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Weimar, République deArticle
Plan de l'article
Présentation ; Une naissance problématique ; Les années difficiles (1919-1923) ; Une consolidation fragile (1924-1929) ; L'effondrement (1930-1933)
Tandis que la conférence de paix commence à Versailles, une assemblée nationale constituante se réunit à Weimar, en Thuringe, en février 1919. Dominée par les sociaux-démocrates du SPD, les catholiques modérés du Zentrum (« Centre catholique ») et les démocrates du DDP, l'assemblée élabore une Constitution qui fait de l'Allemagne une république fédérale et parlementaire, mais accorde de larges pouvoirs au président de la République, élu au suffrage universel. Celui-ci dispose, grâce à l'article 48, de la possibilité de suspendre les droits fondamentaux et d'autoriser le chancelier à gouverner à coups de décrets. Le pouvoir législatif est partagé entre deux assemblées, le Reichstag et le Reichsrat, qui est formé des représentants des différents Länder d'Allemagne. Friedrich Ebert est élu par l'assemblée président de la nouvelle République.
Quasiment dès sa naissance, le régime de Weimar est mal accepté par une partie du peuple allemand qui lui reproche son acceptation du traité de Versailles, signé le 28 juin 1919, qui a officiellement mis fin à la guerre. Outre une amputation et un morcellement de l'Allemagne, le traité prévoit le désarmement de la Reichswehr et le paiement d'importantes réparations aux Alliés, dont le montant est fixé par la conférence de Spa, en juillet 1920. En hypothéquant ainsi l'avenir économique et politique de la République de Weimar, le traité favorise l'émergence de mouvements nationalistes extrémistes hostiles au régime.
Les conséquences de la Première Guerre mondiale et du traité de Versailles laissent l'Allemagne avec de nombreux problèmes économiques, politiques et sociaux. Ainsi la dévaluation du mark s'aggrave dès 1920, tandis que le chômage touche les ouvriers des grandes villes, favorisant la résurgence des mouvements armés insurrectionnels. Le régime est ainsi confronté à plusieurs tentatives de putsch tel que celui de Kapp et Lüttwitz, s'appuyant sur les corps francs en 1920 et celui d'Hitler en 1923. Le gouvernement de la coalition de Weimar (sociaux-démocrates, catholiques et démocrates) mène également une violente répression contre l'agitation communiste, notamment dans la Ruhr. Dans le même temps se multiplient les attentats politiques perpétrés par l'extrême droite contre certains personnages politiques de premier plan comme Matthias Erzberger, qui avait conduit la délégation allemande lors de la conférence de paix, ou encore Walther Rathenau, le ministre des Affaires étrangères. Cependant la crise la plus forte survient en janvier 1923, lorsque des troupes françaises et belges occupent la principale région industrielle allemande, la Ruhr, parce que l'Allemagne n'a pu honorer ses dettes. Cette occupation, à laquelle le gouvernement allemand décide de s'opposer par une résistance passive, entraîne une inflation démesurée et galopante entre juin et octobre 1923 qui ruine une partie de la classe moyenne et plonge dans la misère les milieux ouvriers et agricoles. Cette période de crise économique profonde voit s'accélérer la concentration industrielle et se constituer des fortunes colossales. En effet, les industriels rachètent à bas prix, grâce à l'inflation galopante, les entreprises victimes de la crise. Cette situation facilite également l'exportation des produits allemands vers l'étranger et permet notamment aux grands patrons de se libérer d'un seul coup de leurs dettes.
Le gouvernement de Gustav Stresemann (août-novembre 1923) marque la fin de la résistance passive et le début de la stabilisation de l'économie. Grâce à l'action de Hjalmar Schacht, la situation monétaire s'assainit rapidement, par la création du Rentenmark, gagé sur les biens productifs de l'Allemagne. Le succès du Rentenmark et le blocage du crédit amènent les industriels à rapatrier leurs capitaux tandis que la confiance revient. En 1924, le plan Dawes, établi par les Alliés, fixe de façon plus réaliste le montant des réparations ainsi qu'un calendrier des paiements un peu plus supportable pour l'Allemagne. Dès août 1924, le Rentenmark est remplacé par le Reichsmark, égal au mark d'avant 1914 et fondé sur l'or. Un contrôle monétaire plus rigoureux se met également en place. Une impressionnante reprise économique commence alors, facilitée par l'afflux de capitaux étrangers, surtout américains.
À la tête du ministère des Affaires étrangères de 1924 à 1929, Stresemann permet à l'Allemagne de progressivement réintégrer le concert des nations. Avec la signature du traité de Rapallo avec l'URSS, l'Allemagne fait sa rentrée diplomatique qui se poursuit et se renforce en octobre 1925 par la signature des accords de Locarno, marqués par une reconnaissance des frontières occidentales de l'Allemagne. Peu après, les Alliés retirent leurs troupes d'occupation et l'année suivante, en 1926, l'Allemagne est admise à la Société des Nations (SDN). La politique de Stresemann visant à une progressive et pacifique révision du traité de Versailles connaît un nouveau succès avec l'adoption du plan Young qui réduit encore le montant des réparations, met fin aux contrôles et aux sanctions et entraîne l'évacuation totale des troupes françaises d'Allemagne.
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