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Romains, Jules (1885-1972), écrivain français qui fut notamment l’auteur du cycle romanesque les Hommes de bonne volonté et le créateur de l’unanimisme.
Jules Romains, de son vrai nom Louis Farigoule, naquit en Auvergne, dans le petit village de La Chapuze et passa son enfance dans les ruelles de la butte Montmartre à Paris, où son père était instituteur. Entré en 1906 à l’École normale supérieure, il obtint son agrégation de philosophie en 1909 et enseigna jusqu’en 1919, avant de se consacrer exclusivement à la littérature. Dès 1903, Romains eut l’intuition que dans le monde moderne les individus appartiennent à des groupes, grands corps collectifs pourvus d’une âme qui dépassent celle des individus. Issue sans doute de la lecture des romantiques, de Baudelaire, de Renan comme de l’influence des cours du sociologue Durkheim, qui travaillait essentiellement sur la psychologie des foules, cette vision du monde suppose, ou plutôt affirme, l’existence de liens mystiques entre les êtres ainsi qu’entre l’Homme et la nature. Romains donna une base théorique à l’unanimisme, qui nourrit toute son œuvre littéraire, dans un article qu’il publia en 1905 : « les Sentiments unanimes et la Poésie » ; il développa ensuite cette théorie dans le Manuel de déification (1910).
Romains connut ses premiers succès littéraires avec ses œuvres poétiques, notamment la Vie unanime (1908), poème où il célèbre la disparition de tout individu dans l’unanime, c’est-à-dire dans l’âme unique d’un groupe solidaire, et le Premier Livre de prières (1909). Le thème de la métamorphose de la ville, dont l’âme commune vient au monde par la médiation du poète, est reprise dans ses romans, tantôt sur un ton sérieux, comme dans Mort de quelqu’un (1911), où une mort anonyme permet le réveil d’une conscience collective, tantôt sur le mode comique, presque parodique, comme dans les Copains (1913), où une bande d’amis tire de son sommeil une bourgade de province grâce à une série de canulars.
Romains s’illustra ensuite au théâtre avec la trilogie formée par Donogoo-Tonka (créé en 1920 et adapté à la scène en 1930), une comédie sur l’imposture, Monsieur Le Trouhadec saisi par la débauche (1923) et le Mariage de Monsieur Le Trouhadec (1925). Son plus grand succès théâtral reste cependant Knock (1924), où un médecin cynique fait fortune en mystifiant tout un canton. Cette pièce, en réalité une réflexion sur le rôle du chef au sein d’un groupe, fit l’objet d’une interprétation célèbre par Louis Jouvet.
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