseurs du romantisme et dont l'œuvre majeure, les Mémoires d'outre-tombe, retrace le cheminement difficile d'un aristocrate et d'un intellectuel après la Révolution.
Dernier enfant d'une vieille famille bretonne et catholique, Chateaubriand est né à Saint-Malo. À partir de 1777, il vécut dans le château familial de Combourg. Destiné d'abord à la carrière de marin, conformément à la tradition familiale, il était par tempérament tenté bien davantage par la prêtrise et par la poésie. Vers sa seizième année, il traversa, auprès de sa sœur préférée Lucile, une période fiévreuse et exaltée. Il prit finalement un brevet de sous-lieutenant (1786), fut présenté au roi Louis XVI à Versailles et fréquenta sans grand enthousiasme les salons parisiens.
À Paris, il put assister aux premiers bouleversements de la Révolution ; d'abord séduit par les débats d'idées qu'elle soulevait, il devait prendre rapidement en horreur les violences qu'elle engendrait. En avril 1791, par goût de l'aventure, il s'embarqua pour l'Amérique et y voyagea pendant quelques mois. De sa découverte des paysages et de sa vie au contact des Indiens, il rapporta de volumineuses notes qui allaient nourrir ses œuvres littéraires, notamment son Voyage en Amérique (1827). Revenu à Saint-Malo au début de l'année 1792, il s'y maria puis, devant l'évolution inquiétante du mouvement révolutionnaire, préféra émigrer et rejoignit en Allemagne l'armée contre-révolutionnaire. Blessé, malade, il se réfugia ensuite en Angleterre (1793) où il passa sept années d'exil et de misère. C'est à Londres qu'il publia son Essai historique, politique et moral sur les révolutions anciennes, considérées dans leurs rapports avec la Révolution française (1797) où, à travers l'évocation des bouleversements et des violences de la Révolution, il expose surtout la douleur de sa situation d'exilé et d'« infortuné ».
Rentré en France en 1800, Chateaubriand, profondément affecté par la mort de sa mère et de l'une de ses sœurs, se tourna de nouveau avec ardeur vers la foi catholique dont il s'était progressivement écarté. C'est dans cet état d'esprit qu'il fit paraître un extrait d'une œuvre monumentale, les Natchez (publiée intégralement en 1826) : Atala, ou les Amours de deux sauvages dans le désert (1801), court roman poétique racontant, dans le cadre exotique de la Louisiane, l'histoire funeste de l'Indien Chactas et de la vierge chrétienne Atala, qui préfère mourir plutôt que de trahir sa foi en épousant Chactas. Ce fut un triomphe. En 1802, avec la même volonté de voir le catholicisme remis à l'honneur en France, il publia le Génie du christianisme, ou les Beautés de la religion chrétienne, vaste apologie de la religion à laquelle se rattache René et qui obtint également un succès foudroyant. Chateaubriand, écrivain de la foi, était devenu célèbre ; son succès dans les salons lui permit à cette époque de faire la connaissance de celle qui devait être l'amour de sa vie, Mme Récamier. Nommé par Bonaparte secrétaire d'ambassade à Rome (1803), il s'enthousiasma pour les paysages italiens mais, après l'exécution du duc d'Enghien (1804), il choisit de démissionner et dès lors s'attacha à dénoncer, à demi-mots, la tyrannie napoléonienne. Deux ans plus tard, il s'embarqua avec sa famille pour l'Orient et visita la Grèce, la Turquie, Jérusalem. Au cours de ces pérégrinations, il prit des notes pour les décors de son épopée chrétienne, les Martyrs ou le triomphe de la religion chrétienne, publiée en 1809. À son retour, il se retira dans sa maison de la Vallée-aux-Loups, près de Sceaux, et commença ses Mémoires d'outre-tombe dont la rédaction allait durer une trentaine d'années. Élu à l'Académie française en 1811, année de la publication de son Itinéraire de Paris à Jérusalem, grâce à l'appui de Bonaparte, il continua pourtant de se dire persécuté et, en 1814, composa avec quelque opportunisme un pamphlet antinapoléonien, De Buonaparte et des Bourbons et de la nécessité de se rallier à nos princes légitimes pour le bonheur de la France et de l'Europe, où il se montrait favorable à la restauration monarchique.
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