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fer, âge du

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Outils de l'âge du fer (Europe)Outils de l'âge du fer (Europe)
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1

Présentation

fer, âge du, période de la protohistoire marquée par l’utilisation du fer pour la fabrication d’armes, d’outils et d’objets variés, et d'une façon générale par la connaissance de la métallurgie du fer. Le terme s’est d’abord appliqué aux cultures européennes qui ont succédé à celles de l’âge du bronze, et, depuis les recherches entreprises durant les années soixante-dix, étendu à l'Afrique subsaharienne.

La théorie diffusionniste largement répandue qui faisait des Hittites les inventeurs de la métallurgie du fer et du centre de l’Anatolie son lieu d’apparition, est aujourd'hui pratiquement abandonnée en raison des nombreuses découvertes et datations qui laissent à penser que celle-ci a été mise au point de façon autonome dans différentes parties du monde (Afrique, Inde, Asie, Proche-Orient, Europe). Le monde grec utilise le fer à partir de 1000 av. J.-C. En Europe occidentale, l’âge du fer débute vers 750 av. J.-C. En Europe septentrionale, il commence vers 500 av. J.-C. La fin de l’âge du fer est fixée à des dates variables selon les pays, qui correspondent à la formation et à l’expansion des civilisations grecque ou romaine (voir Antiquité). Le fer est présent à partir du IIe millénaire av. J.-C. au Proche-Orient et en Égypte, vers 1100 av. J.-C. en Inde, peu avant 500 av. J.-C en Chine. En Afrique intertropicale, la métallurgie du fer était pratiquée au moins dès le Xe siècle av. J.-C.

Le fer n'existe pratiquement pas à l'état natif comme le cuivre, sauf sous sa forme de météorite (sidérolithe), dans lequel de petits noyaux de fer se trouvent incrustés dans de la pierre. Dégagé de sa gangue de pierre par martelage, ce fer venu de l'espace était ensuite martelé à froid puis associé au minerai de fer terrestre utilisé comme fondant dans la réduction du cuivre. Les objets fabriqués avec le fer météoritique étaient de petites dimensions et essentiellement décoratifs. Des objets en fer (perle, amulette et couteau) ont été trouvés en Égypte dans des sites datant du début du IIIe millénaire, D’un autre côté, la plaque de fer en forme de croissant et l'épingle en fer à la tête recouverte d'or retrouvées dans une tombe d’Alacahöyük, en Anatolie, sont datées du IIIe millénaire. Les Hittites semblent avoir été les premiers producteurs et exportateurs de fer de 2000 à 1500 av. J.-C. Le nouveau matériau et sa métallurgie sont apparus progressivement à l’Ouest peut-être à la suite de nombreux mouvements de populations, maritimes et terrestres. Mais les autres métaux — bronze, or, argent — ont continué à être abondamment utilisés, en particulier pour la fabrication de parures et d’objets précieux.

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Métallurgie du fer

La métallurgie du bronze et celle du fer sont très différentes. Le principal avantage du fer sur le bronze est que les minerais dont il est tiré sont très répandus, contrairement à ceux de cuivre et de l’étain dont l'approvisionnement nécessite un commerce à longue distance et des produits de valeur à échanger. C’est aussi un métal pur et non un alliage. Il est plus résistant et plus léger que le bronze, mais plus difficile à travailler. Il ne fond qu’à une température très élevée, à près de 2 000 °C.

