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Renoir, Pierre-AugusteArticle
Plan de l'article
Présentation ; Les années de formation ; Au cœur du mouvement impressionniste ; La « période aigre » ; La « période nacrée » ; Les dernières années à Cagnes-sur-Mer
Au cours de sa carrière, Pierre-Auguste Renoir produit de très nombreux portraits. Si sa sensibilité le pousse avant tout vers la représentation de femmes, figurées endormies ou encore lisant, jouant du piano ou cousant, il s’intéresse également à la représentation de son entourage direct comme le montrent ses portraits d’Alfred Sisley (1874, Art Institute of Chicago) et de Claude Monet (1875, musée d’Orsay ; Madame Monet et son fils, The National Gallery of Art, Washington). Il reçoit également de nombreuses commandes de la haute société parisienne : Portrait de Madame Charpentier et ses enfants (1878, Metropolitan Museum of Art, New York), Portrait de l’actrice Jeanne Samary (1878, musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg), etc.
Grâce à une touche fondue, sensible et sensuelle, Pierre-Auguste Renoir crée une douce harmonie visuelle au cœur de ces scènes champêtres qu’il plonge dans des atmosphères ensoleillées et joyeuses. Sa touche possède une vibration caractéristique qui retranscrit les jeux subtils d’ombre et de lumière, venant faire frémir les surfaces et les contours. Ceux-ci se dissolvent dans un traitement savant de l’éclairage. Le peintre se révèle également un maître audacieux et inventif dans le domaine de la couleur, et on lui envie sa capacité à capter et à restituer ses sujets dans tout leur charme éphémère. Enfin, ses différentes toiles révèlent son goût immodéré pour la représentation de la figure féminine, thème qui a inlassablement nourri son inspiration tout au long de sa vie (Torse de femme au soleil, 1875, musée d’Orsay).
Au début de l’année 1881, Pierre-Auguste Renoir entreprend un voyage en Algérie, d’où il ramène des paysages, ainsi que plusieurs représentations de femmes en costumes traditionnels. Quelques mois plus tard, il gagne l’Italie et se montre tout particulièrement sensible à l’œuvre de Raphaël. Cette découverte le plonge dans une période de doute artistique, et le conduit à aiguiser son intérêt pour la composition de ses œuvres. S’ouvre alors la « période aigre », connue également sous le nom de « période ingresque » (en référence à Ingres), marquée par un intérêt plus fort pour le dessin, mais également par un effort renouvelé dans la rigueur de la composition. Pierre-Auguste Renoir s’oriente vers une description plus nette des contours de ses sujets au détriment de son traitement de la couleur, qui perd alors l’aspect chatoyant caractéristique de la période précédente. Cette tendance commence à s’illustrer dans le Déjeuner des canotiers (1881, Phillips Memorial Gallery, Washington), qui témoigne d’une individualisation parfaite des personnages et d’une grande variété de gestes et d’attitudes. Elle se précise avec force dans Danse à la ville et Danse à la campagne (toiles de 1883, musée d’Orsay), ainsi que dans les Parapluies (1881-1885, The National Gallery, Londres) et les célèbres Grandes Baigneuses (1887, Philadelphia Museum of Art, Philadelphie), toiles emblématiques de cette période.
Aux alentours de 1888, Pierre-Auguste Renoir séjourne quelques temps chez Paul Cézanne, en Provence. Il réalise à partir de cette période de nombreux nus féminins en plein air. Il décline le thème de « la Baigneuse » tout au long des années suivantes, au travers de toiles de facture très souple, dans lesquelles se révèlent les coloris nacrés de la peau de ses modèles (Baigneuse aux cheveux longs, musée de l’Orangerie ; la Dormeuse, 1897, collection Oskar Reinhart, Winterthur). Chargeant progressivement sa pâte, il superpose de plus en plus les couleurs, les brossant toujours plus afin d’obtenir une matière lisse et soyeuse — que l’on compare souvent à celle de Pierre Paul Rubens, de grands peintres vénitiens ou d’Antoine Watteau.
En 1903, Pierre-Auguste Renoir s’installe à Cagnes-sur-Mer. Atteint d’une maladie rhumatismale très handicapante, il se tourne vers la sculpture grâce à l’aide d’assistants (la Grande Laveuse, musée d’Orsay). Parmi les dernières grandes œuvres du peintre, et ses ultimes odes à la beauté féminine, il convient de noter Gabrielle à la rose (1911, musée d’Orsay) et ses ultimes Baigneuses (1918, musée d’Orsay), figures aux chairs opulentes alanguies dans un paysage.
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