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Résultats avec Windows Live® Search Gabriel, PeterArticle
Plan de l'article
Présentation ; La période Genesis ; La tétralogie Peter Gabriel ; Un musicien rock au service des musiques du monde ; Un artiste protéiforme
Gabriel, Peter (1950- ), auteur, compositeur, interprète et producteur de rock et de musiques du monde britannique. Iconoclaste, voire provocateur à ses débuts, Peter Gabriel s’est mué en un artiste introspectif et exigeant, évoluant en marge de l’univers de la musique rock. Insatiable explorateur d’espaces sonores méconnus et de nouveaux horizons technologiques, il a contribué à l’avènement des musiques du monde et au développement des techniques multimédias ; à ce titre, il est l’une des personnalités les plus influentes de la culture populaire occidentale.
Né à Londres dans une famille de la classe moyenne qui compte plusieurs musiciens professionnels, Peter Gabriel crée en 1967 le groupe Genesis dont il est le chanteur et la figure centrale. Doté d’une personnalité hors normes et d’indéniables talents d’acteur, il oriente la formation vers une musique sophistiquée — l’art rock (ou « rock artistique ») — portée par des effets visuels particulièrement innovateurs et spectaculaires. Si ses prestations scéniques, oscillant entre concert et performance et associant images et sons, marquent les esprits, Peter Gabriel est toutefois rapidement déçu par l’évolution musicale du groupe, qu’il quitte définitivement en 1975.
Désormais seul aux commandes de sa carrière, Peter Gabriel publie un premier album solo en 1977, sobrement intitulé Peter Gabriel, premier volet d’une série de 4 disques considérés par l’artiste lui-même comme « les numéros successifs d’un magazine ». Tandis que le mouvement punk bat son plein, des titres comme « Solsbury Hill » — qui évoque les raisons de son départ de Genesis — ou « Humdrum » proposent une musique encore influencée par la démarche expérimentale adoptée quelques années auparavant, mais qui témoigne d’une optique plus personnelle, tour à tour sombre et dansante. L’année suivante paraît Peter Gabriel (1978), produit par Robert Fripp, guitariste du groupe de rock progressif King Crimson : l’utilisation de synthétiseurs et l’imposant travail sur les rythmes confèrent à l’album une tonalité moderne parfaitement illustrée par des chansons telles que « On the Air » ou « D.I.Y. ». Imprégné des sonorités new wave alors en vogue, Peter Gabriel engage Steve Lillywhite (notamment producteur du groupe Siouxsie and the Banshees) pour son troisième opus, Peter Gabriel (1980), qui contient notamment « Biko », vibrant hommage à Steven Biko, militant sud-africain anti-apartheid assassiné en prison, et « Games Without Frontiers », titre enregistré à l’aide d’une nouvelle technologie permettant d’échantillonner des sons. « Intruder », « Family Snapshot » ou encore « Not One of Us » complètent cet album qui offre une reconnaissance critique et publique significative à Peter Gabriel, considéré comme un artiste intègre préférant ses recherches musicales au succès. « Shock the Monkey », single présent sur Peter Gabriel (également connu sous le nom de Security aux États-Unis et paru en 1982), est pourtant l’une des plus grandes réussites populaires de sa carrière. L’album recèle parallèlement certains des morceaux les plus aboutis et stylisés de la discographie de Peter Gabriel, à l’image de « San Jacinto » ou « I Have the Touch ». En marge des modes, Peter Gabriel s’est imposé, à la faveur de 4 albums originaux et habités, toujours à la pointe de l’expérimentation musicale, comme un musicien exigeant mais également accessible au plus grand nombre.
Parallèlement à un disque enregistré en concert résumant avec force et conviction la première partie de sa carrière solo (Peter Gabriel Plays Live, 1983), Peter Gabriel change de voie et met désormais son talent au service des musiques du monde qu’il va contribuer à sortir de l’ombre. Dès 1982, il organise le premier festival WOMAD (World of Music, Arts and Dance) au sein duquel il accueille des artistes venus du monde entier. Produite par le Canadien Daniel Lanois, la bande originale du film Birdy (1984) d’Alan Parker confirme la tendance contemplative du dernier album et annonce le succès du suivant, So (1986). Précédé par le single « Sledgehammer », devenu incontournable grâce à un clip vidéo particulièrement réussi, celui-ci affiche une étonnante diversité à laquelle le public répond avec enthousiasme ; les contributions de Youssou N’Dour (« In Your Eyes »), Kate Bush (« Don’t Give Up ») et Laurie Anderson (« This Is the Picture ») participent également d’un triomphe qui propulse son auteur sur le devant de la scène internationale. Profitant de cette notoriété, Peter Gabriel s’engage à défendre l’action d’Amnesty International ; c’est ainsi qu’il se produit aux États-Unis en 1986 puis en Europe en 1988 aux côtés de Bruce Springsteen, Sting, U2 et Tracy Chapman. La même année, accompagné par le groupe Simple Minds dans le stade Wembley à Londres, il rend un hommage appuyé à Nelson Mandela, emprisonné en Afrique du Sud. Il affiche également son soutien actif à l’organisation Greenpeace. À l’occasion de Passion (bande originale du film la Dernière Tentation du Christ de Martin Scorsese publiée en 1989), Peter Gabriel enregistre en Turquie, au Sénégal, au Maroc et en Égypte avec des musiciens locaux avant de retravailler ce matériau lors des sessions de production et de mixage. La tonalité de l’album, de nature contemplative, est ainsi résolument marquée par ces nouveaux espaces sonores à partir desquels Peter Gabriel développe son univers propre. Le label Real World Records voit le jour la même année, fruit de l’association de Peter Gabriel et de WOMAD. La structure accueille des artistes du monde entier, notamment lors de la Recording Week (ou « semaine de l’enregistrement ») organisée à partir de 1991 au sein des Real World Studios, implantés à Bath (dans le sud-ouest de l’Angleterre), financés par Peter Gabriel lui-même et bénéficiant de technologies de pointe. Le label compte dans ses rangs des personnalités aussi différentes les unes des autres que l’Ougandais Geoffrey Oryema, l’Américain Joseph Arthur, Nusrat Fateh Ali Khan ou encore Papa Wemba. Véritable vivier de talents jusque-là méconnus en Occident, le label Real World Records a contribué pour une large part à la « démocratisation » des musiques du monde, qui occupent désormais une place significative dans l’univers des musiques populaires.
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