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ténor, voix masculine aiguë, s’étendant de do 2 à si bémol 3 ou do-ré 4 (exceptionnellement fa 4 dans les Puritains de Vincenzo Bellini).
Le terme tire son origine de la « teneur », partie principale de la polyphonie médiévale, dont le rôle consistait à « tenir » la ligne mélodique de base (cantus firmus), autour de laquelle les autres voix apportaient des contre-mélodies.
De son ancienne fonction éminente, la voix de ténor conserve, dans les premiers opéras, une place primordiale : dans l’Euridice de Jacopo Peri (1600) comme dans l’Orfeo de Claudio Monteverdi (1607), Orphée est un ténor (grave). C’est aussi le cas de la plupart des personnages du Retour d’Ulysse de Monteverdi (1641). Très vite cependant, la première place est prise par les castrats (soprano ou alto), et dans l’opera seria, les ténors n’ont que des seconds rôles. Ils assument aussi parfois des rôles féminins comiques (Arnalta dans le Couronnement de Poppée de Monteverdi). La tragédie lyrique française, qui ignore les castrats, fait figure d’exception : les grands héros masculins — du Renaud d’Armide (Jean-Baptiste Lully) à Castor de Castor et Pollux (Jean-Philippe Rameau) — y sont des ténors aigus ou hautes-contre, et c’est pour cette voix que Christoph Willibald von Gluck adapte en 1774 son Orphée et Eurydice pour Paris. Avec le déclin scénique des castrats, les ténors retrouvent progressivement les premiers plans. Le phénomène est très net à l’époque de Wolfgang Amadeus Mozart : les rôles-titres de ses opere serie (Mitridate, rè di Ponto, Lucio Silla, Idomeneo, rè di Creta, la Clemenza di Tito) sont des ténors, comme les rôles d’amoureux de ses autres opéras (Belmonte, Ottavio, Ferrando). L’opéra du XIXe siècle en fait franchement un de ses symboles. Mais, alors que jusqu’aux années 1830, les ténors, comme Giovanni Battista Rubini ou Adolphe Nourrit, utilisaient un aigu allégé, mixé, le goût, les salles et l’orchestration favorisent désormais une recherche de l’aigu large et puissant, illustré en premier par Gilbert Duprez.
Une typologie traditionnelle distingue, par ordre de puissance, le ténor léger (Nemorino dans l’Élixir d’amour de Gaetano Donizetti, Don Ramiro dans Cenerentola de Gioacchino Rossini), lyrique léger (Ferrando dans Così fan tutte de Mozart), lyrique (Max dans Der Freischütz de Carl Maria von Weber, Mario dans Tosca de Giacomo Puccini), le fort ténor ou Heldentenor au medium proche du baryton (Samson de Camille Saint-Saëns, Otello de Giuseppe Verdi, Tristan de Richard Wagner), sans oublier le ténor comique (léger comme les valets des Contes d’Hoffmann de Jacques Offenbach, vigoureux tel Mime dans Siegfried de Wagner).
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