![]() Le choix d'Encarta
Consultez les ouvrages concernant République, Ire et sélectionnés par l'équipe éditoriale d'Encarta Recherche Encarta
Rechercher dans Encarta des informations sur République, Ire |
Résultats avec Windows Live® Search
Résultats avec Windows Live® Search Page 3 sur 7
République, IreArticle
Plan de l'article
Présentation ; Naissance de la Ire République (août-septembre 1792) ; La crise immédiate de l’an I (septembre 1792-mai 1793) ; Le temps de la « Terreur »(juin 1793-juillet 1794) ; La Convention thermidorienne (juillet 1794-octobre 1795) ; Le Directoire (octobre 1795-novembre 1799)
Le 6 avril 1793, la fondation du Comité de salut public, destinée à accélérer l’action du gouvernement révolutionnaire, illustre cette perte d’influence des Girondins et l’ascendant des Jacobins qui y sont majoritaires. Danton, son chef de file, jouit alors d’une influence croissante sur la Convention, liée aussi bien à son intransigeance régicide qu’à son bellicisme et, pour finir, au contrecoup de l’affaire Marat. Dirigeant montagnard marginal et homme de presse (l’Ami du peuple, 1789-1792), Marat jouit d’une large audience chez les sans-culottes parisiens. Les Girondins voyant en lui un aspirant à la dictature, ils le font mettre en accusation par la Convention (13 avril). Mais le procès se clôt sur un succès du prévenu qui revient en triomphateur à la Convention (24 avril). Le verdict accable un pouvoir girondin déjà affaibli par la crise protéiforme de février-avril et laminé par la puissance critique de la Commune de Paris, puis par les émeutes anti-girondines (comme à Lyon le 29 mai). Début juin, les Girondins chutent. Leur mise en accusation a d’abord été réclamée par quelques sections parisiennes (unité de base représentative des sans-culottes), puis par la totalité des 48 sections le 31 mai. Le 2 juin 1793, la Garde nationale bloque la Convention. Sous la pression des Montagnards, Marat en tête, les députés votent la proscription de vingt-sept députés et deux ministres girondins. La majeure partie des Girondins s’enfuit. Un groupe se réfugie à Caen et entre en rébellion.
Jusqu’en juillet 1794, au nom de la Patrie et de la Révolution en danger, la Ire République montagnarde se durcit. Guidée par le Comité de salut public, elle impose des mesures d’exception — la « Terreur » — pour lutter contre l’invasion étrangère, pour contenir les soulèvements en France (fédéralistes et Vendéens), pour écraser les ennemis politiques de l’intérieur.
La Convention montagnarde s’ouvre pourtant sous des auspices pacifiques. Le 6 juin 1793, Hérault de Séchelles, président du Comité constitutionnel, présente un projet de Constitution rédigé par Couthon et Saint-Just, qui est adopté le 24 juin, puis ratifié par référendum. Très démocratique, ce texte veut « le bonheur commun » par les réformes sociales. Mais dans une République assiégée, il est inapplicable. En effet, lorsque les Jacobins accèdent au pouvoir, au début de l’été 1793, la France vit une pénurie généralisée et subit la pression militaire et insurrectionnelle des coalisés, des Fédérés, des Vendéens. Sur le plan extérieur, le territoire est pris en tenaille : les Anglo-Hollandais tiennent les Flandres ; les Autrichiens sont à Valenciennes ; les Prussiens campent aux confins de la Lorraine ; les Piémontais menacent le Dauphiné et les Espagnols entrent en Roussillon. Sur le plan intérieur, Les Jacobins font face à une double menace. D’une part celle des dissidents Girondins de l’« Assemblée générale de la résistance », installés en Normandie et implantés en Vendée, Lyonnais, Midi, qui cherchent à phagocyter les révoltes fédéralistes. D’autre part, celle de la Chouannerie vendéenne et de son armée conquérante, qui sème le désordre dans l’Ouest (elle domine les actuels Pays-de-la-Loire). Les dangers intérieurs et extérieurs mettent la France et la République en péril.
