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  • Arp/Sophie Taeuber

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  • Sophie Taeuber ( 1889 - 1943 )

    SOPHIE TAEUBER (1889-1943) Sophie Taeuber dans son atelier © Coll. Part. © ADAGP

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Taeuber, Sophie

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Plan de l'article
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Présentation

Taeuber, Sophie (1889-1943), artiste française d’origine suisse, pionnière de l’art abstrait, dont l’œuvre est l’une des plus représentatives de l’abstraction constructive de l’entre-deux-guerres.

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Motifs textiles abstraits

Né à Davos (Suisse), Sophie Taeuber étudie à partir de 1906 les arts décoratifs, le dessin et les arts graphiques à l’école des Arts et Métiers de Saint-Gall. En 1910, elle se rend à Munich pour suivre des cours dans un atelier de textile expérimental puis elle étudie à l’école des Arts appliqués de Hambourg de 1913 à 1914. En 1915, Sophie Taeuber s’installe à Zurich, où elle occupe un poste universitaire de professeur de textile.

En 1915, à la galerie Tanner, Sophie Taeuber rencontre Jean Arp qu’elle épouse en 1922. Leur affranchissement de l’art conventionnel, l’utilisation de techniques peu académiques, ou bien encore leur intérêt pour l’abstraction, rapprochent rapidement les deux artistes qui se lancent dans une recherche commune de formes abstraites. Ils réalisent des collages et des tissages pour lesquels l’expérience de la conception de motifs géométriques de Sophie Taeuber s’avère déterminante. Le papier est découpé et agencé selon des structures horizontales et verticales très rigoureuses, suivant un principe d’orthogonalité, contrainte même de la technique du tissage. Sophie Taeuber réalise également des œuvres tissées, ornées de motifs géométriques aux couleurs vives, qu’elle emprunte aux traditions populaires de Suisse, d’Afrique ou bien d’Amérique (Composition verticale-horizontale, 1916, broderie de laine, Fondation Marguerite Arp, Locarno). Ces travaux de collage et de tissage menés par Sophie Taeuber annoncent les prémices de l’art concret, et témoignent des premiers apports des arts appliqués au développement de l’art abstrait.

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Danse abstraite, marionnettes et têtes dada

En 1916, Sophie Taeuber participe à la fondation du mouvement Dada et étudie parallèlement la danse avec Rudolf von Laban dont le style s’exprime par une conception géométrique du mouvement. Sophie Taeuber s’inspire de cet apprentissage pour développer une « danse abstraite », basée sur le principe d’orthogonalité, en appliquant le rythme et la géométrie des motifs textiles à l’espace de la danse. L’ouverture du Cabaret Voltaire est l’occasion pour elle d’expérimenter ses recherches lors de manifestations Dada. En compagnie de Mary Wigman et sous un pseudonyme — l’Université de Zurich désapprouvant la participation des enseignants aux activités Dada —, Sophie Taeuber, masquée et vêtue de costumes cubistes réalisés par des membres du groupe, exécute des danses macabres, primitives et cubistes.

En 1917, Sophie Taeuber est chargée de la création de marionnettes pour une adaptation du Roi cerf de Carlo Gozzi. La fable du dramaturge italien, inspirée des Mille et une nuits, est transposée par les auteurs à celui de l’univers de la psychanalyse. En référence au conflit sur la libido opposant Sigmund Freud et Carl Gustav Jung sont créés les personnages de la Fée Urlibido, Docteur Complex et Feud Analyticus. Membre du cercle de C. G. Jung, Sophie Taeuber traite le sujet avec ironie en choisissant de montrer des personnages qui, libres de leurs mouvements, peuvent exprimer par diverses attitudes leurs états psychiques. Elle s’inspire de sa série des « Composition verticale-horizontale » pour fabriquer des formes géométriques en bois tournés, cônes, sphères, cylindres, qu’elle combine selon le trait de caractère des personnages, et emprunte aux pupi (marionnettes du théâtre populaire italien) leur couleur argent et leur mécanisme. En créant ces marionnettes, Sophie Taeuber donne à la fois naissance à la première forme plastique de la psychanalyse, mais propose également une synthèse des idées du Werkbund — les formes sont pures et élaborées — associée à la critique sociale de Dada – les corps désarticulés et robotisés sont le fruit d’une société mécanisée et destructrice.

Dans la lignée de son travail sur le masque et les marionnettes, Sophie Taeuber réalise vers 1918 une série de Têtes en bois tourné. Conçues selon une esthétique constructiviste et des préceptes préfigurant le Bauhaus, ces Têtes illustrent le lien étroit que tisse Sophie Taeuber entre les arts appliqués, la sculpture et la peinture : Tête dada, 1918, bois tourné et peint, Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, Paris.

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Une plastique d’avant-garde

Entre 1920 et 1926, Sophie Taeuber voyage beaucoup et s’installe en 1927 à Strasbourg, où elle reçoit la commande d’un vaste programme décoratif pour le bar-dancing de l’Aubette, auquel elle fait participer son mari et Theo Van Doesburg. L’année suivante, elle réalise les plans et fait construire la maison-atelier de Clamart, siège de l’actuelle fondation Arp.

Dès 1929, Sophie Taeuber rejoint les réunions de l’écrivain et plasticien Michel Seuphor (1901-1999), et participe à la création des groupes d’avant-garde Cercle et Carré et Abstraction-Création (1931-1936). En 1937, lors de l’exposition « Constructiviste » au Kunstmuseum de Bâle, son travail obtient une reconnaissance internationale. La même année, Sophie Taeuber crée avec l’artiste César Domela (1900-1992) sa propre revue d’avant-garde, Plastique (1937-1939), puis se joint avec Max Bill à l’Alliance des peintres suisses modernes.

Dans les années 1930, la recherche de Sophie Taeuber s’oriente vers des « Reliefs » (1931-1939) pour lesquels elle met en place un mode de travail totalement novateur. Des compositions de cercles et de carrés sont disposées sur des surfaces rectangulaires et s’équilibrent par l’usage optique des couleurs. Les « Lignes » (1938-1942), évocations du rythme syncopé de la danse, sont des études de formes naturelles stylisées (coquillages et feuilles) qui perdent leur aspect naturel initial pour des formes en boucle évoluant vers des compositions géométriques de cercles enchevêtrés.

Sophie Taeuber meurt peu de temps avant son départ prévu avec Jean Arp pour les États-Unis. Personnage discret, elle a néanmoins exercé une influence considérable sur l’art de son époque. Ses recherches et son travail sur les formes géométriques et sérielles ont ouvert la voie à d’importants courants artistiques du xxe siècle tels que l’art concret et l’art minimal.

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