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  • Pierre Mauroy

    Ancien Premier ministre Président de Lille Métropole Communauté Urbaine Sénateur du Nord Maire honoraire de Lille Président de la Fondation Jean-Jaurès

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Mauroy, Pierre

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Pierre MauroyPierre Mauroy
Plan de l'article
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Présentation

Mauroy, Pierre (1928- ), homme politique français, maire de Lille de 1973 à 2001, grande figure du Parti socialiste (PS), qui a été Premier ministre de 1981 à 1984 après l’élection de François Mitterrand à la présidence de la République.

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Un homme d’appareil

Né à Cartignies (Nord), petit-fils de mineurs et fils d’un instituteur laïc, Pierre Mauroy est élevé dans une région qui apparaît, depuis la fin du xixe siècle, comme une terre d’implantation privilégiée du courant socialiste. Ancien élève de l’école normale de Cachan, il commence sa carrière comme professeur de l’enseignement technique.

Membre de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO) depuis l’âge de dix-huit ans, il devient permanent syndical au sein de la Fédération de l’Éducation nationale (FEN), tout en progressant dans l’appareil de la SFIO : secrétaire national des Jeunesses socialistes de 1950 à 1958, secrétaire de la très puissante fédération du Nord en 1961, membre du comité exécutif de la Fédération de la gauche démocratique et socialiste (FGDS), puis secrétaire général adjoint du parti en 1966. Lors du congrès d’Épinay (1971), il s’oppose à Guy Mollet et soutient l’entreprise de François Mitterrand, qui entend fédérer la gauche non communiste et faire du Parti socialiste (PS), successeur de la SFIO, un instrument de conquête du pouvoir. Dès lors, il compte parmi les fidèles de François Mitterrand, porté à la tête du parti, tout en confirmant son implantation locale : déjà conseiller général du Cateau depuis 1967, il est élu député et maire de Lille en 1973, succédant à Augustin Laurent, dont il était le dauphin. L’année suivante, il devient président du conseil régional du Nord-Pas-de-Calais, mandat qu’il conserve jusqu’en 1981.

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Le Premier ministre de l’« état de grâce »

Malgré son soutien à Michel Rocard, qui avait annoncé son intention d’être candidat à l’élection présidentielle, Pierre Mauroy est nommé Premier ministre par François Mitterrand après l’accession de ce dernier à la présidence de la République en mai 1981. Immédiatement après les élections législatives de juin qui donnent une large majorité aux socialistes, il forme un second gouvernement, comptant quatre ministres communistes, pour la première fois depuis 1947.

Dans un climat d’euphorie, resté dans les mémoires sous le nom d’« état de grâce », le gouvernement Mauroy fait adopter plusieurs réformes d’envergure, dont beaucoup présentent une forte dimension symbolique, notamment l’abolition de la peine capitale, les lois Auroux visant à renforcer la démocratie dans l’entreprise, les lois de décentralisation, les nationalisations, tout en procédant à une revalorisation des principales prestations sociales et familiales, à un important programme d’embauches dans la fonction publique et à la régularisation du statut de nombreux étrangers en situation irrégulière.

Cependant, dès 1982, le creusement du déficit public et la dégradation de la position du franc sur les marchés internationaux posent le problème du respect des engagements européens de la France, et un vif débat agite la majorité, divisant ceux qui, à l’instar de Jacques Delors, plaident pour une « pause » dans les réformes et l’adoption d’une politique de rigueur, et ceux qui préconisent que la politique économique fasse preuve d’une large autonomie par rapport au contexte international.

Le choix de privilégier la politique de rigueur engendre une certaine désaffection de l’opinion par rapport au gouvernement, tandis que la cote de popularité de Pierre Mauroy commence à connaître une baisse importante. En mars 1983, après les élections municipales qui marquent une importante progression de l’opposition, il forme un troisième gouvernement. Un projet de loi sur l’école privée, qui suscite une très forte mobilisation en faveur de la liberté de l’enseignement, motive la démission de Pierre Mauroy et son remplacement par Laurent Fabius, en juillet 1984.

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Une figure importante du socialisme

Retrouvant son mandat de député en 1986, Pierre Mauroy est également premier secrétaire du Parti socialiste de 1988 à 1992. En 1992, il est élu sénateur du Nord (réélu en 2001) et devient le premier président français de l’Internationale socialiste (IS), tout en conservant sa mairie de Lille. En novembre 1999, le Premier ministre portugais, Antonio Guterres, lui succède à la présidence de l’IS lors du XXIe congrès de l’organisation. En mars 2001, il ne se représente pas à la mairie de Lille où la socialiste Martine Aubry lui succède. En revanche, il est réélu président de la Communauté urbaine de Lille qu’il dirige depuis 1989.

Personnage chaleureux, représentant d’une gauche humaniste et populaire attachée à ses origines, Pierre Mauroy a parfois été taxé d’archaïsme. Son passage au pouvoir a marqué la concrétisation d’un certain nombre de réformes généreuses, inspirées par la volonté de démocratiser les institutions et la vie quotidienne des Français. Peu soucieux des équilibres financiers, ce style de gouvernement tranche radicalement avec les politiques d’inspiration social-démocrate ou libérale qui ont ensuite prévalu en France.

Auteur de Héritiers de l’avenir (1977), C’est ici le chemin (1982), À gauche (1985), Pierre Mauroy publie en 2003 ses Mémoires, sous-titrés de la phrase que lui glissa François Mitterrand en 1993, « Vous mettrez du bleu au ciel ». Après l’échec de Lionel Jospin à l’élection présidentielle de 2002, et dans la perspective du congrès du PS, il y prône un vaste rassemblement des socialistes au sein d’un large courant.

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