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shogun

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Minamoto no YoritomoMinamoto no Yoritomo
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1

Présentation

shogun, abréviation de seiitaishogun (littéralement « général en chef chargé de la lutte contre les Barbares »), titre porté par les dirigeants politiques du Japon pendant les périodes de Kamakura, Muromachi et Edo.

Le titre et la fonction de shogun, ainsi que l’institution qui en découle, le shogunat (en japonais bakufu, littéralement « gouvernement de la tente »), sont emblématiques de ces trois périodes, désignées par ailleurs selon le lieu d’où s’exerce le pouvoir.

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Origines du titre de shogun

Le titre de shogun désigne l’ancienne fonction de chef militaire de l’empereur. Elle est notamment utilisée au début de la période de Heian, aux viiie et ixe siècles, lors des campagnes de pacification du nord de l’île principale Honshu. Il s’agit alors d’un titre octroyé de façon temporaire à un seul homme, le temps de mener bataille en un lieu donné au nom de l’empereur. Avec la période d’unité nationale et de paix qui s’ensuit, la fonction et le titre sont abandonnés.

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Caractéristiques du shogunat

Le gouvernement du shogun est d’abord celui de la classe guerrière, et marque donc la montée en puissance des bushi, qui parviennent à prendre le pouvoir à l’occasion de conflits armés, puis à le conserver en temps de paix.

L’institution shogunale apparaît donc comme une rupture, puisque le gouvernement n’est plus le fait de l’empereur (tenno) ou de son entourage direct comme durant l’Antiquité (périodes d’Asuka, de Nara ou de Heian), mais celui d’un personnage étranger à l’aristocratie de la cour et des grands clans, et dont l’univers culturel est tout autre. Cette rupture se matérialise concrètement par le choix d’un nouveau lieu d’où exercer le pouvoir : Kamakura au Moyen Âge puis Edo à l’époque moderne.

Pourtant, l’institution shogunale s’inscrit également dans une continuité, celle de la dualité politique qui prévaut au Japon depuis plusieurs siècles. Il ne s’agit finalement que d’un nouveau pôle politique, formé sur le modèle de celui créé par les grands clans — en particulier par les Fujiwara — et qui ne doit sa pérennité qu’à la légitimité que lui octroie régulièrement l’empereur.

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Le shogunat de Kamakura

Au milieu du xiie siècle, les troubles des ères Hogen (1156) et Heiji (1159) marquent l’apogée d’une querelle qui oppose les clans Taira et Minamoto, et manifestent l’émergence d’une nouvelle classe sociale, celle des guerriers, qui entend faire jeu égal avec les aristocrates de la capitale impériale. L’empereur et la cour tentent à plusieurs reprises de ramener l’ordre, mais ne parviennent pas à endiguer la guerre des clans, qui s’achève en 1185 avec la victoire de l’armée de Minamoto no Yoritomo sur les Taira à la bataille de Dan no Ura. Cette date — qui marque traditionnellement la fin de l’Antiquité et le début du Moyen Âge — ouvre également la période de Kamakura.

En 1192, l’empereur Go-Toba octroie à Minamoto no Yoritomo le titre de shogun et le charge du maintien de l’ordre dans la capitale. La charge de shogun apparaît rapidement comme irrévocable et héréditaire. Cependant, Yoritomo meurt accidentellement en 1199, laissant deux enfants en bas âge. Leur régence est assurée par le clan de son épouse, les Hojo, qui s’arrogent finalement le titre de shikken, régent héréditaire.

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