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Plan de l'article
contre-révolution, nom donné aux activités menées par les opposants à la Révolution française, entre 1789 et 1799. La contre-révolution est née en même temps que la Révolution. D’une certaine façon, la charge du Royal-Champagne le 13 juillet 1789 au jardin du Palais-Royal est un acte contre-révolutionnaire, tout comme les tentatives de Louis XVI, réitérées durant tout le mois de juin, pour impressionner les députés de l’Assemblée nationale constituante.
À partir du 17 juillet 1789, date à laquelle le roi reconnaît la victoire des émeutiers de la prise de la Bastille, les défenseurs les plus radicaux de l’absolutisme au sein de l’Assemblée constituante doivent se résigner au silence ou à l’émigration. Le terrain parlementaire est désormais impossible à utiliser par ceux que les patriotes nomment les « noirs ». Pour exemple, « Mirabeau-Tonneau » — frère du comte de Mirabeau qui, pour sa part, tente de concilier principes révolutionnaires et monarchie constitutionnelle — quitte la France en septembre 1789. Les princes du sang — le comte de Provence (futur Louis XVIII) et le comte d’Artois (futur Charles X) — quittent également le territoire ; autour du roi, la contre-révolution est désormais représentée essentiellement par la cour de la reine Marie-Antoinette dont le double objectif, à partir d’octobre 1789, est de fuir Paris et de trouver un appui auprès de son frère l’empereur Joseph II. Bientôt, les forces principales de la contre-révolution se rassemblent dans l’émigration, dont les trois centres sont Milan, Londres et Coblence. Les émigrés arrivent par vagues successives, entre 1789 et 1794 ; nostalgiques de l’Ancien Régime, prêtres réfractaires et affairistes suspectés se constituent en armée qui, à défaut d’être efficace (comme l’illustre l’échec du débarquement à Quiberon, en juillet 1795), n’en semble pas moins redoutable aux révolutionnaires.
Dès l’hiver 1789-1790, la contre-révolution se concrétise également par des complots dont l’ampleur et la portée sont variables. La conspiration du marquis de Favras (prévoyant l’enlèvement du roi des Tuileries après les journées d’octobre 1789), le rassemblement du camp de Jalès (premier rassemblement contre-révolutionnaire, le 18 août 1790), la conspiration des « chevaliers du poignard » (nouvelle tentative d’enlèvement de Louis XVI, le 28 février 1791) sont quelques exemples de ces tentatives sommairement conçues et rapidement réprimées. Cependant, ces affaires entretiennent dans l’opinion publique l’idée omniprésente d’un vaste « complot » des « noirs », complot qui reçoit en sous-main l’appui des modérés de l’Assemblée et celui des agioteurs. La stratégie de surveillance systématique des « ci-devant » privilégiés, stratégie promue par la presse révolutionnaire et dans les clubs radicaux, élargit le fossé entre les deux partis. Depuis l’étranger, les émigrés participent également à des opérations d’espionnage multiples subventionnées en particulier par le Royaume-Uni de Grande-Bretagne (réseau de renseignements du comte d’Antraigues), qui trouve dans ces contre-révolutionnaires des recrues de choix pour l’aider à lutter contre la Révolution. Au total, la stratégie du complot est surtout efficace au moment de la réaction thermidorienne et du Directoire : la relative fragilité du pouvoir durant cette période et sa dépendance vis-à-vis des militaires facilitent la Terreur blanche et les tentatives (avortées) de prise du pouvoir notamment par Charles Pichegru et ses partisans, les « clichyens ».
À l’intérieur du pays, de nombreux opposants à la Révolution, de plus humble condition, s’organisent également. Souvent motivées par leur désaccord à la politique religieuse du gouvernement républicain, des masses populaires se soulèvent contre le régime et prennent les armes, au son du tocsin. Il en est ainsi des insurrections populaires qui, à la levée d’hommes de février 1793 pour défendre la République en guerre contre une coalition européenne, enflamment la Bretagne et la Vendée. La Chouannerie et la guerre de Vendée, si elles font parfois oublier les autres insurrections en France (Lyon, Marseille, Toulon ou Paris), sont deux épisodes capitaux de la contre-révolution.
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