Les premiers fours, comme ceux des bronziers, étaient de petites fosses. Puis le bas fourneau a été inventé, fosse surmontée d’une cheminée d’argile, ou grosse d'argile façonnée sur le sol autour d’une armature en clayonnage et percée de deux trous à la base pour l’oxygénation. De tels fours ont fonctionné en Afrique jusqu'au début du XXe siècle : ils permettent de se faire une idée sur la technique traditionnelle d’extraction du fer. On estime que 50 kg de minerai pouvait donner jusqu'à 30 kg de scories environ — ces chiffres variant avec la qualité du minerai —, dont on tirait une douzaine de kilogrammes de fer. Le minerai concassé était jeté dans un four où brûlait du charbon de bois. L'approvisionnement en charbon était de ce fait si indispensable qu’il a entraîné le déboisement de régions entières au Proche-Orient et en Afrique, qui, en raison de la fragilité des sols, a favorisé une désertification. La combustion était accélérée au moyen de soufflets dont les tuyères, introduites à la base du four, et actionnées en permanence permettaient d'atteindre la température de fusion minimale pour la fonte du minerai. La cheminée était brisée pour récupérer la loupe de fer mélangée à la gangue spongieuse de scories qu’il fallait marteler vigoureusement à chaud sur une enclume pour éliminer les impuretés. On donnait ensuite une forme déterminée à cet amas de plus en plus purifié pour en faire des outils ou des lingots, mais il fallait réchauffer au rouge cette masse de fer pour pouvoir la travailler. Cette chaîne opératoire durait environ six heures. La méthode du 14C, appliquée aux charbons de bois résiduels trouvés dans les fonds en argile des anciens fours, permet de dater les sites où se pratiquait la métallurgie du fer. (Voir datation, méthodes de.)

La cémentation, qui consiste à ajouter du carbone pour durcir le fer et obtenir de l’acier, était probablement maîtrisée au tout début du Ier millénaire av. J.-C. comme le laissent supposer les objets de fer moulé (bijoux, clous, hampes de flèches, lames de poignards, houes), découverts dans un atelier de forgeron à Hasanlu, au nord-est de l'Iran. Les métallurgistes celtes l’ont pratiquée ainsi que la technique du corroyage (ou paquetage), où plusieurs barres de fer superposées et différemment carburées (chauffées fortement pour qu'elles absorbent le carbone du charbon de bois) sont martelées pour en combiner les diverses qualités de souplesse ou de dureté. (Voir sidérurgie).

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Europe

Le fer apparaît sporadiquement dans les cultures dites des « champs d’urnes » de l’âge du bronze récent (ou final) en Europe centrale, et lui succède progressivement. La chronologie protohistorique proposée par Paul Reinecke, du Römisch-Germanisches Zentralmuseum de Mayence, en 1904, se fondait sur l’étude typologique d’objets découverts au XIXe siècle. Or, aujourd’hui, sans remettre fondamentalement en cause sa description, on insiste plutôt sur la notion de continuité et de passage progressif à l'âge du fer.

Paul Reinecke a déterminé une première culture de l’âge du fer en Europe occidentale sous le nom de Hallstatt, village des Alpes autrichiennes, important lieu d’exploitation du sel à partir de la fin de l’âge du bronze, dont la nécropole a livré de longues épées en fer. Quelque 1 300 tombes ont été fouillées à ce jour. Les objets précieux et prestigieux qu’elles contiennent, dont de nombreux objets d’importation, sont la preuve de la vitalité de l’exploitation saline au sein d’un vaste et dense réseau commercial. Dans les longs réseaux souterrains de la mine de sel ont été retrouvés des pics de métal, des sacs à dos de cuir et bois, des baquets de bois et des faisceaux de tiges de résineux, sortes de longues allumettes que les mineurs devaient tenir entre les dents pour s’éclairer.

La seconde culture de l’âge du fer européen a été établie à partir du site de La Tène, sur les rives du lac de Neuchâtel, en Suisse, où ont été découverts sous les eaux plus de 2 500 objets (armes, parures et outils), dont de nombreux en métal. Leur association avec des ossements animaux et humains ainsi que leur présence dans un bras mort de rivière incitent à penser que le site était un lieu d’offrandes et de sacrifices.

