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Losey, Joseph

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Losey (Joseph) : principaux filmsLosey (Joseph) : principaux films

Losey, Joseph (1909-1984), réalisateur et metteur en scène américain, dont la carrière se déroula essentiellement en Europe, et en Grande-Bretagne en particulier. Les récits de Losey sur son enfance tournent toujours autour des différences de culture et de fortune entre les branches paternelle et maternelle de sa famille. Cette perception dualiste devint une des sources majeures de son inspiration, de même que les grands thèmes tels que la peine de mort, les erreurs judiciaires, la guerre, les aliénations de diverses origines, etc. Ses films sont marqués par une composition énergique, des mouvements de caméra souples, de fortes interprétations et une utilisation très expressive des décors. Ils explorent avec une certaine fascination la hiérarchie sociale, la domination, la jalousie et la déférence.

Après avoir fait ses études à l’Ivy League, Losey débuta au théâtre à New York. En 1936, sa troisième production pour le théâtre fédéral, Injunction Granted, qui traitait du problème des chômeurs sur fond de New Deal, fut politiquement si controversée que les représentations furent interrompues sous prétexte qu’on y faisait mauvais usage des fonds fédéraux. Losey démissionna en signe de protestation.

Au cours des années qui suivirent, il dirigea des pièces expérimentales à Broadway, des drames diffusés à la radio, ainsi que des courts métrages qui débouchèrent sur un contrat à Hollywood, signé immédiatement après un court séjour sous les drapeaux de janvier à novembre 1944.

Losey collabora avec Bertolt Brecht et Charles Laughton sur le texte anglais et la production de Galileo Galilei en 1947. Losey soutint Brecht lors de son passage devant la Commission des activités antiaméricaines dont le jugement précipita le retour du dramaturge en Europe.

Suivirent cinq longs métrages, parmi lesquels Haines (The Lawless, 1950), le Rôdeur (The Prowler, 1951), M (1951), brillante reprise de M le Maudit de Fritz Lang (1931), et la Grande Nuit (The Big Night, 1951). Sous la diversité des sujets de ces films s’ébauchait une critique évidente de la société américaine.

Afin d’éviter une comparution devant la Commission des activités antiaméricaines, Losey dut partir rapidement pour l’Europe. Il tourna d’abord sous des pseudonymes afin que ses films puissent être projetés aux États-Unis. Temps sans pitié (Time Without Pity, 1957) fut le premier d’une série de grands films : l’Enquête de l’inspecteur Morgan (Blind Date, 1959), les Criminels (The Criminal, 1960) et les Damnés (The Damned, 1963) sont tous des films sombres et puissants, construits autour des grands thèmes de Losey (peine de mort, justice, etc.). À partir d’Ève (Eva, 1962), qui fut lamentablement coupé par les producteurs, il insista sur les rapports personnels, les duels entre deux individus — sujets qu’il développa avec l’aide d’Harold Pinter. De cette collaboration sortirent trois de ses meilleures œuvres : The Servant (1963), Accident (1967) et le Messager (The Go-between, 1971, palme d’or au festival de Cannes en 1970).

À partir des années 1970, la crise du cinéma britannique l’incita à tourner en Espagne (Deux Hommes en fuite, Figures in Landscape, 1970), au Mexique et en Italie (l’Assassinat de Trotski, The Assassination of Trotsky, 1972), en Norvège (Maison de poupée, A Doll’s House, 1973). En France, il réalisa Monsieur Klein (1976), film sur l’occupation allemande, puis s’essaya avec succès au genre de l’opéra filmé (Don Giovanni, 1979).

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