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Résultats avec Windows Live® Search Debré, OlivierArticle
Plan de l'article
Présentation ; De l’abstraction pure aux signes-paysages ; Reflets et sensorialité ; Projets monumentaux et grands formats
Debré, Olivier (1920-1999), peintre français, représentant de la nouvelle école de Paris dans les années 1950, puis de l’abstraction française.
Né à Tours, fils du professeur de pédiatrie Robert Debré et frère de l’homme politique Michel Debré, Olivier Debré poursuit jusqu’en 1938 des études d’architecture à l’École nationale des beaux-arts de Paris tout en fréquentant l’atelier de Le Corbusier. Il présente une licence d’histoire à la Sorbonne et, à partir de 1942-1943, se consacre au dessin et à la peinture. Ses premières œuvres sont figuratives et comportent notamment des portraits et des paysages. Alors qu’il expose dans une galerie de la rue de Seine à Paris (galerie Aubry), la rencontre de Georges Braque et de Pablo Picasso oriente son passage à une abstraction qu’il définira par la suite comme plus « fervente » que « lyrique ». Engagé dans la recherche de signes plastiques (le Mort et son âme et l’Assassin et le Mort, 1945 ; le Mort de Dachau, 1946), qui deviendront bientôt des Signes-personnages (1949) et des Signes-paysages (1958), Olivier Debré est dans les années 1950 un éminent représentant de l’école de Paris. Les œuvres de cette période (Signe-personnage bleu pâle, 1959) rendent compte de sa quête ontologique et spirituelle vécue sur le mode de l’angoisse. Elles sont exécutées en grands aplats maçonnés au couteau dans une pâte épaisse et dans des couleurs sourdes — essentiellement des ocres, des terres et des verts —, technique qui les apparente aux peintures de Nicolas de Staël.
C’est en 1963 qu’Olivier Debré commence à trouver véritablement son style, longuement mûri dans son atelier des Madères, le fief familial d’Indre-et-Loire ou au cours de ses nombreux et longs périples à travers le monde : le support devient le constituant même de l’œuvre, la couleur se fait quasiment monochrome. Utilisant une matière plus transparente et plus fluide, travaillée en « coulées » que bordent d’épais monticules destinés à ponctuer et à délimiter l’espace, le peintre entame dès lors une réflexion sur la matière, démarche qui évoque celle de certains artistes abstraits américains… Étant désormais parvenu à un certain état d’apaisement, sa palette chatoyante revendique une sensibilité parcourue par les flux de l’émotion (Ocre Tache violette, 1970 ; Laerdal. Sombre barre jaune, 1974 ; Longue Blanche vert pâle, 1981 ; Rose de Petra, Jordanie, 1982 ; Ocre de Loire coulé aux taches rouges, 1987 ; Coulées bleu pâle. Monts de Guillin, Chine, 1989). Autrefois traduction d’une sensation chromatique volontiers « naturaliste », son œuvre interroge les énergies qui font vibrer la couleur ; elle se fait synthèse idéographique sensorielle des signes de la réalité ambiante dont l’élégance semble empreinte d’un certain maniérisme japonisant.
Au cours des années 1970 et 1980, la manière de Debré s’affranchit également des franges qui circonscrivent chacune des disciplines artistiques. Il s’ouvre à tous les arts de l’espace et aux multiples facettes de l’univers des formes : urbanisme, architecture (immeuble d’ateliers d’artistes à Paris), sculpture, gravure (illustration d’ouvrages de Francis Ponge, de Michel Butor, de Julien Gracq, etc.), vitrail (chapelle Saint-Maudé à La Croix-Helléan, dans le Morbihan), danse, etc. Il enseigne aussi durant cinq ans (1980-1985), comme chef d’atelier de peinture et art mural, à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris. Il développe des projets monumentaux, dont les concrétisations les plus médiatiques sont ses rideaux de scène de la Comédie-Française (1985-1987), de l’Opéra de Hong Kong (1989), du théâtre des Abbesses de Paris (1996) et du nouvel Opéra de Shanghai (1998). Olivier Debré réalise aussi d’importantes compositions de grand format pour des édifices publics : le collège de Royan (1965), le pavillon français de l’Exposition universelle de Montréal (Signe de l’homme, 1967), la faculté de Médecine de Toulouse (1968), le lycée Rabelais de Chinon (1975), la nouvelle École polytechnique (1976), l’hôpital universitaire de Liège (1978-1980), la Maison française de l’ambassade de France à Washington (1982-1983), l’hôpital Robert-Debré de Paris (1988), etc. Il est aussi l’auteur de nombreux décors de théâtre et notamment des décors et costumes de Signes, une chorégraphie de Carolyn Carlson créée à l’Opéra Bastille par le Ballet de l’Opéra de Paris en mai 1997. Plusieurs rétrospectives lui ont été consacrées, notamment au musée d’Art et d’Industrie de Saint-Étienne en 1975 et à la Galerie nationale du Jeu de paume en 1995 où quatre-vingts de ses tableaux ont été exposés. En 1993, La Poste a édité un timbre dessiné par Olivier Debré : Rouge rythme bleu.
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