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Altman, Robert

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Robert AltmanRobert Altman
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Présentation

Altman, Robert (1925-2006), producteur, scénariste et réalisateur de télévision et de cinéma américain.

Figure majeure du cinéma américain contemporain, Robert Altman s’est imposé comme un réalisateur provocateur et innovant. Parfois incomprise, son œuvre témoigne d’un regard critique et sans concession et d’une volonté de renouvellement du discours cinématographique hollywoodien, tant du point de vue de la forme que du contenu.

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Les années de formation : l’éclosion d’une forte personnalité

Né à Kansas City (Missouri), Robert Altman est élevé chez les jésuites avant de s’engager dans l’armée à l’âge de 18 ans. Après la Seconde Guerre mondiale, en 1947, il entre à l’université du Missouri. Parallèlement, il commence à écrire des scénarios qui le font connaître ; fort de ces premiers « succès » — notamment pour Bodyguard (1949) de Richard Fleischer —, il s’installe à New York, mais il est rapidement contraint de revenir dans sa ville natale. Là, il exerce diverses fonctions au sein de la Calvin Company (un studio de cinéma) et parvient à rassembler la somme nécessaire au tournage de son premier film qui débute en 1955.

The Delinquents sort finalement en 1957, suivi la même année par un documentaire intitulé l’Histoire de James Dean (The James Dean Story) ; réalisé deux ans après la mort tragique du célèbre acteur, le film est un échec commercial, mais attire l’attention d’Alfred Hitchcock. Si leur travail commun sur Sir Alfred Hitchcock Presents se solde par une fin de non-recevoir pour Robert Altman, elle lui permet néanmoins d’obtenir suffisamment de reconnaissance pour mettre en scène plusieurs téléfilms à succès en 1960 et 1961. Intransigeant tant sur la forme que sur le fond de ses réalisations, Robert Altman éprouve quelques difficultés à réellement s’intégrer au monde hollywoodien ; il met toutefois à profit cette période pour développer une théorie originale et personnelle du cinéma — peu orthodoxe selon certains — notamment fondée sur une nouvelle « science » des dialogues, moins rigides et moins encadrés que par le passé.

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Robert Altman, artisan du renouveau du cinéma américain

Si That Cold Day in the Park (1969) est dénigré tant par le public que par la critique, M*A*S*H (1970) rencontre en revanche un succès immédiat. Sur fond de guerre de Corée, le réalisateur suit une équipe de médecins et d’infirmières : le ton est comique et satirique, le discours explicitement pacifiste et le style audacieux (dialogues souvent improvisés, mouvements de caméra et montage rappelant le style documentaire). Témoignant d’une attitude particulièrement irrévérencieuse envers Hollywood et ses canons formels, le film est récompensé par la palme d’or au festival de Cannes.

Dans John Mc Cabe (McCabe and Mrs Miller, 1971), Robert Altman dirige Warren Beatty et Julie Christie, et procède à une méticuleuse déconstruction du western classique. Il tourne ensuite Images (1972), le Privé (The Long Goodbye, 1973) avec Elliott Gould dans le rôle du détective Philip Marlowe, personnage de Raymond Chandler, Nous sommes tous des voleurs (Thieves Like Us, 1974), film noir dont l’action se déroule lors de la Grande Dépression du début des années 1930, California Split (1974) puis Nashville (1975), dont la structure narrative particulièrement riche et complexe s’attache à rendre compte du destin de vingt-quatre personnages sur une période de cinq jours.

En quelques années et à la faveur d’un film par an, Robert Altman est ainsi devenu l’un des fers de lance du cinéma américain des années 1970 ; provocatrice et critique, sa filmographie s’avère également innovante, puisque le réalisateur a notamment mis en place un système de prise de son à huit pistes évitant les phases de postsynchronisation et permettant d’obtenir une bande-son à plusieurs entrées, plus vivante et plus fidèle à la réalité.

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Les années de doute

À partir du milieu des années 1970 cependant, Robert Altman perd peu à peu les faveurs du public comme des critiques : Buffalo Bill et les Indiens (Buffalo Bill and the Indians, or Sitting Bull’s History Lesson, 1976), avec Paul Newman dans le rôle-titre, Trois femmes (3 Women, 1977), drame onirique influencé par Ingmar Bergman, Un mariage (A Wedding, 1978), notamment interprété par Mia Farrow, et Quintet (1979), au générique duquel apparaissent Paul Newman, Vittorio Gassman, Fernando Rey et Brigitte Fossey, sont en effet mal accueillis. Le parcours décevant de Popeye (1980), comédie musicale avec Robin Williams, s’inscrit dans ce contexte défavorable et incite Robert Altman à abandonner provisoirement sa carrière de cinéaste.

Le réalisateur quitte alors Hollywood et se tourne vers le théâtre, filmant parfois ses propres mises en scène, à l’instar de Reviens, Jimmy Dean, reviens (Come Back To the Five and Dime, Jimmy Dean, Jimmy Dean, montée à Broadway avant de sortir au cinéma en 1982). Robert Altman s’installe ensuite en Europe et poursuit son activité artistique dans de multiples directions (théâtre, opéra, vidéo, cinéma, etc.).

Streamers (1983), diatribe antimilitariste avec Matthew Modine, Secret Honor (1984), sous-titré The Last Testament of Richard M. Nixon (« le dernier testament de Richard Nixon ») ou encore A Political Myth (« un mythe politique »), Fool For Love (1985), avec Sam Shepard et Kim Basinger, Beyond Therapy (1986) ou encore Tanner: A Political Fable (1988), satire politique sur la campagne présidentielle américaine, figurent parmi les films de moindre envergure réalisés par Robert Altman pendant les années 1980 ; fidèles à son style, ces œuvres ne reçoivent pourtant qu’un écho limité.

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La consécration d’un artiste novateur et indépendant

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