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République, Ire

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Chinard, la RépubliqueChinard, la République
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1

Présentation

République, Ire, régime politique de la France révolutionnaire, du 21 septembre 1792 au 10 novembre 1799.

2

Naissance de la Ire République (août-septembre 1792)

La Ire République naît d’une révolution dans la Révolution. En 1792 l’exaspération de l’opinion jacobine contre la monarchie ne cesse de croître. Cette dernière en est d’autant plus fragilisée que la guerre contre le roi de Prusse, commencée en avril et mal entamée, fait craindre une défaite face à la première coalition (alliance militaire des monarchies européennes autour de l’Autriche). La tentative de retournement de l’armée par La Fayette (août 1792) aiguise encore la méfiance à l’encontre de Louis XVI et d’une éventuelle « cinquième colonne » préparant une restauration.

2.1

La chute de la monarchie

Le 10 août 1792, les sans-culottes prennent les Tuileries, mettant fin à la monarchie constitutionnelle instaurée en 1791. Affolée par l’émeute et ligotée par la pression de la Commune insurrectionnelle de Paris, l’Assemblée suspend le roi. Le lendemain, elle convoque une constituante élue au suffrage universel et chargée d’« assurer la souveraineté du peuple et le règne de la liberté et de l’égalité ».

Cet effondrement est l’aboutissement d’un processus de déconsidération de la monarchie accentué depuis la fuite à Varennes (juin 1791). Il tient aussi à l’aspiration profonde de nombreux dirigeants révolutionnaires fatigués d’avoir à composer avec l’héritage monarchique. Ils veulent rompre avec l’Ancien Régime, instaurer la République égalitaire par la révolution sociale. Leur aura ne cesse de croître grâce à la presse (le Patriote français de Brissot, le Père Duchesne de Hébert).

2.2

La logique de la répression préventive et punitive

Jusqu’au 20 septembre 1792, la Législative et un « Conseil provisoire » partiellement issu de l’insurrection assument la transition. Ils sont dominés par les Girondins (ou Brissotins). Leurs principaux mots d’ordre témoignent de leur modération : libéralisme économique, hostilité à la centralisation parisienne, esprit d’ouverture et de négociation.

En revanche, la Commune insurrectionnelle de Paris constituée le 10 août comprend des Cordeliers et l’aile gauche jacobine (Danton, Marat, Hébert, Robespierre). Ses 288 siégeants souhaitent une rupture radicale avec le régime qui vient de s’écrouler.

Pris entre les deux factions, le Conseil provisoire gère l’intérim pendant les travaux constitutionnels préparatoires. Sous l’influence de la Commune, il crée un tribunal extraordinaire pour juger les défenseurs des Tuileries (17 août) ; arrête ou déporte les « suspects contre-révolutionnaires » (aristocrates et ecclésiastiques) ; séquestre les biens des « émigrés » (26 août) ; censure la presse contre-révolutionnaire.

Ce climat procédurier et coercitif est alourdi par l’agitation vendéenne et la crise militaire. Début septembre en effet, après la prise de Verdun, la route de Paris est libre pour les coalisés. S’ils arrivent à Paris, ils risquent de décapiter la Révolution. Ces circonstances encouragent la politique contre-révolutionnaire ; d’autant qu’à Paris on craint aussi les complots de l’intérieur qui, selon la rumeur, pourraient être ourdis depuis les prisons où s’entassent les prisonniers politiques.

Le jacobin Danton, homme fort du moment, entend galvaniser l’esprit révolutionnaire pour triompher de la réaction. Au nom de « l’audace » et pour sauver « la Patrie », il appelle à la lutte contre les ennemis de l’intérieur et de l’extérieur.

Ce contexte amène aux funestes « massacres de septembre » à Paris puis en Province. D’épouvantables tueries préventives frappent plus de 1 300 suspects. Les sans-culottes forcent les portes des prisons, instaurent des tribunaux prononçant la liberté ou la mort, sentences immédiatement exécutoires. La peur de ne pas venir à bout de la contre-révolution explique la pratique ritualisée de cette violence expiatoire. Ainsi, la Ire République naît d’une première terreur punitive qui inaugure sa légende noire.

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