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fantastique, littérature

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Poe (Edgar), le CorbeauPoe (Edgar), le Corbeau
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1

Présentation

fantastique, littérature, genre littéraire né à la fin du xviiie siècle, se basant sur l’intrusion dans le réel de phénomènes considérés comme surnaturels, reposant sur l’angoisse ou l’effroi causés par ces phénomènes inexplicables et frappant fortement l’imagination des personnages, de même que celle du lecteur.

Le mot fantastique vient du bas latin fantasticus, issu du grec phantastikos, signifiant « capacité de créer des images », « fantaisie ».

2

Tentative de définition

Définir la littérature fantastique n’est pas chose aisée. Différentes écoles se confrontent et s’opposent. Où commence et où finit le fantastique ? Il est difficile de répondre catégoriquement. Considérer le fantastique comme un genre est d’ailleurs contesté par certains théoriciens, notamment le philosophe Alain Chareyre-Méjan qui refuse de tomber dans le piège d’une définition du fantastique qu’il interroge comme une « réalité esthétique », une sensation voisine du repoussant. D’aucuns font par ailleurs débuter le fantastique à Apulée et ses Métamorphoses, d’autres au merveilleux médiéval. Mais la plupart des théoriciens prennent pour postulat que la littérature fantastique débute à la fin du xviiie, se poursuit au xixe, son âge d’or, et se prolonge au xxe siècle. Trois approches critiques du fantastique dominent les analyses du genre, la première historique (Pierre-Georges Castex), la deuxième sémantique (Roger Caillois et Louis Vax), la dernière structurale (Tzvetan Todorov).

2.1

Approche historique

Le théoricien Pierre-Gorges Castex, dans le Conte Fantastique en France de Nodier à Maupassant (1951), définit le fantastique comme une mode qui émerge dans un contexte culturel « illuministe », occultiste en réaction au rationalisme et positivisme ambiant. « Le conte fantastique se définit en France comme un genre autonome aux environs de 1830, sous l’influence d’Hoffmann […] Différence entre le fantastique et le merveilleux traditionnel : le fantastique se caractérise par une intrusion brutale du mystère dans le cadre de la vie réelle ; il est généralement lié aux états morbides de la conscience qui, dans les phénomènes de cauchemar ou de délire, projette devant elle des images de ses angoisses ou de ses terreurs. » Castex distingue deux périodes : les années 1830-1850, qui représentent, à ses yeux, l’âge d’or du fantastique, et les années 1850-1890, qui voient le genre s’étioler.

2.2

Approche sémantique

Roger Caillois, dans Au cœur du fantastique (1965) ainsi que dans Images, Images… : Essais sur le rôle et les pouvoirs de l’imagination (1966), considère pour sa part que le « fantastique manifeste […] un scandale, une déchirure, une irruption insolite, presque insupportable dans le monde réel ». Il définit ainsi le fantastique par opposition au merveilleux dont le surnaturel ne se pose pas en rupture par rapport à la réalité. Il propose une approche sémantique en décrivant les éléments constitutifs du fantastique (êtres surnaturels, temps, lieux, etc.) et les effets de ces motifs fantastiques sur les personnages comme le mysterium tremendum (inquiétude, effroi, répulsion, angoisse) ou le fascinans (fascination, séduction, etc.). Pour lui, le fantastique naît de la correspondance entre le sujet et le monde, mais aussi du rapport entre le lecteur et l’œuvre dans une relation d’identification, de distance où ce dernier cherche les frissons tout comme le héros.

Dans la lignée de Caillois, Louis Vax, qui pense que le « récit fantastique […] aime nous présenter, habitant le monde réel où nous sommes, des hommes comme nous, placés soudainement en présence de l’inexplicable », parle d’expressivité fantastique dans l’Art et la littérature fantastiques (1963) et la Séduction de l’étrange (1965). « Pour s’imposer, le fantastique ne doit pas seulement faire irruption dans le réel, il faut que le réel lui tende les bras, consente à sa séduction ».

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