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Moyen ÂgeArticle
Plan de l'article
Présentation ; Le haut Moyen Âge (du ve au xe siècle) ; Le Moyen Âge triomphant : développement du système féodal ; Le bas Moyen Âge
À partir du xiiie siècle, les différents royaumes barbares issus des premières vagues d’invasion se disloquent : seule l’autorité spirituelle de l’Église et le souvenir de l’Empire romain semblent unifier un monde marqué par l’émiettement.
La défense de la chrétienté face à la menace musulmane accélère l’ascension d’une famille qui, dès la fin du viie siècle avec Pépin de Herstal, commence à imposer son pouvoir comme maire du palais des « rois fainéants », les derniers Mérovingiens. Son fils, Charles Martel, sait réunir une troupe suffisamment nombreuse, venue de toute la chrétienté, pour stopper l’avancée des musulmans, en 732 à Poitiers. Pépin le Bref peut, en 751, se faire couronner roi des Francs après avoir détrôné Childéric III, le dernier mérovingien (voir dynastie des Carolingiens). L’onction épiscopale lui apporte une légitimité d’origine religieuse considérable. Charles (futur Charlemagne), son second fils, s’impose très vite comme un politique exceptionnel et un remarquable homme de guerre. Après avoir évincé son frère Carloman, il devient, en 771, seul roi des Francs et entreprend une conquête systématique de toute la chrétienté d’Europe, combinée avec une lutte incessante à la fois contre les musulmans — présents de la Sicile à l’Espagne — et contre les potentats locaux. En 800, l’Europe est sous sa coupe jusqu’aux pays slaves : il se fait alors couronner empereur par le pape, à Rome, et s’installe à Aix-la-Chapelle.
Pendant un demi-siècle, jusqu’en 843, l’empire est une réalité politique, modelée par la volonté de son fondateur et perpétuée par son fils et successeur, Louis Ier le Pieux. Il est marqué par l’importance de l’administration impériale, qui délègue aux missi dominici (un clerc et un laïc associés) les pouvoirs de l’empereur dans les comtés. Il se caractérise aussi par le rôle de l’écrit, véhiculé par le latin : les capitulaires sont multipliés pour fixer la législation de l’empire. L’empire ainsi constitué doit pourtant rapidement montrer ses limites. Malgré le contrôle exercé par les envoyés de l’empereur, les comtes et les marquis disposent d’une forte autonomie sur leur territoire. En Bavière et en Bretagne, par exemple, les tentatives de sécession sont nombreuses durant le ixe siècle. La fragilité du système carolingien ne lui permet pas de survivre à son fondateur. Louis le Pieux parvient à préserver son trône, mais à sa mort (840), la règle successorale qui impose le partage du domaine entre les descendants, fait voler en éclats l’empire, partagé au traité de Verdun de 843 entre Louis II le Germanique, Lothaire Ier et Charles II le Chauve.
La période carolingienne permet à une partie de la chrétienté de connaître une paix relative. L’empereur et ses successeurs entretiennent avec les guerriers (auxquels ils confient des comtés, marches et duchés afin d’y assurer la police et la paix) des relations fondées sur la fidélité et l’échange de services. C’est ainsi que naissent, au ixe siècle, les relations de type féodal entre le prince et ses vassaux (voir féodalité). Le rôle dévolu à l’Église par l’État impérial amène les clercs à développer une nouvelle forme d’écriture, beaucoup plus lisible, la « minuscule caroline ». Les manuscrits se multiplient dans les scriptoria, permettant la diffusion du patrimoine hérité de l’Antiquité romaine. Charlemagne lui-même encourage l’aristocratie franque à acquérir la maîtrise de l’écriture et de la lecture. La prospérité de l’Église se traduit aussi par le développement de constructions, dont le palais d’Aix-la-Chapelle et la cathédrale impériale sont les plus célèbres exemples. La cour impériale suscite le renouvellement des arts traditionnels chez les Barbares, comme les émaux et l’orfèvrerie. Les courants commerciaux à l’intérieur de l’empire sont vivifiés, et l’expression « renaissance carolingienne », appliquée par les historiens de la fin du xixe siècle, correspond à ce moment de paix.
Le partage de Verdun de 843 a montré la fragilité de la construction carolingienne. Les nouveaux États, issus de la scission de l’empire, suscitent les convoitises des peuples voisins : les Vikings, les Bulgares et les Hongrois. Les invasions vikings frappent les populations de la France occidentale et celles des littoraux de la mer du Nord : les drakkars pénètrent, en remontant les fleuves, au cœur des États, jusqu’à Paris et Orléans. Païens, les Vikings pillent systématiquement les églises et les monastères, attirés par leurs richesses. Les raids menés au xe siècle sont progressivement repoussés par des troupes de mieux en mieux préparées à leur résister (échec du siège de Paris en 885-886). Dès le xe siècle, les Vikings installent des camps sur les littoraux et le roi français Charles III le Simple doit concéder au chef Rollon la région où il s’est implanté (traité de Saint-Clair-sur-Epte de 911). C’est ainsi que naît le duché de Normandie. L’intégration des Normands est rapide, du fait de leur conversion au christianisme. La poursuite de leurs expéditions, jusqu’en Sicile, est placée sous le signe de la religion chrétienne. En acceptant de devenir « l’homme » du roi de France, Rollon fait aussi entrer les Vikings dans le système de la vassalité. Les Bulgares et Hongrois déferlent sur l’Occident à la même époque ; assez semblables à celles des Huns, leurs invasions traumatisent les populations qui en sont victimes. Pourtant, elles sont repoussées assez rapidement grâce au nouveau système de défense, le château fort, dont s’est doté l’espace chrétien. Les guerriers, qui ont été chargés d’assumer la défense des terres par les autorités impériales, se trouvent alors investis d’une autonomie croissante. Ces guerriers font souvent édifier par leurs paysans des monticules de terre sur lesquels ils installent des tours de bois : ce sont les premières mottes féodales, qui apparaissent dès le xe siècle et se multiplient au cours des deux siècles suivants. Autour des châteaux se constitue peu à peu une société nouvelle, celle que les historiens appellent aujourd’hui le premier âge de la féodalité.
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