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Weimar, République de

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Friedrich EbertFriedrich Ebert
Plan de l'article
4.3

La consolidation politique du régime

Le régime connaît une accalmie sur le plan politique malgré une certaine instabilité ministérielle et l'importance d'une droite nationaliste hostile au régime, comme le Casque d'Acier (Stahlhelm), formation paramilitaire puissante, concurrencée à l'extrême droite par le Parti national-socialiste allemand des travailleurs (Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei, NSDAP) d'Adolf Hitler.

En avril 1925, l'élection à la présidence de la République du maréchal Hindenburg, longtemps opposé au régime républicain, témoigne d'une relative intégration d'une partie de la droite monarchiste tandis que le succès du SPD aux législatives de 1928, et le recul de la droite et plus encore de l'extrême droite, marque l'essor d'un attachement de l'opinion allemande à une république qui lui apporte stabilité, prospérité et réussites extérieures.

4.4

L'effervescence culturelle et intellectuelle

L'écroulement de l'Empire allemand et l'ébranlement né de la défaite favorisent une certaine libération culturelle et l'émergence d'une avant-garde artistique et intellectuelle, parmi les plus importantes d'Europe. La nouvelle école architecturale, le Bauhaus, fondée au début des années vingt par Walter Gropius, l'essor de l’expressionnisme tant en peinture avec notamment Otto Dix, George Grosz, Max Beckmann, Emil Nolde et August Macke, qu'au cinéma (F. W. Murnau, Fritz Lang, Robert Wiene et le Cabinet du Docteur Caligari) ou en littérature (Alfred Döblin, Ernst Toller, et Georg Kaiser), témoignent du remarquable bouillonnement culturel que connaît la République de Weimar. Voir expressionnisme (art) ; expressionnisme (littérature et cinéma).

Surtout, critiquant la civilisation mécaniste qui s'épanouit alors en Allemagne, comme Hermann Keyserling, Oswald Spengler ou Thomas Mann, ou glorifiant les vertus allemandes comme l'obéissance, le service et le sacrifice tel Ernst Jünger, ou bien encore prônant un théâtre révolutionnaire à vocation populaire comme le défendent Erwin Piscator et Bertolt Brecht, nombreux sont les écrivains et les artistes s'engageant dans les combats politiques et idéologiques qui agitent leur époque.

De même, la physique avec Max Born et Werner Heisenberg, la chimie avec Hans Fisher, la psychologie avec Hermann Rorschach et la philosophie avec Edmund Husserl, Martin Heidegger, Ernst Cassirer, Max Horkheimer et Theodor Adorno, connaissent une activité très intense.

5

L'effondrement (1930-1933)

Malgré le retour de la prospérité, l'économie allemande reste dépendante des emprunts étrangers, les dépenses du gouvernement sont dangereusement élevées, l'industrie ne bénéficie pas d'une grande marge de profit et le chômage n'est pas résorbé. L'endettement vis-à-vis de l'étranger met le pays à la merci de la moindre crise économique, comme celle qui débute en 1929 à la suite du krach boursier de Wall Street, à New York, le 24 octobre 1929. La forte dépendance de l'économie allemande vis-à-vis des États-Unis plonge la République dans la crise consécutivement à la chute des exportations tandis que les financiers américains rapatrient leurs capitaux. Cette paralysie de l'économie allemande fait passer le nombre de chômeurs de 2 millions au début de 1929 à 6 millions fin 1931.

En mars 1930, le chancelier Heinrich Brüning accède au gouvernement, aidé par les pouvoirs extraordinaires dont bénéficie le président. Brüning réduit les dépenses budgétaires et obtient un accord à Lausanne (Suisse), qui met fin au paiement des réparations. Mais la politique déflationniste de Brüning, imposée par la procédure des décrets d'urgence, est très impopulaire et, en 1932, il est obligé de démissionner. Certains partis politiques tirent profit du désordre causé par la crise économique de 1929 et des dissolutions successives du Reichstag (1928, 1930, 1932, 1933) aboutissant à la disparition du contrôle législatif et, par là même, à la suppression définitive du régime de Weimar.

Les grands bénéficiaires de cette crise généralisée sont les partis extrémistes, en particulier le Parti national-socialiste des travailleurs allemands d'Adolf Hitler, qui est profondément nationaliste et antisémite. Celui-ci a mis sur pied une formidable organisation paramilitaire, les S.A., qui mène une guerre civile contre les formations de gauche. Les élections au Reichstag de septembre 1930 font des nazis le deuxième parti politique d'Allemagne, et le nombre de leurs partisans augmente à mesure que la crise s'intensifie. Aux élections de juillet 1932, les nazis deviennent le plus important parti politique du Reichstag. Les politiciens conservateurs, qui pensent pouvoir contrôler Hitler au sein d'un gouvernement de coalition, persuadent Hindenburg d'appeler Hitler au gouvernement.

Le 30 janvier 1933, Hindenburg nomme Hitler chancelier. Il abolit très vite la fonction de président et il se déclare Führer (le Guide) du IIIe Reich, ce qui met fin à la République de Weimar.

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