Pour lutter contre cette double menace, le pouvoir jacobin prend des mesures drastiques. Le Comité de salut public de l’automne 1793 comprend Robespierre (il en est devenu l’âme et le maître après son intégration le 27 juillet), ses deux plus fidèles zélateurs, Couthon et Saint-Just ; puis Carnot, Billaud-Varennes, Collot d’Herbois, Prieur, Lindet, Barère de Vieuzac. Pour gérer l’épineuse situation à laquelle ils s’affrontent, ils usent des structures léguées par les Girondins : pouvoir suprême du Comité de salut public, appui inconditionnel du Comité de sûreté générale (entièrement montagnard), soutien des comités de surveillance sans-culottes. En outre, leurs prérogatives exécutives sont élargies : une extrême centralisation leur donne la mainmise sur toutes les affaires intérieures et extérieures ; toutes les questions posées au gouvernement provisoire sont soumises par principe à l’impératif de la défense nationale dont ils ont la charge. Enfin, le 10 octobre 1793, le Comité suspend sine die la Constitution du 10 août et décrète que le « gouvernement provisoire de la France est révolutionnaire jusqu’à la paix ». Au nom de l’État de siège et de la vacance constitutionnelle, les Jacobins s’arrogent donc un pouvoir dictatorial qui s’exprime déjà dans la Terreur. Après les assassinats de Marat (13 juillet, Paris), de Chalier (17 juillet, Lyon) et l’affirmation d’un fort mécontentement populaire parisien (troubles du savon en juin, émeutes en août), la Terreur, implacable appareil terroriste d’État, a été mise en place (5 septembre). Robespierre la justifie comme une « conséquence générale » et nécessaire de la défense de la démocratie « appliquée aux plus pressants besoins de la patrie ». L’application draconienne de la « loi des suspects » du 17 septembre, associée à la dialectique de la conspiration permanente inspirée par Robespierre, commande une répression « prompte, sévère, inflexible ». La largeur de vue avec laquelle sont définis les suspects explique l’amplitude de la punition collective en cours. Sont suspectés : les « traîtres », les « conspirateurs », les « fédéralistes » et les « accapareurs », les « intrigants », les « tyrans », les « fanatiques », les « égoïstes » et les « charlatans ». Selon les estimations les plus larges, 80 000 citoyens de l’an II sont arrêtés. Entre septembre 1793 et l’été 1794, les exécutions s’enchaînent : Marie-Antoinette (octobre 1793) ; les 22 députés girondins proscrits en mai (octobre), les hébertistes ou enragés (mars 1794), les « indulgents » de Danton et les opposants à la Terreur tel Desmoulins (février-avril 1794), 27 fermiers généraux (dont Lavoisier, mai 1794), des notables provinciaux soupçonnés de traîtrise, ayant dénigré la Révolution, etc. Le châtiment collectif est aggravé par le décret du 10 juin 1794 : sont désormais suspects les pourvoyeurs de « fausses nouvelles » et ceux qui « inspirent le découragement ». Durant la période de la « Grande Terreur », il n’y a plus qu’un verdict, expéditif : la mort. Les magistrats du Tribunal révolutionnaire, surtout Fouquier-Tinville, organisent cette dérive de la justice révolutionnaire qui entraîne plus de la moitié des exécutions à Paris (un peu moins de 2 800 au total).
Outre cette lutte contre les ennemis de l’intérieur, le Comité mène la guerre. En août 1793, le vote d’une loi réquisitoire sur le blé et menaçant de mort les « accapareurs de denrées » permet de mieux ravitailler les soldats. Puis, la réorganisation de l’armée (stratégie, hiérarchie, équipement, formation) apporte d’importantes victoires à Hondoschoote (6-8 septembre 1793) et au Geisberg (26 décembre). Les Vendéens sont battus à Granville, au Mans et à Savenay (novembre-décembre). Les offensives de Kellermann, Bonaparte, Dugommier et Jourdan permettent de reprendre Lyon (9 octobre), Toulon (19 décembre), le Roussillon et la Catalogne (mai 1794), enfin la Belgique à l’issue de la bataille de Fleurus (26 juin). Ces épisodes témoignent de l’enthousiasme et de l’efficacité des soldats de l’an II. Encadrée par de jeunes généraux, souvent sortis du rang, l’armée de la levée en masse est galvanisée par l’idéal de la défense de la Patrie et de la Révolution.
|
© 2008 Microsoft
![]() ![]() |