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Balthus

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Les paysages morvandiaux des alentours de Chassy

Réalisés entre 1954 et 1961 (années pendant lesquelles Balthus s’est installé au château de Chassy), les paysages du Morvan sont fortement distincts des paysages suisses et savoyards des années 1930 et 1940, et offrent au peintre l’opportunité de développer une technique d’une subtilité incomparable : bien que construite par empâtements, la matière picturale qui est encore l’huile se veloute, son rendu rappelant la rugosité de la terre (Cour de ferme à Chassy [Grand Paysage], 1960, musée national d’Art moderne, Centre Georges-Pompidou, Paris). Cette technique annonce l’utilisation bientôt systématique de la caséine et de la détrempe sur toile qui évoque l’effet mat et absorbant de la fresque (Katia lisant, 1968-1976, collection particulière, New York). Les vues plongeantes et géométriques, aux accents « cézanniens », sont agencées par bandes, exaltant ainsi la limpidité de la lumière.

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L’Académie de France à Rome

En 1961, Balthus est nommé directeur de l’Académie de France à Rome (voir villa Médicis) par le ministre de la Culture André Malraux. Il engage de nombreux travaux de restauration dans les bâtiments et les jardins de la villa qu’il marque, jusqu’en 1977, de son empreinte, se prêtant volontiers à de longues conversations avec les jeunes pensionnaires. Durant son séjour en Italie et son installation à proximité de Rome, à Monte Calvello, Balthus se lie notamment avec le cinéaste Federico Fellini et le peintre Renato Guttuso.

Envoyé par Malraux en mission officielle au Japon en 1962, il s’intéresse de plus en plus à l’art d’Extrême-Orient, épouse en 1967 une jeune peintre japonaise, Setsuko Ideta, héroïne de la Chambre turque (1963-1966, musée national d’Art moderne, Centre Georges-Pompidou, Paris) qui donnera naissance en 1973 à leur fille Harumi.

En 1983, le musée national d’Art moderne de Paris organise une rétrospective pour laquelle Balthus fait son autoportrait, mais de dos, une façon bien personnelle de préserver cette aura de mystère dont il ne cesse de s’entourer (le Peintre et son modèle, 1980-1981, musée national d’Art moderne, Centre Georges-Pompidou, Paris).

Balthus s’éteint, à l’âge de quatre-vingt-douze ans, le 18 février 2001, dans son chalet de Rossinière (canton de Vaud, Suisse), où il vit depuis 1977, laissant inachevée sa dernière toile, Jeune fille à la mandoline (2000-2001, collection particulière). Ce tableau est dévoilé au public lors de l’exposition — soutenue activement par l’industriel et ami de Balthus, Giovanni Agnelli — que Venise consacre au maître, rétrospective féerique et grandiose comportant plus de 250 œuvres.

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