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Bertolucci, Bernardo (1941- ), scénariste et cinéaste italien. Né à Parme, fils du poète Attilio Bertolucci et poète lui-même, Bernardo Bertolucci fait ses études à l'université de Rome, puis devient l'assistant-réalisateur de Pier Paolo Pasolini, avec lequel il écrit la Commare secca (1962), dont il assure la mise en scène. Il tourne son deuxième film, Prima della rivoluzione (1964), inspiré de la Chartreuse de Parme de Stendhal, et impose ainsi son goût pour l'adaptation des classiques de la littérature. On y trouve déjà l'évocation de l'ambivalence politique et de l'ambiguïté sexuelle, dans un style de mise en scène caractérisé par un rythme proche de la chorégraphie, servi par des mouvements de caméra sophistiqués et des effets de montage qui feront de ses œuvres à venir de véritables opéras filmés. Après deux documentaires, la Via del petrolio (1966) et il Canale (1966), il dirige Pierre Clémenti dans un film d'avant-garde provocateur et surréaliste (Partner, 1968), travaille avec Julian Beck et le Living Theatre pour Agonia, son sketch dans le film collectif la Contestation (Amore e rabbia, 1969), et tourne pour la télévision la Stratégie de l'araignée (la Strategia del ragno, 1970), d'après Jorge Luis Borges. Il obtient son premier succès international avec une adaptation du roman d'Alberto Moravia, le Conformiste (il Conformista, 1971), qui raconte la trajectoire d'un homme tranquille qui épouse les théories du fascisme et y trouve un exutoire à ses pulsions. Le film est nominé pour les oscars dans la catégorie meilleur film étranger et permet à Jean-Louis Trintignant de se distinguer dans une composition impressionnante de vérité dramatique. Après un bref retour au documentaire (la Salute è malata et I poveri muoiono prima, 1971), il dirige Marlon Brando et Maria Schneider dans le Dernier Tango à Paris (Ultimo Tango a Parigi, 1972), film d'amour fou et de passion, aux lumières diffuses, qui vaut à Bertolucci des démêlés avec la justice de son pays. Le succès de scandale du film contribue pour beaucoup à la notoriété mondiale de son auteur et lui permet surtout de réaliser 1900 (Novecento, 1976), une fresque à très gros budget sur la montée du fascisme, avec une distribution éclatante (Robert De Niro, Gérard Depardieu, Donald Sutherland, Burt Lancaster, Sterling Hayden, Laura Betti, Dominique Sanda). Mais le film est un terrible échec commercial. Il revient à un cinéma plus intime avec la Luna (1979), renouant ainsi avec le climat étrange, trouble, pathétique et poétique de ses premières œuvres, puis dirige Ugo Tognazzi dans une fable pessimiste et grave, la Tragédie d'un homme ridicule (la Tragedia di un uomo ridicolo, 1981). Il s’essaie à nouveau au film historique, avec le très ambitieux et spectaculaire Dernier Empereur (The Last Emperor, l'Ultimo Imperatore, 1987), récompensé par neuf oscars à Hollywood, dont celui du meilleur film, du meilleur réalisateur et du meilleur coscénariste. Après cette superproduction, il reste à Hollywood et adapte le roman de Paul Bowles Un thé au Sahara (The Sheltering Sky, 1990), puis tourne à nouveau une fresque historique et philosophique avec Little Buddha (1993, filmé en partie à Bhaktapur, au Népal), avant de rentrer en Italie afin de réaliser Beauté volée (Stealing Beauty, 1996), puis le bouleversant Shanduraï (1998). Bertolucci a également été coscénariste d’Il était une fois dans l'Ouest (C'era una volta il west, 1968) de Sergio Leone.
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