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dodécaphonique, musique

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Schoenberg, Pierrot lunaireSchoenberg, Pierrot lunaire
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1

Présentation

dodécaphonique, musique, méthode de composition, mise au point par le compositeur autrichien Arnold Schoenberg entre 1908 et 1923, alors qu’il recherchait un principe autour duquel il pourrait organiser une musique atonale (musique évitant une note dominante centrale et toutes les relations aux clés).

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Technique de composition

Dans le système dodécaphonique, les douze notes de la gamme chromatique sont disposées par le compositeur dans un ordre particulier, pour former une série de notes. La composition utilise une à une toutes les notes de la série, en reprenant la première note à la fin de chaque série. Les notes peuvent être utilisées l’une après l’autre pour former une mélodie, ou simultanément, sous la forme d’accords. Elles peuvent être placées dans une gamme élevée ou basse, selon le souhait du compositeur, et attribuées à n’importe quel instrument ou voix. La série peut également être utilisée sous différentes formes : rétrogradée (notes jouées à l’envers, de la fin au début) ; renversée (de bas en haut, pour qu’un bond vers le haut devienne un bond vers le bas du même intervalle et inversement) ; et renversée-rétrogradée (de bas en haut et à l’envers). La série originale et toutes les variations peuvent également être transposées à des hauteurs supérieures ou inférieures.

Les premières œuvres de Schoenberg utilisant cette nouvelle technique sont les Cinq Pièces pour piano, op. 23, la Sérénade pour septuor, op. 24, et la Suite pour piano, op. 25, toutes terminées en 1923. La musique dodécaphonique de Schoenberg était souvent expressionniste. Ses élèves, Alban Berg et Anton von Webern, utilisèrent ce système de façon frappante. Berg, dont le style était également expressionniste, associa souvent le système à douze notes et les éléments traditionnels du système tonal, construisant parfois des séries de douze notes contenant des accords traditionnels, au lieu de les éviter. Webern, dont le style est marqué par la clarté et la concision, utilisa la série de façon plus abstraite, souvent en la scindant puis en réassociant ses sections. Avant la Seconde Guerre mondiale, peu de compositeurs, en dehors de l’entourage immédiat de Schoenberg, utilisaient le système dodécaphonique, en dépit de deux exceptions notables : Ernst Krenek et Frank Martin.

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Musique sérielle

Le système dodécaphonique était la première et aussi la plus célèbre formulation du concept de sérialisme, qui est sans doute l’innovation la plus importante de toute la musique du XXe siècle. Le sérialisme consiste en une répétition et une variation des éléments musicaux d’une séquence donnée (série), comme la hauteur des sons, le rythme, la couleur et même les blocs de sons ou les niveaux d’intensité. Cette extension du concept est due à Webern qui, parmi tous les membres du groupe initial, fut celui qui appliqua le système de la façon la plus rigoureuse. Pendant la guerre, sa musique eut une influence directe sur Olivier Messiaen et, après la guerre, sur les élèves de ce dernier au Conservatoire de Paris, en particulier Karlheinz Stockhausen, Iannis Xenakis et Pierre Boulez. Le sérialisme total apparaît dans un nombre d’œuvres limité, comme le Livre d’orgue de Messiaen et Structures I pour deux pianos de Boulez, datant toutes deux de 1951. À partir des années 1930, les émigrés européens, et surtout Schoenberg lui-même, ont introduit le sérialisme aux États-Unis et, dans les années 1950, un groupe influent de compositeurs rassemblés autour de Milton Babbitt et de Roger Sessions, à l’université de Princeton, commença d’établir une école de composition rigoureusement sérialiste, qui est aujourd’hui devenue une composante importante de la vie musicale des États-Unis.

Depuis les années 1950, les compositeurs utilisent les procédés du sérialisme avec une liberté de plus en plus grande, allant jusqu’à les mettre en œuvre comme un aspect de la technique parmi de nombreux autres.

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