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Plan de l'article
Convention thermidorienne, durant la Révolution française, troisième et dernière période de la Convention nationale, de la chute de Robespierre à l’ouverture du Directoire (27 juillet 1794-26 octobre 1795). La chute de Maximilien de Robespierre, le 9 thermidor an II (27 juillet 1794), ouvre une période de réaction contre le radicalisme de la Terreur montagnarde. Dominée par les députés conservateurs du centre de l’hémicycle (le Marais), la nouvelle Convention nationale — dite Convention thermidorienne — met en partie un terme aux grands élans révolutionnaires depuis 1789. Cependant, depuis quelques décennies, des études historiques ont rendu ses lettres de noblesse à cette période longtemps reconnue comme transitoire et annonciatrice du régime des Directeurs.
En quinze mois, la Convention thermidorienne a une double mission à mener : vaincre les ennemis de la France révolutionnaire à l’intérieur et à l’extérieur, et donner au pays une nouvelle Constitution républicaine.
Deux constitutions sont déjà sorties des réflexions révolutionnaires : la Constitution de 1791 instituant la monarchie constitutionnelle, puis la Constitution montagnarde adoptée en 1793. Mais la chute de Maximilien de Robespierre rend caduc le régime précédent et laisse de facto le pays dans un vide constitutionnel. Pour la plupart sincèrement attachés à la République qu’ils ont créée mais craignant à la fois une recrudescence jacobine et une réaction contre-révolutionnaire, les Thermidoriens adoptent le 22 août 1795 une nouvelle constitution. Cette Constitution de l’an III annonce un régime laissant un large pouvoir aux notables et aux élites : en réservant deux tiers des sièges de représentants aux Conventionnels, le « décret des deux tiers » — adopté le 30 août — assure la survie de la République. Preuve en est, lorsque les royalistes tentent une insurrection à la suite des élections d’octobre 1795, la Convention a les moyens de se prémunir du coup d’État et dépêche contre eux un jeune général acquis aux idées révolutionnaires : le 13 vendémiaire an IV (5 octobre 1795), Napoléon Bonaparte montre en effet, dans la répression de cette vaine tentative, une incontestable fidélité républicaine.
Le bilan de l’œuvre militaire de la Convention thermidorienne est également positif. Sous l’influence de Lazare Carnot et avec l’appui de jeunes généraux pénétrés d’idéaux révolutionnaires (tels Lazare Hoche et Jean-Baptiste Jourdan), les armées républicaines continuent à faire reculer les coalisés. Les Autrichiens sont chassés de Flandre, Mayence est prise, et la Hollande est vaincue le 30 janvier 1795. Plusieurs traités marquent l’échec de la coalition européenne contre la France : les traités de Bâle (5 avril et 22 juillet 1795) confirment les défaites prussienne et espagnole ; le traité de La Haye (16 mai) entérine pour sa part la disparition de la Hollande au profit d’une République sœur, la « République batave ». Enfin, après l’échec du débarquement anglais à Quiberon en juillet 1795, l’armée révolutionnaire peut définitivement mater la rébellion vendéenne et la Chouannerie bretonne.
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