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Plan de l'article
Présentation ; Le préalable à la flambée boulangiste : une forte tension politique ; Un mécontentement très hétéroclite ; L’ascension et l’échec ; La nature et le legs du boulangisme
boulangisme, mouvement constituant l’une des principales facettes du courant nationaliste qui a traversé l’opinion publique française durant les années 1880-1914. Accentuant la crise politique qui a déstabilisé la IIIe République des années 1880, le boulangisme a tenté de porter à la tête de l’État le général Georges Boulanger, entre 1887 et 1889.
La crise économique qui touche le pays durant les années 1880 mécontente à la fois les mondes de la finance et de l’industrie, et les ouvriers. La tension qui en découle se complique d’un certain désordre politique ; monarchistes et catholiques s’opposent au nouveau régime ; radicaux et socialistes estiment que le programme social de la République est insuffisant ; enfin, puisant une de ses principales raisons d’être dans la défaite de 1871 contre l’Allemagne, un mouvement nationaliste antirépublicain et revanchard s’affirme. La République peine donc à trouver son point d’équilibre, d’autant qu’aucune majorité ne sort des urnes ; après les élections de 1885, les républicains modérés doivent gouverner avec l’extrême gauche contre une droite solide. Conjuguée aux scandales qui ternissent l’image de l’État (comme l’affaire des décorations en 1887), cette situation favorise l’émergence, puis le renforcement, du courant d’opposition qui se cristallise autour du général Georges Boulanger (1837-1889).
Fort d’une réputation acquise sur les champs de bataille d’Italie, de Kabylie, de Cochinchine, le général accède au ministère de la Guerre dans le gouvernement Freycinet (janvier 1886). La popularité de ce ministre très actif grimpe rapidement. Elle explose avec l’affaire Schnaebelé, un commissaire arrêté par les Allemands pour espionnage (avril 1887). À cette occasion, le général adopte en effet une position germanophobe et belliqueuse. Au yeux de l’opinion, celui qu’on surnomme le « brav’ général », ou le « général Revanche », incarne l’idéal intransigeant de la revanche contre l’Allemagne. Encombrant, voire dangereux pour la diplomatie française, Boulanger n’est pas rappelé au gouvernement après la chute de Freycinet (mai 1887). Sa nomination, en juillet 1887, comme commandant du 13e corps d’armée à Clermont-Ferrand suscite un immense rassemblement patriotique. À Lyon, la foule veut empêcher son départ pour Clermont-Ferrand, prouvant que son écartement de la vie politique n’a fait qu’accroître son crédit. Dans la foulée, une coalition hétéroclite, qu’on commence à dire « boulangiste », se réunit. Elle compte des nationalistes antiparlementaires et revanchards ; des monarchistes qui voient dans le général le moyen de déstabiliser la République et de favoriser une restauration ; d’ex-communards de gauche désireux de voir laver l’affront militaire de 1871 ; des radicaux, enfin, qui apprécient son discours social. Soucieux de désamorcer la crise, le gouvernement met le général à la retraite d’office, le 31 mars 1888.
Boulanger choisit alors d’entamer une carrière politique. « Dissolution, révision, constituante » — maxime d’un programme ternaire, flou, mais simple et percutant — trouve un fort écho auprès des mécontents qui soutiennent le général. Se présentant avec succès à plusieurs élections partielles, il devient dangereux aux yeux des républicains. Symboliquement, Boulanger décide alors de briguer un siège de député dans la Seine. « Mon épée inquiétait les républicains, déclare-t-il dans ses allocutions. Ils me l’ont retirée. Et les voilà plus inquiets qu’à l’époque où je la portais encore. » Le 27 janvier 1889, le général devient député de Paris. Il est dorénavant en position de force. Mais, alors que ses partisans descendus dans la rue attendent une marche sur l’Élysée, celui qui n’a jamais cessé de dire « Vive la République » à la fin de ses discours de campagne, préfère patienter jusqu’aux élections de l’automne. Durant ce répit électoral, les républicains se ressaisissent et rétablissent le scrutin d’arrondissement ; de même, ils interdisent les candidatures multiples, qui ont permis à Boulanger de parfaire son triomphe politique, et font courir le bruit de l’arrestation prochaine du général. Le 1er avril 1889, paniqué, le militaire s’enfuit à Bruxelles. Le 30 août, la Haute Cour le condamne par contumace à la déportation. Georges Boulanger finit par se suicider, près de Bruxelles, le 30 septembre 1891.
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