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Boltanski, Christian

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1

Présentation

Boltanski, Christian (1944- ), artiste français. Christian Boltanski est reconnu comme l’un des principaux artistes contemporains présent sur la scène internationale de l’art.

Artiste autodidacte, Christian Boltanski a produit une œuvre emblématique dans laquelle sont expérimentés, par l’usage d’installation, différents moyens et supports d’expression. Ses méthodes de travail, empruntées aux sciences humaines, lui permettent de traiter de sujets puisés dans des thématiques universelles telles que l’enfance, la mort ou l’héritage du passé. Christian Boltanski déclare vouloir faire de l’« art de sentiment », aussi, ses œuvres, porteuses d’emotion et réalisées sans emphase, nous rappellent que l’artiste, comme chaque individu, est éphémère et désarmé face à la mort.

2

Loin de l’école

Né à Paris, Christian Boltanski quitte l’école à l’âge de 12 ans. Il commence à peindre en 1958 sans aucune formation artistique traditionnelle. Il produit près de 300 tableaux de grande taille représentant des scènes religieuses ou historiques inspirées de ses livres d’école « avec plein de personnages, de sang, beaucoup de massacres d’innocents ». Il peint jusqu’en 1969 mais, à partir de 1963, il « fait sortir [ses] personnages du tableau et en fait des grandes poupées ». Il fait subir ensuite à ces poupées le même sort que ses personnages de tableaux puis entreprend de les filmer dans des mises en scène. Sa première exposition personnelle a lieu à Paris en 1968 au cinéma du Ranelagh. L’exposition s’intitule « La vie impossible de Christian Boltanski » ; il y présente un film du même nom ainsi que plusieurs tableaux et mannequins.

Parallèlement à ces travaux, il aborde à partir de 1967 d’autres modes d’expression comme le mail art : dans un mode biographique, il rédige des lettres, constitue des dossiers ou fabrique des objets qu’il destine à des personnalités du monde de l’art. Ses lettres sont composées de photocopies, de documents originaux et de photographies provenant d’albums de sa famille : Photographie de ma petite sœur en train de creuser sur la plage de Granville (10 x 9), 1969.

3

Mythologies individuelles

3.1

Les Reconstitutions

Rapidement, le mode autobiographique devient un élément de travail essentiel dans l’œuvre de Christian Boltanski au point que sa vie et son œuvre se confondent dans de fausses autobiographies. Soucieux d’un travail de conservation par la mémoire des éléments de son passé, il s’engage dans un travail de reconstitution de son enfance. Il récolte des objets lui ayant appartenus (bout de pull over, mèche de cheveux, etc.) et les mêle à d’autres objets qu’il repense et reconstitue. Il réalise ainsi des objets disparus en Plastiline, se fait photographier (Reconstitutions des gestes effectués par Christian Boltanski, 1970), enregistre un 45 t (Reconstitutions de chansons qui ont été chantées à Christian Boltanski entre 1944 et 1946, 1971) ou fait interpréter son rôle par des enfants (Scènes de la vie enfantine de CB, 1973).

3.2

Un archéologue du souvenir

Ces objets personnels « concernant un moment de [son] existence » font figure de reliques quand Christian Boltanski les place dans 200 boîtes à biscuits (« le coffre-fort du pauvre »). Certaines de ces Reconstitutions sont placées dans des tiroirs recouverts de grillage puis soigneusement étiquetées et inventoriées selon des méthodes employées en archéologie. D’autres sont mises sous vitrine à l’image des pièces de collection de musée.

Utilisés selon une méthode de travail qui parodie et conteste l’institution muséale, ces objets deviennent à leur tour « objets universels » dès lors qu’ils sont montrés comme objets de musée. Christian Boltanski présente sa vie sous la forme d’une fiction soutenue par des « reliques de musée », et au travers desquelles chacun peut reconnaître sa propre vie : « Les bons artistes n’ont plus de vie, leur seule vie consiste à raconter ce qui semble à chacun sa propre vie ». En 1972, son travail lui vaut de participer à la Documenta de Kassel dans la section intitulée « Mythologies individuelles ».

En 1974, il présente une série de photographies, Saynètes comiques, dans lesquelles il rejoue son enfance. Sur un ton moins solennel (déguisement, retouche photographique au pastel), il se distance de son sujet sur un mode clownesque et pratique l’autodérision afin de casser le mythe de son personnage devenu trop récurrent : « ce personnage inventé m’est devenu trop lourd, j’ai eu besoin de le tuer ».

4

La mort exorcisée

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