Cette classification reposait, en outre, sur l’idée de rupture culturelle produite par l’arrivée de cavaliers hallstattiens, les Celtes, en Europe occidentale. Aujourd’hui, la continuité culturelle entre l’âge du bronze et l’âge du fer est en revanche de plus en plus mise en évidence. Pour l’Europe occidentale, les archéologues distinguent de nos jours un premier âge du fer, qui s’étend jusqu'à 500 av. J.-C. et pendant lequel le fer est surtout utilisé pour fabriquer des armes, le bronze étant employé pour la vaisselle, les objets de parure ou de culte (statues). Pendant le second âge du fer, de 500 av. J.-C. au début de notre ère, le fer est utilisé pour réaliser à son tour les nombreux objets de la vie quotidienne. Des milliers de clous de fer sont employés, par exemple, pour joindre les poutres des remparts gaulois, les murus gallicus, murs de pierre renforcés par des structures de bois, ou assembler des planches dans les maisons.

3.1

Réseaux d’échanges à longue distance

Pendant l'âge du fer, la société semble comporter trois classes sociales différenciées, rompant ainsi avec le bronze récent où l'on a parfois distingué un certain nivellement social. La première, révélée par le mobilier funéraire comportait les chefs et une aristocratie, la deuxième incluait parfois les prêtres (les druides chez les Celtes) et des artisans spécialisés. La troisième classe regroupait les agriculteurs et les bergers. Les tombes de l’âge du fer contiennent de nombreux objets d’importation, dont l’immense cratère en bronze de Vix (Côte-d’Or), de facture grecque, le plus impressionnant de l’Antiquité, et que l'on rattache au premier âge du fer. Les échanges à longue distance mettent en relation des peuples, des civilisations et productions fort éloignées les unes des autres, mais qui participent à un vaste commerce dans lequel les Celtes semblent avoir servi de relais. Ce sont souvent des pièces de vaisselle, liées au service du vin, produits de luxe offerts par les Étrusques, puis par les Grecs en échange des matières premières dont ils avaient besoin (métaux, céréales, bois) et que l’on retrouve jusqu’au sud de la Suède. La Scandinavie offrait son ambre en échange. On connaît ces peuples sans écriture du centre de l'Europe à travers les écrits de leurs voisins grecs puis romains qui ont transmis les témoignages des marchands, avant ceux, plus récents, de l'archéologie.

Le premier âge du fer semble correspondre à la période de la conquête de territoire par des guerriers porteurs de longues épées, et qui ont fait du cheval un instrument du contrôle de l'espace à des fins autant guerrières que commerciales. Il leur fallait, en effet, non seulement contrôler les voies de communication, mais aussi défendre les centres où s'échangeaient les produits. De nombreuses résidences princières sont élevées, de la Bourgogne à l’Autriche, contrôlant les grandes voies d’échange : le Rhône, le Rhin et le Danube. La résidence princière de la Heuneburg, qui domine le Danube en Allemagne, a été ceinte, à la fin du premier âge du fer, d’une muraille de briques crues sur une base de pierres, une méthode méditerranéenne surprenante pour cette région et qui montre l’importance qu’a pu avoir l’influence grecque.

Au second âge du fer, la zone de pouvoir se déplace d'est en ouest, vers la Sarre, région riche en fer, en cuivre et en sel, la Moselle et la Champagne. Parallèlement, les comptoirs grecs (voir Grèce), phéniciens (voir Phénicie) et puniques (voir Carthage), établis sur les côtes de la Méditerranée occidentale (Marseille, Sud de l'Espagne, Afrique du Nord, Baléares), ont joué un grand rôle, par acculturation, dans l’évolution des civilisations d’Europe occidentale. Les colonies phéniciennes d’Andalousie ont donné naissance, au VIIIe siècle av. J.-C., à la culture de Tartessos, qui adopte le fer, le tour de potier, la culture de la vigne et de l’olivier, l’usage des fortifications de pierre, et couche ses textes de lois dans une écriture semi-syllabique.

Les influences phocéennes et puniques ont contribué par la suite à former la civilisation des Ibères, déjà associés aux Celtes pour donner les Celtibères au centre de la péninsule Ibérique. Marseille, fondée par les Grecs de Phocée vers 600 av. J.-C., a ainsi eu une très forte influence sur la formation de la Gaule méditerranéenne.

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