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Résultats avec Windows Live® Search Roméo et Juliette [William Shakespeare]Article
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Roméo et Juliette [William Shakespeare], tragédie en cinq actes en vers et en prose de William Shakespeare, écrite vers 1595 et publiée en 1597. L’œuvre a pour source un poème anglais d’Arthur Brook (1562), inspiré des Histoires Tragiques de Pierre Boaistuau, elles-mêmes adaptées des Nouvelles de Matteo Bandello. Une chaleur extrême s’empare de Vérone cet été-là. Mais l’atmosphère écrasante est due à la tension imposée par deux familles qui se vouent une haine sanglante, les Capulet et les Montaigu. Les deux clans s’affrontent dans des rixes collectives qui divisent la ville et échappent au gouvernement du prince de Vérone. Au milieu de cette opposition violente a lieu un rapprochement violent : un amour entre une Capulet, Juliette, et un Montaigu, Roméo. Les deux amants rejettent leurs noms, découverts trop tard, et se marient aussitôt grâce au frère Laurent qui espère ainsi rapprocher les deux familles. Mais la situation des mariés s’aggrave lorsque Roméo, pour venger la mort de Mercutio, tue Tybalt, cousin de Juliette : il est banni, coup fatal pour les jeunes amants. Après une nuit d’adieux, Juliette affronte son père qui veut la marier à Pâris, parent du prince. Désespérée, elle s’en remet au frère Laurent qui lui propose de se faire passer pour morte en absorbant une liqueur, afin de rejoindre Roméo à son réveil. Pendant que les Capulet pleurent leur fille, l’amoureux exilé apprend la nouvelle sans recevoir la lettre explicative du frère. Il court à Vérone, au tombeau des Capulet, contempler une dernière fois son amour avant de s’empoisonner. Juliette se réveille, voit son mari mort près d’elle et se donne la mort. Toute la ville pleure en écoutant la tragique histoire des amants. Le prince y voit la justice du ciel ; les familles responsables se réconcilient dans la douleur.
Vérone est gouvernée par la haine. Une haine obscure, qui semble exister depuis la nuit des temps ; on ne la comprend plus, mais on lui obéit ; elle ne vise plus rien de particulier, seulement un nom abstrait auquel aucun visage n’est associé. D’un autre côté, la petite ville a un prince qui représente depuis peu la loi, une loi trop fragile pour s’imposer à l’ordre ancien des familles et dont le seul atout face à ces luttes fratricides est la lassitude des citoyens. Dans ce chaos politique et social, la jeunesse est perdue. Les anciens s’obstinent à lui léguer leur éternelle haine. Quelle est sa liberté dans ce monde qu’ils ne veulent pas lâcher ? Elle grandit dans un décor de guerre civile où il est impossible de construire un ordre nouveau.
Si le mal, la haine, se montrent au grand jour à Vérone, il ne reste plus à l’amour que l’obscurité pour être libre. C’est à la faveur de la nuit que Roméo et Juliette se rencontrent, lors d’un bal où les masques suspendent toute reconnaissance d’identité. Débarrassées des interdictions sociales, leurs âmes se reconnaissent aussitôt, seules, insatisfaites et perdues. Si les noms fatals sont prononcés, comme sonnerait une sorte de mort, il est déjà trop tard, l’amour est là et les amants sont pris d’une gaieté, d’une folie amoureuse qui les jettent corps et âme dans leur affirmation de la vie. Ils font un don total et hâtif de leur être. Et cet excès dans l’amour est légitime contrairement à l’excès dans la haine. Avec leur certitude amoureuse, les amants se lancent dans l’interdit et renient ensemble leurs noms et la cité. L’impatience de l’amour, sa vitesse affolante font toute sa force mais le conduisent en même temps à sa propre fin.
Finalement, cet amour aura existé, moins pour lui-même que pour la cité. Il se jette dans les rues pour rétablir la paix, mais c’est une entreprise trop ambitieuse : la mort de Mercutio est aussi la mort de la paix par la vérité. Seul le suicide des jeunes amants peut rendre visible l’absurdité de la guerre des clans. Le frère Laurent gagne son pari, mais funestement. Plus qu’à la paix entre les deux maisons, c’est à la loi nouvelle que la passion aura ouvert la voie. Le drame amoureux aura servi à achever la transition politique. Ce progrès coûte cher à la petite ville qui voit mourir toute sa jeunesse, et aussi les mères Capulet et Montaigu. Deux générations payent pour permettre la suppression des « vendettas ». C’est une « paix bien morne » qui descend sur Vérone. La passion amoureuse de Roméo et Juliette a inspiré de nombreux artistes. Le domaine de la musique a vu naître les œuvres de Bellini, Berlioz, Tchaïkovski, et Prokofiev. La comédie musicale West Side Story de Leonard Bernstein (1957) reprend le thème des deux clans ennemis. Et plus récemment, le film Roméo + Juliette (William Shakespeare’s Romeo and Juliet, 1997) de Baz Luhrmann, tout en conservant les vers de Shakespeare, a fait revivre dans notre temps la tragique histoire des amants.
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