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socialisme

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Tony Blair, sur le socialismeTony Blair, sur le socialisme
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1

Présentation

socialisme, ensemble de courants doctrinaux s’opposant au capitalisme, et mouvements politiques ayant visé à mettre ces doctrines en pratique.

Tant la doctrine que les organisations socialistes, ayant pour but l’instauration d’une société plus juste, ont connu de profondes évolutions depuis leur naissance au xixe siècle. L’objectif ultime des diverses organisations socialistes était originellement la société communiste, ou sans classe, ce qui supposait la mise à bas du capitalisme. Par la suite, une partie du socialisme s’est orientée vers la réforme du capitalisme, ou « réformisme », tandis que l’autre, le communisme, maintenait le cap sur la révolution. À la fin du xxe siècle, le socialisme connaît une crise d’identité face au discrédit des idéologies modernes, à l’échec de l’expérience socialiste dans l’ancien empire soviétique et à la montée en puissance du libéralisme et de l’économie de marché à l’échelle mondiale.

2

Le socialisme du milieu du xixe siècle à la Seconde Guerre mondiale

2.1

La naissance du socialisme

Le terme « socialisme » est employé, dans la première moitié du xixe siècle, par les intellectuels radicaux européens, tels les Français Claude de Saint-Simon, Charles Fourier ou Étienne Cabet, et l’industrialiste britannique Robert Owen. Constatant les effets du libéralisme économique accompagnant la révolution industrielle sur la société de leur temps, ils s’opposent au système capitaliste de production, jugé injuste et accusé d’exploiter les travailleurs. Le socialisme constitue une réaction contre la priorité accordée par le libéralisme à la réalisation de l’individu, aux droits et à l’égalité formels, aux dépens du bien collectif et de l’égalité réelle.

2.2

Le marxisme

Karl Marx et Friedrich Engels formulent la philosophie de l’histoire en fondant un socialisme se voulant scientifique : le matérialisme historique. Le marxisme considère le capitalisme comme une phase d’un processus historique, marquée par la lutte des classes entre la bourgeoisie et le prolétariat conduisant inéluctablement au socialisme, puis au communisme, c’est-à-dire à l’appropriation collective des moyens de production et au dépérissement puis à la disparition de l’État. Dès la fin du xixe siècle, le socialisme marxiste est devenu l’idéologie de presque tous les partis ouvriers. Cependant, ces mouvements demeurent dispersés en d’innombrables tendances.

2.3

Structuration des mouvements socialistes

Prenant un caractère plus organisé et conformément à sa vocation universelle, le socialisme donne d’abord naissance à la Ire Internationale (1864-1876), déchirée entre anarchistes et marxistes, puis à la IIe, fondée en 1889, dont procède la social-démocratie réformiste.

Le marxisme est popularisé par Engels, August Bebel, et Karl Kautsky. Comme Marx, les socialistes pensent que le système capitaliste éliminera les petits producteurs jusqu’au moment où seules deux classes antagonistes, les capitalistes et les ouvriers, se feront face. Une crise économique majeure finira par ouvrir la voie au socialisme et à la propriété commune des moyens de production. À partir de ce constat commun, les dirigeants socialistes se divisent quant à la stratégie à adopter pour accélérer ce passage du capitalisme au socialisme. Pour les uns, la conquête du pouvoir passe par la formation de partis puissants, s’intégrant au jeu parlementaire, afin de remporter les élections et de mettre ensuite en pratique leur programme.

Se présentant comme l’héritier de la pensée de Marx, le Parti social-démocrate allemand (SPD), qui devient à la fin du xixe siècle la référence majeure des autres partis européens, sur le plan organisationnel et idéologique, s’engage alors dans la voie électorale. Mais ce faisant, dans l’attente de parvenir au pouvoir, le SPD, allié aux syndicats, cherche dans l’immédiat par son action parlementaire à faire adopter un programme minimum. Il s’agit d’obtenir le suffrage universel, un système de protection sociale fondé sur un régime de sécurité sociale et de retraites, une régulation du marché du travail et l’entière reconnaissance des syndicats.

En Grande-Bretagne, les puissants syndicats cherchent à influencer les libéraux plutôt qu’à former un parti ouvrier distinct. Le Parti travailliste n’est ainsi créé qu’en 1906. Il n’adopte un programme socialiste aspirant à la propriété collective qu’en 1918.

Même si la plupart de ces socialistes excluent la participation à des gouvernements « bourgeois », ils se rallient au système parlementaire et semblent refuser désormais la violence révolutionnaire. Cette attitude suscite l’hostilité d’une partie des socialistes, qui ne se satisfont pas de cet attentisme proposé par le programme minimum. Certains, telle Rosa Luxemburg préconise le recours à la grève générale, comme arme révolutionnaire, d’autres, tel Lénine, organise leur parti en vue d’une prise de pouvoir par la révolution.

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