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Convention thermidorienneArticle
Plan de l'article
Si le patriotisme donne aux soldats de l’an II et de l’an III une remarquable pugnacité, celle-ci est également valorisée par l’utilisation de plus en plus systématique des acquis de la science. Ainsi, le télégraphe optique mis au point par Claude Chappe devient un instrument indispensable de liaison entre les états-majors. Les Thermidoriens, pénétrés des idées physiocratiques et éclairées (voir siècle des Lumières et physiocrates), ont à cœur de fournir à la République des élites savantes : la création de l’École polytechnique le 21 ventôse an II (11 mars 1794) à l’instigation de savants comme Gaspard Monge, et celle de l’École normale supérieure le 9 brumaire an III (30 octobre 1794) sur le rapport de Joseph Lakanal en sont deux illustrations.
Cette volonté de valoriser les élites intellectuelles est liée à l’affirmation d’un credo libéral en rupture avec le dirigisme des Montagnards. Le 24 décembre 1794, les maxima des prix et des salaires sont abolis et, le 31 janvier 1795, le libre commerce avec l’étranger est de nouveau autorisé. Ces mesures, comme la violente répression qui a marqué les 9-10 Thermidor, placent les sans-culottes dans une situation extrêmement dangereuse et précaire. La fermeture du club des Jacobins le 11 novembre 1794 et le retour des Girondins ayant survécu à la proscription de juin 1793 confirment que l’heure est à une autre terreur, la Terreur blanche, qui frappe cette fois les terroristes d’hier. Dans le sud-est et à Paris, les violences contre les anciens Jacobins sont nombreuses. Deux « journées » révolutionnaires sanctionnent dans le sang la fin du mouvement parisien (1er avril et 20 mai 1795).
L’atmosphère semble donc propice à la contre-révolution. À Paris, les « incroyables » et les « merveilleuses » tiennent le haut du pavé, arborant ostensiblement un luxe proscrit durant le règne des sans-culottes, rossant avec enthousiasme ceux qui leur passent sous la main, refusant d’utiliser la lettre « R », initiale d’une Révolution dont ils se sentent libérés. Toute une littérature dénonce la « trygocratie » robespierriste et submerge les quelques journaux révolutionnaires encore vivants comme le Tribun du peuple de Gracchus Babeuf. Reste que la dernière période de la Convention nationale, moment de conquête et de nouvelle terreur, est également une période qui a contribué de façon décisive à l’enracinement de l’idée républicaine en France.
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