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Résultats avec Windows Live® Search U2Article
Plan de l'article
Présentation ; D’un héritage post-punk à une new wave teintée de rock ; Un succès planétaire ; Achtung Baby, un nouveau départ ; U2 retrouve son identité
U2, groupe de rock irlandais formé en 1977 à Dublin.
Lorsque Paul Hewson, alias Bono (chanteur), David Evans, alias The Edge (guitare), Adam Clayton (basse) et Larry Mullen (batterie) enregistrent leur premier album Boy (1980), la new wave synthétique (représentée par des groupes tels que Ultravox ou encore Depeche Mode) domine le paysage musical britannique et international. Le style de U2, plus rock et plus direct, moins sophistiqué (encore pétri de références à la musique punk), place d’emblée la formation irlandaise en marge du mouvement alors en vogue. Malgré la présence d’une section rythmique (basse et batterie) de facture relativement classique (à l’instar d’autres formations estampillées new wave, les lignes de basse jouées par Adam Clayton soutiennent souvent la mélodie des chansons), le jeu de guitare de The Edge (fait de sonorités, d’arpèges et d’accords inédits et reposant sur une subtile alternance de riffs nerveux et de délicates harmoniques) et l’attitude charismatique du chanteur Bono (notamment sur scène) impriment une très forte personnalité au groupe. Sur scène — son lieu de prédilection —, U2 acquiert dès les premières années une réputation sans faille, qui ne s’est jamais démentie depuis. Des morceaux tels que « New Year’s Day » et « Sunday Bloody Sunday » (extraits de War, 1983) permettent en effet au groupe d’imposer une musique énergique et lyrique et de véhiculer efficacement ses revendications politiques, religieuses et sociales, fortement ancrées à gauche (le régime de Margaret Thatcher étant notamment souvent la cible des anathèmes lancés par Bono).
L’album The Unforgettable Fire (1984) marque un tournant significatif dans la carrière de U2, préfigurant le succès planétaire de The Joshua Tree (1987) : disposant d’une renommée mondiale, le groupe s’offre les services du producteur Brian Eno, qui donne à des compositions telles que « Pride (in the Name of Love) » ou « Bad » une plus grande envergure sonore et une nouvelle richesse mélodique et harmonique. Délaissant le relatif « minimalisme » sur lequel était jusque-là fondée sa musique, U2 privilégie désormais l’aspect flamboyant de ses chansons et ne rechigne devant aucun engagement, s’investissant totalement (jusqu’à saturation pour certains détracteurs du groupe) dans des causes humanitaires telles que le Live Aid (1985) ou Amnesty International. Les fans de la première heure ne comprennent pas la nouvelle orientation — plus grand public — du groupe, mais ne peuvent que constater son immense succès, acquis en 1987 grâce à des morceaux tels que « Where the Streets Have No Name », « I Still Haven’t Found What I’m Looking For » ou encore « With Or Without You ». Les États-Unis ouvrent leurs portes à U2, qui à son tour rend hommage à une musique américaine dont ils revendiquent alors l’influence ; la présence du bluesman B. B. King sur le disque Rattle and Hum (1988) — à la fois disque en public, album studio et documentaire filmé sur le groupe — est, à cet égard, significative de la direction artistique prise par le groupe.
Après une tournée de tous les excès — U2, souvent comparé aux Rolling Stones à cette époque, n’a jamais été aussi populaire : ses concerts battent tous les records d’affluence et les recettes générées par ces représentations explosent —, le groupe revient en Europe et entreprend un spectaculaire changement de cap artistique : enregistré à Berlin sous la direction du fidèle Brian Eno, Achtung Baby (1991) démontre l’étonnante capacité de U2 à se renouveler après l’« impasse » musicale que représentait Rattle and Hum. Comment le groupe pouvait-il, en effet, continuer sur cette voie sans renier tout ce qui avait fait son succès ? L’album répond de brillante façon à cette question, donnant à entendre des sonorités à la fois nouvelles et empruntées à leur ancien répertoire. Le single « One » — unanimement considéré comme l’un des meilleurs du groupe — est à ce titre révélateur d’une démarche privilégiant un ton plus intimiste que sur les albums précédents, tout en conservant des mélodies simples et accrocheuses et une texture sonore, chaude et moderne. L’album Zooropa (1993), composé pour l’essentiel lors de la tournée qui suit Achtung Baby, ne connaît pas le même succès que son prédécesseur : optant à nouveau pour une écriture (textes et musiques) tout en retenue, U2 semble stagner. Toutefois, des chansons telles que « Lemon », « Stay (Faraway, So Close) » ou encore « The Wanderer » (interprétée par Johnny Cash, une des figures majeures de la musique country) illustrent parfaitement l’étendue de la palette sonore et la diversité d’atmosphères que le groupe (dont les capacités techniques ont considérablement progressé) est désormais capable de créer. Les quatre années qui s’écoulent entre Zooropa et Pop (1997), période de transition, sont mises à profit pour mener à bien divers projets personnels et parallèles à la carrière de U2. Bono enregistre notamment en duo avec Frank Sinatra (« I’ve Got You Under My Skin ») et les membres du groupe retrouvent Brian Eno et Howie B. pour composer, en 1995, sous le nom de Passengers, des musiques de films : Par-delà les nuages, réalisé par Michelangelo Antonioni et Wim Wenders (« Your Blue Room »), ou Miss Sarajevo (titre éponyme chanté par Luciano Pavarotti), documentaire de Bill Carter sur la capitale bosniaque. Utilisant des sonorités contemporaines, flirtant parfois avec la techno et la jungle (« Mofo »), U2 n’en néglige pas pour autant des canevas et des structures déjà utilisés par le passé et déconcerte de nouveau avec l’album Pop (1997). Déstabilisé, le public ne lui offre qu’un accueil mitigé. Aussi, malgré une tournée triomphale aux États-Unis et en Europe, Island Records (la maison de disques de U2 depuis ses débuts) estime nécessaire de sortir une compilation des meilleurs titres du groupe (composés entre 1981 et 1987) afin de relancer une carrière en suspens, paradoxe de l’une des formations les plus populaires de l’histoire du rock qui n’est pourtant jamais parvenue à faire l’unanimité autour de son œuvre.
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