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contre-révolutionArticle
Plan de l'article
Mais sans doute l’aspect le plus important de la contre-révolution réside-t-il dans l’armature idéologique dont elle se dote progressivement. Très vite, le mouvement contre-révolutionnaire met en place des moyens de propagande, en particulier la presse royaliste emmenée par Suleau, Royou et le comte de Rivarol (les Actes des apôtres). Cette presse se distingue par une grande virulence, comparable à celle de l’Ami du peuple de Jean-Paul Marat. Si Rivarol a eu un rôle central de pamphlétaire, les thèses de la contre-révolution commencent surtout à se constituer dans l’émigration avec les essais de Sénac de Meilhan et surtout de l’abbé Barruel, qui ne cesse de les affiner, du Patriote véridique (publié en France en 1789) aux Mémoires pour servir à l’histoire du jacobinisme (publiés à Hambourg en 1798). La thèse développée par ce contre-révolutionnaire soutient que la Révolution serait une punition divine témoignant de la colère du Créateur face aux errements matérialistes du siècle des Lumières qui auraient heurté l’Ordre éternel ; que le « complot » qui aurait engendré ce nouveau déluge serait l’œuvre des loges maçonniques, des protestants, des juifs, des libertins et des philosophes ; et qu’en définitive, seul le retour à l’Ordre éternel serait censé calmer cette colère divine. Pour leur part parues en novembre 1790, The Reflections on the French Revolution (les Réflexions sur la Révolution de France) d’Edmund Burke donnent à la contre-révolution une théorie fondée sur l’histoire et le comparatisme. L’idée centrale est que seul l’héritage des siècles peut donner à un pays son ordre et sa Constitution ; le travail des constituants français, qui est fondé sur l’abstraction des philosophes et sur une raison dont Burke réfute la dictature, ne peut être que fondamentalement mauvais et aboutir aux horreurs de juillet et d’octobre 1789. Trois autres théoriciens donnent sa dimension littéraire à la contre-révolution : Louis de Bonald, Joseph de Maistre et Chateaubriand. Dans leurs écrits, les thèmes précédents sont repris et développés ; la qualité littéraire et l’ampleur prophétique de ces auteurs donnent à la contre-révolution un immense prestige et fascinent nombre de penseurs politiques des XIXe et XXe siècles. La contre-révolution a ainsi été, pour partie, à l’origine de la pensée d’extrême droite en France, de Georges Sorel à Charles Maurras.
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