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législative, Assemblée

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Callet, Portrait de Louis XVI en costume de sacreCallet, Portrait de Louis XVI en costume de sacre
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1

Présentation

législative, Assemblée, durant la Révolution française, assemblée qui a exercé le pouvoir législatif du 1er octobre 1791 au 20 septembre 1792 ; par extension, nom donné au régime de monarchie parlementaire qu'elle a représenté et à la période qu’elle a couverte.

La brièveté de la Législative, première expérience de monarchie constitutionnelle en France, est sans doute le résultat de l'opposition au régime à la fois manifestée par les républicains et par le roi lui-même. Sans appui populaire réel ni même politique, la Législative succédant à la Constituante a été condamnée à disparaître, au profit de la Convention.

2

Sociologie de l’hémicycle

La Législative compte 745 députés, élus en septembre 1790 au suffrage censitaire à deux degrés. Issus de la bourgeoisie, mais également de la noblesse et du clergé, les membres de cette nouvelle assemblée sont tous novices — aucun n’a siégé à la Constituante, qui a décrété la non rééligibilité de ses membres avant de se séparer — même s’ils ont pour beaucoup assumé des fonctions politiques locales.

Siégeant à la droite de l’hémicycle, une faction conservatrice prône la monarchie constitutionnelle. Riche de quelque 250 députés se rattachant aux idées du club des Feuillants, ce groupe a pour grands orateurs Mathieu Dumas et le marquis de Jaucourt, et pour chef de file hors de l’Assemblée, des hommes comme le marquis de La Fayette et Antoine Barnave. Au centre siègent environ 350 députés, non affiliés à un club révolutionnaire et sans meneur réel, qui sont attachés à la Constitution nouvellement acquise par les révolutionnaires (la première dans l’histoire de France). À la gauche de l’hémicycle, la faction progressiste, assez soudée, rassemble 150 députés proches du club des Jacobins. Ils défendent le libéralisme économique et, pour beaucoup, également l'idée républicaine. C’est au sein de ce groupe que vont émerger les « brissotins » ou Girondins (avec Brissot de Warville, Henri Isnard, le marquis de Condorcet et Pierre Vergniaud) et les Montagnards (Lazare Carnot, Jean-Baptiste Lindet, etc.). Enfin, à l’extrême gauche siègent quelques députés plus avancés, comme Georges Couthon ou Merlin de Thionville.

De tendance plus radicale que la Constituante de par sa composition, la Législative doit immédiatement gérer sa principale faiblesse : les chefs de file de chaque faction ne siégeant pas à l’Assemblée, l’essentiel des réflexions risque d’être fait en dehors de l’hémicycle. Il n’en demeure pas moins que des hommes brillants comme Brissot et Condorcet se révèlent à cette occasion sur la scène politique.

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Douze mois de monarchie constitutionnelle

L’histoire de l’Assemblée législative peut être scindée en trois grandes périodes : la première étant un compromis difficile entre le roi détenant le pouvoir exécutif et la Législative ; la deuxième lorsque, au-delà de l’opposition du roi, le gouvernement et l’Assemblée prônent une politique girondine identique ; la troisième qui voit les différents pouvoirs s’effriter au profit de la rue.

Parallèlement, la Législative a été confrontée à trois crises durant ses douze mois de siège. Une crise institutionnelle créée par le roi Louis XVI en utilisant abusivement son droit de veto contre toute proposition de loi trop révolutionnaire ; une crise économique liée à l'effondrement de l'assignat et à des problèmes croissants de débouchés pour les produits du commerce français ; une crise militaire, enfin, qui a lancé la France dans les guerres révolutionnaires et précipité la chute du régime de monarchie constitutionnelle, le 10 août 1792.

3.1

Un compromis entre l’Assemblée et le roi

Côté exécutif, le premier gouvernement désigné par le roi est constitué de Feuillants, des monarchistes modérés qui croient sincèrement à l’attachement du roi au nouveau régime. Pour sa part de composition plus progressiste, l’Assemblée législative propose des mesures révolutionnaires, dans la lignée des travaux de la Constituante. Mais dès le 11 novembre 1791, Louis XVI pose un double veto aux décrets du 31 octobre — intimant au comte de Provence (Louis, le frère du roi) de rentrer en France — et du 9 novembre — décidant la condamnation à mort par contumace et la confiscation des biens des émigrés qui refusent de revenir de l’étranger. Par son refus de valider ces projets de loi, le roi inaugure les difficiles relations à venir entre les pouvoirs exécutifs et législatifs, que la Constitution a voulu de puissance égale. Les situations de blocage vont bientôt se multiplier. Le roi utilise à nouveau son droit de veto le 19 décembre 1791 face aux décrets enjoignant aux prêtres réfractaires de prêter serment à la Constitution civile du clergé (29 novembre).

Le débat sur une guerre éventuelle à mener contre les monarchies européennes voisines devient à l’ordre du jour de tous les lieux de réflexion. Enflammé, il oppose deux grandes factions à l’Assemblée : ceux qui sont hostiles à toute aventure extérieure avant d’avoir assis la Révolution en France (faction « robespierriste » issue du club des Jacobins) ; ceux qui sont partisans d’une politique belliqueuse, dans laquelle se retrouvent tout à la fois les monarchistes espérant recevoir ainsi l’aide des monarchies étrangères pour réinstaller le roi en son pouvoir et les révolutionnaires qui pensent de la sorte asseoir leur pouvoir, voire étendre les principes de liberté au reste de l’Europe. Au sein de ce dernier groupe se situent les amis de Brissot de Warville (les « brissotins » ou Girondins, Jacobins eux aussi), ce qui provoque de fait une fracture décisive au sein du club. Au mois de janvier, le divorce est consommé entre les « brissotins » et les « robespierristes », lesquels parviennent à conserver la haute main sur les sociétés affiliées de province. Désormais, les « brissotins » ne peuvent plus compter sur l'infrastructure du club pour promouvoir leurs thèses. Pour leur part minoritaires à l’Assemblée, les « robespierristes » ne peuvent essayer d'empêcher la déclaration de guerre que par des actions extraparlementaires (notamment par des discours au sein du club) : « Personne n'aime les missionnaires armés », explique Robespierre.

En marge de ce débat, la France vit à cette époque une grave crise économique. En janvier 1792, l’assignat (devenu papier-monnaie depuis avril 1790) ne vaut plus que 58 p. 100 de sa valeur affichée. L’imminence d’une guerre contre les États européens participe amplement à cet effondrement de la monnaie scripturale. Et l'endettement de l'État est d'autant plus grave que l'effort de guerre prônée par la majorité, devra pouvoir bénéficier de liquidités importantes.

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