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Delacroix, Eugène

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Delacroix, Scènes des massacres de ScioDelacroix, Scènes des massacres de Scio
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1

Présentation

Delacroix, Eugène (1798-1863), peintre et aquarelliste français.

Peintre d’inspiration mythologique, littéraire et historique, Eugène Delacroix a laissé une œuvre importante (plus de 800 toiles et fresques et des milliers de dessins, pastels et lavis) fortement habitée par son goût pour l’Orient et caractérisée par un exceptionnel talent de coloriste. Représentant majeur du mouvement romantique, il a influencé de nombreux peintres, jusqu'aux postimpressionnistes.

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L’investiture de Delacroix par Géricault

Né à Charenton-Saint-Maurice, dans la région parisienne, Ferdinand Eugène Victor Delacroix est issu d'un milieu aisé. Son père, Charles Delacroix, est ministre des Affaires extérieures sous le Directoire, ambassadeur en 1798, puis préfet à Marseille et à Bordeaux ; sa mère, Victoire Œben, appartient à une grande famille d’ébénistes apparentée aux Riesener et aux Vandercruse. En 1806, un an après la mort de son père, Eugène Delacroix entreprend des études d’humanités au Lycée impérial (l’actuel lycée Louis-le-Grand) à Paris. Grâce à l’appui de son oncle Riesener, il étudie à partir de 1815 dans l'atelier de Pierre-Narcisse Guérin (1774-1833, un élève de Jacques Louis David), où il fait la connaissance de Théodore Géricault — pour lequel il pose (le Radeau de la Méduse, 1819). En 1816, il fréquente l'École des beaux-arts, puis concourt sans succès au prix de Rome l’année suivante.

Son premier envoi au Salon, Dante et Virgile conduits par Phlégias dit la Barque de Dante (1822, musée du Louvre, Paris), révèle la marque de Géricault mais est accueilli de façon mitigée — le baron Antoine Gros est enthousiasmé tandis que le critique Étienne Delécluze y dénonce une « vraie tartouillade ». La mort de Géricault, deux ans plus tard, est pour Delacroix une consécration symbolique. Les Scènes des massacres de Scio (1824, musée du Louvre), évocation d’un épisode sanglant de la lutte des Grecs pour leur indépendance, indignent les représentants du néoclassicisme, en particulier Ingres, mais contribuent à promouvoir Delacroix chef de file du romantisme.

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La Mort de Sardanapale, un manifeste romantique

Parti à Londres de mai à août 1825, Delacroix y découvre les œuvres de William Shakespeare — il s’en souviendra notamment dans une suite de gravures consacrées à Hamlet (Hamlet, 1843, Bibliothèque nationale de France, Paris) —, de Walter Scott et de lord Byron, mais également le Faust de Goethe, un « chef-d’œuvre de caractère et d’intelligence » dira-t-il, qui lui inspire une série de dix-sept lithographies. John Constable, Richard Parkes Bonington, mais aussi Joshua Reynolds et Thomas Lawrence, l'influencent dans ses propres recherches sur la vibration chromatique, recherches qu'il concrétise dans la plus lyrique de toutes ses œuvres, la Mort de Sardanapale (1827, musée du Louvre), inspirée par la tragédie éponyme de lord Byron.

Présentée au Salon de 1827 — en même temps que l’Apothéose d’Homère du néoclassique Ingres —, cette toile convulsive, voluptueuse et cruelle mêle profusion des personnages, luxe oriental et audace chromatique dans la lignée des grands maîtres vénitiens (Tintoret, Véronèse) et des aquarellistes anglais contemporains. En raison de son audace, cette toile provoque un nouveau scandale. Elle est perçue comme un « manifeste de la peinture d’histoire romantique », et consacre désormais le peintre en esthète maudit et solitaire, un dandy contempteur des conventions « naturelles » de la beauté.

Eugène Delacroix réalise par la suite plusieurs peintures d'histoire, notamment la Décapitation du doge Mario Falerio (1827, Wallace Collection, Londres), la Liberté guidant le peuple (1830, musée du Louvre), glorification semi-allégorique de la Révolution de juillet qui a conduit au renversement de Charles X, et l'Assassinat de l'évêque de Liège (1831, musée du Louvre).

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Le voyage au Maroc

En 1832, Eugène Delacroix accompagne le comte de Mornay dans sa mission diplomatique auprès du sultan Moulay Abd er-Rahman. Ce séjour au Maroc (et dans le sud de l’Espagne) est pour lui une véritable révélation. Fasciné par les couleurs et les lumières de l'Orient, mais aussi par son « haut parfum de mauvais lieu » (selon l’expression de son admirateur Charles Baudelaire) aux expansions corrompues, il multiplie les croquis et les aquarelles. Il en tire plus tard près d'une centaine de tableaux d'une rare puissance exotique dans lesquels le peintre s’abandonne à l’ivresse des accords colorés — Femmes d'Alger dans leur appartement (1834, musée du Louvre), la Noce juive au Maroc (1839, musée du Louvre), le Sultan du Maroc (1845, musée des Augustins, Toulouse) —, poursuivant par-là le courant littéraire orientaliste amorcé par les Romantiques dans les années 1820.

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