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islamArticle
Plan de l'article
Présentation ; Fondation et branches de l’islam ; Fondements de l’islam ; Loi et droit islamiques ; Théologie et mystique ; L’islam et la société ; L’islam et le monde musulman aujourd’hui
La première communauté islamique a eu pour but de renforcer la famille au détriment des anciennes loyautés tribales. Le Coran insiste sur la piété filiale et l’« amour et l’indulgence » entre époux. Les hommes et les femmes y sont déclarés égaux, bien que soit parallèlement signalé que les hommes bénéficient de plus de responsabilités (ayant notamment la charge d’assurer les moyens de subsistance du ménage). La fidélité sexuelle est rigoureusement exigée. Le Coran prône des mesures destinées à améliorer la condition des femmes contemporaines de la Révélation (c’est-à-dire du viie siècle de notre ère). L’infanticide des filles, jadis dominant dans certaines tribus, est interdit ; les filles obtiennent une part de l’héritage, bien que cette part corresponde à la moitié de ce qui est alloué aux garçons. Le Coran recommande avec insistance de bien traiter les femmes et accorde aux épouses le droit de divorcer en cas de mauvais traitements. Le Coran autorise la polygamie masculine dans la limite de quatre épouses, mais établit également que « si tu crains de ne pas être également juste envers les épouses, n’épouse qu’une seule femme ». L’abus de la polygamie et du droit des hommes, reconnu dans l’islam traditionnel, à répudier leur femme (même si sa conduite est irréprochable) a récemment conduit à la promulgation de lois familiales réformées dans la plupart des pays musulmans.
Les musulmans n’ont généralement pas cherché à établir un dialogue fort avec les représentants des autres religions. Ce n’est que récemment que les autorités musulmanes ont engagé un dialogue avec des représentants du christianisme et du judaïsme, reconnus dans l’islam comme les deux autres religions du « Livre ». La tradition islamique possède une règlementation précise pour les communautés musulmane, juive et chrétienne. En effet, l’islam divise théoriquement le monde en trois zones distinctes : dâr al-islâm (« la Maison de l’islam »), dâr al-sulh (« la Maison de la Paix », territoires non musulmans ayant conclu une trêve avec l’islam) et dâr al-harb (« la Maison de la Guerre », le reste du monde). Il distingue également trois catégories d’individus : les musulmans, les « gens du Livre » (ahl al-kitâb, détenteurs de l’Écriture) et les infidèles (kâfir, pluriel kâfirûn, c’est-à-dire les non croyants). Si, à l’origine, l’expression « gens du Livre » ne désignait que les juifs et les chrétiens, elle a par la suite été étendue à d’autres communautés monothéistes (par exemple, aux adeptes du zoroastrisme). Historiquement, en terre d’islam (dâr al-islâm), les « gens du Livre » doivent se soumettre à l’autorité politique musulmane, ce qui leur permet de conserver leur foi et de pratiquer librement leur culte ; ils bénéficient d’un contrat de protection leur offrant le statut d’« hôtes protégés » (dhimmi), mais doivent payer un impôt de capitation (la jizya) rappelant leur situation d’infériorité juridique et financière. Pour ce qui est des non croyants, c’est-à-dire ceux que les musulmans ne reconnaissent pas comme « gens du Livre », ils doivent en principe se convertir à l’islam ou être réduits en esclavage. Cependant, cette loi a rarement été appliquée. Un converti à l’islam ne peut renoncer à sa nouvelle religion, qu’il soit un dhimmi ou un païen, car c’est un péché mortel que d’abandonner l’islam, même pour une religion dont la révélation est reconnue. Il n’en demeure pas moins que, si la religion a règlementé le statut de chaque individu au sein des terres islamiques, rien n’a été prévu pour les musulmans vivant hors du domaine de l’islam.
Le terme djihad, généralement traduit par « guerre sainte », désigne la lutte pour atteindre l’objectif islamique qui consiste à « réformer la Terre », ce qui peut comprendre l’usage de la force si nécessaire. Cependant, l’objectif prescrit du djihad n’est pas une expansion territoriale ou la conversion forcée des peuples à l’islam, mais l’hypothèse d’une puissance politique destinée à mettre en vigueur les principes de l’islam grâce à des institutions publiques. Le concept du djihad a néanmoins été employé par certains dirigeants médiévaux musulmans pour justifier des guerres déclarées par pures visées politiques. Progressivement cependant, le djihad a été interprété en termes plus défensifs qu’offensifs. Il n’en demeure pas moins qu’à partir du xxe siècle, le concept du djihad a inspiré une frange de la communauté musulmane dans son combat contre l’influence occidentale.
Divisé en trois branches — le sunnisme largement majoritaire (environ 90 p. 100 des musulmans), le chiisme (près de 10 p. 100) et le kharijisme (moins de 1 p. 100) — le monde musulman est toujours constitué de la communauté des fidèles (la umma) qui, aujourd’hui, se répartit entre :
L’islam est ainsi une communauté plurielle rassemblant une multitude de peuples, de nationalités, de langues, de cultures (arabes, berbères, irano-indiennes, turques, malaises, noirs africaines, etc.) autour d’une foi unique : la croyance en Dieu (Allah en arabe) et en son prophète Mahomet. Les musulmans se distinguent également par l’école juridique à laquelle ils se rattachent (les madhâhib, voir droit musulman), la principale étant le hanafisme (la plus souple, suivie par plus du tiers des croyants), puis le chafiisme, le malikisme et le hanbalisme (école très peu suivie).
Sans pour autant ignorer ou masquer la pluralité et la complexité du monde musulman contemporain, il est possible d’y distinguer deux grandes tendances opposées : les traditionnalistes et les modernistes. Les traditionalistes défendent une application rigoureuse de l’islam et une lecture littérale des textes révélés ; on utilise communément les termes d’islamistes (exigeant une stricte application de la loi islamique, la charia) et d’intégristes pour désigner ces musulmans traditionalistes, fondamentalistes et prosélytes. Pour exemple, l’application de la loi islamique est demeurée rigoriste en Arabie saoudite, où le wahhabisme (courant sunnite issu de l’école hanbalite) est la doctrine officielle depuis le xviiie siècle. Pour sa part fondé dans les années 1920, le mouvement des Frères musulmans (des sunnites traditionalistes intransigeants) cherche à « ré-islamiser » la communauté musulmane en créant un unique État islamique, combattant par la force toute influence occidentale, et ne reconnaissant que le Coran comme Constitution. Enfin, il est à noter que pour les plus extrémistes, la foi en l’islam doit être valorisée par le sang des martyrs et la guerre sainte (djihad). Face à ces différents développements du traditionalisme islamique, les modernistes affirment pour leur part que l’islam — religion tolérante et rationnelle — n’est pas hostile au progrès, à l’innovation, et à sa propre évolution pour s’adapter au monde contemporain. La réflexion contemporaine se porte notamment sur le statut de l’individu et plus particulièrement sur celui de la femme, dont la vie est fortement règlementée par la loi et la tradition. Bien que ces réflexions ne correspondent à aucun mouvement d’ensemble dans le monde musulman, il est notable que des applications plus souples de la loi islamique aient été mises en place dans de nombreux États souverains.
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