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pataphysique

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Le Père UbuLe Père Ubu

pataphysique, science des solutions imaginaires. En 1898, dans le « roman néoscientifique » les Gestes et opinions du docteur Faustroll, pataphysicien, Alfred Jarry a défini étymologiquement la pataphysique comme la science « d'un au-delà de l'au-delà ». Également présentée comme la « science des solutions imaginaires », ou encore « du particulier », elle est à l'origine de la création du Collège de pataphysique en 1948. Cette nouvelle « société de recherches savantes et inutiles » se donna pour objectifs d'illustrer et d'approfondir les recherches de Jarry par la publication de Cahiers tout d'abord, puis de Dossiers et d'Organographes, enfin de Monitoires. Les premiers travaux du Collège furent donc consacrés à faire l'exégèse de son œuvre (Ubu, Cahiers 3-4, 20, Dossier 3 ; Faustroll, Cahiers 22-23 et Organographes 15, 16, 16 bis, ter et quater ; les Jours et les Nuits, roman d'un déserteur, Monitoires 17, 19, 22, 24), s'attachant surtout à l'étude de pièces moins connues (Pantagruel, Cahier 15 ou la Dragonne, Dossier 27) et proposant des approches plus biographiques (Cahier 10, Cahier 26-27, Dossier 5). On doit à ses membres des livres importants sur Jarry (Maurice Saillet, Tout Ubu, 1968 ; Noël Arnaud, Alfred Jarry, d'Ubu roi au docteur Faustroll, 1974), et l'établissement de ses Œuvres complètes dans La Pléiade. Outre ces études sur le créateur de la pataphysique, le Collège redécouvrit l'œuvre de Georges-Albert Aurier et de Rachilde, décrypta celle de Rimbaud et consacra l'auteur des Euphorismes (1926), Julien Torma, qui avait tenu avec René Daumal une chronique dans la Nouvelle Revue française, intitulée « la pataphysique du mois ». Un des fondateurs de la revue le Grand Jeu, Roger Gilbert-Lecomte, fut également l'objet de publications dans les Cahiers. Des écrivains comme Raymond Queneau (Cahier 20) et Boris Vian (Dossiers 6, 18-19) rejoignirent l'école, portés par un esprit de démystification littéraire et un goût du canular et de la provocation. La Cantatrice chauve d'Eugène Ionesco fut le sujet des Cahiers 7 et 8-9.

L'Ouvroir de Littérature Potentielle (OuLiPo) fut fondé en 1960 au sein du Collège. L'œuvre oulipienne de Georges Perec fut peut-être l'illustration littéraire la plus accomplie du mot célèbre de Jarry : « Il n'y a que la lettre qui soit littérature. »

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