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salons littéraires

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Louise LabéLouise Labé
Plan de l'article
3.2

Le salon de Valentin Conrart, devenu l’Académie française

Un autre salon important est celui de Valentin Conrart qui, recevant beaucoup de personnalités de valeur, attire l’attention de Richelieu. Ce dernier a alors l’idée de créer un « salon » officiel, « une compagnie de personnes libres et détachées de l’obligation d’instruire le public, qui voulussent joindre ensemble leur étude et leur travail », qui devient l’Académie française en 1634 (voir Institut de France). Après quelques réunions au domicile de Valentin Conrart, Richelieu officialise l’Académie française et l’installe à la Chancellerie.

3.3

L’effervescence des années 1650-1660 : la préciosité

À partir des années 1650, de nouveaux salons s’ouvrent à Paris, ceux de Mesdames Sablé, Scarron (future Madame de Maintenon), de Choisy, de la comtesse de la Suze, la duchesse de Longueville, de Mesdemoiselles de Montpensier, de Sully ou de Scudéry. D’autres salons s’ouvrent également en province, à Lyon, Riom, Montpellier ou Grenoble. Entre 1652 et 1659, Mademoiselle de Scudéry (appelée Sapho dans son salon), qui a brillé par sa culture et son esprit chez Madame de Rambouillet, reçoit à son tour dans son propre salon chaque samedi de nombreuses personnalités mondaines et littéraires. Très vite devenu le salon « à la mode », dans lequel se presse tout un chacun, le salon de Mademoiselle Scudéry, moins mondain et plus intellectuel que ses prédécesseurs, est le lieu où il faut être pour commenter avec esprit les potins et surtout les faits littéraires, où se tiennent des débats sur l’amour idéal et où s’organisent des joutes poétiques où l’on sublime l’amour. Mademoiselle de Scudéry est l’une des premières personnalités que l’on appelle « précieuse ». C’est grâce à elle que la littérature précieuse — caractérisée par la rareté du lexique et par une sophistication extrême de la tournure —, se propage dans les milieux mondains. L’influence des salons de cette période sur l’évolution des usages et des goûts littéraires au xviie siècle est considérable.

3.4

La fin du xviie siècle

D’autres salons connaissent un certain succès à la fin du xviie siècle, comme celui de Ninon de l’Enclos qui a lieu chaque jour de cinq à neuf heures de l’après-midi et où se retrouvent tous les grands noms de la littérature de cette époque. Celle que l’on appelait « Notre Dame des Amours », parce qu’elle a eu de nombreux amants, a conseillé Molière pour son Tartuffe et a soutenu le jeune Voltaire en lui léguant, à sa mort, mille francs afin qu’il s’achète des livres.

4

Les salons au xviiie siècle : des Lumières à la Révolution

Au xviiie siècle, la vogue perdure, avec, entre autres, les salons de Madame de Tencin qui tient le premier salon « capitaliste » regroupant des banquiers, les salons de Julie de Lespinasse et de la marquise du Deffand, proches des encyclopédistes et des Lumières, ceux de la marquise du Châtelet, muse et maîtresse de Voltaire, qui attire nombre de personnalités par ses qualités scientifiques, et de Madame Geoffrin qui tient un salon particulièrement convoité, etc. Il existe en outre des salons tenus par des peintres comme Madame Vigée-Lebrun, des comédiennes comme Adrienne Lecouvreur et Mademoiselle Quinault, ou des cantatrices telle Sophie Arnould. La politique a également sa place dans les salons du xviiie siècle, notamment le mouvement des Girondins pendant la Révolution, qui se réunit dans les salons de Madame Roland ou de Sophie de Condorcet. Le salon de Madame de Staël à Paris réunit également des personnalités politiques et des gens de lettres avant que sa fondatrice ne soit contrainte de s’exiler en Suisse au château de Coppet, sur les rives du lac Léman, où son salon rassemble des écrivains cosmopolites et consacre le féminisme romantique ; Benjamin Constant se sert d’ailleurs du cercle de sa maîtresse pour diffuser ses idées philosophiques.

5

Le xixe siècle : naissance des cénacles romantiques

Dans la lignée du salon de Madame de Staël, les salons de Madame de Récamier et de Madame de Girardin sont également des lieux d’activité littéraire intense. De nombreux salons s’inscrivent comme ceux-ci dans la tradition des salons féminins du xviie siècle, notamment ceux de Madame de Krüdener, de Sophie d’Houdetot (l’inspiratrice de Julie ou la Nouvelle Héloïse de Jean-Jacques Rousseau), de Madame Ancelot (une sorte d’antichambre de l’Académie française), de Madame Sabatier (une muse de Charles Baudelaire), de Madame Caillavet (« l’égérie des plus grands écrivains de son temps », selon Anatole France), de Marie d’Agoult ou de la Princesse Mathilde. Certains ont une vocation politique comme celui de Juliette Adam (l’égérie de Léon Gambetta) ou de Madame Straus, dreyfusienne convaincue, d’autres on une vocation scientifique telle la Société d’Arcueil qui réunit notamment Pierre Laplace et Claude Berthollet. Les salons de Ludovic Halévy et de George Sand s’ouvrent quant à eux à tous les arts et toutes les disciplines tandis que le romantisme se fait une place de choix dans le salon de Delphine Gay (muse romantique) ou celui de Charles Nodier, qui donne naissance aux cénacles romantiques. À la fin du siècle, l’avant-garde se réunit chez Nina de Villard ou chez Rachilde, tandis que le Grenier Goncourt devient l’académie du même nom. Marcel Proust, qui a beaucoup fréquenté les salons de la toute fin de siècle et du début du xxe siècle, s’est pour sa part inspiré, pour décrire le salon des Verdurin (dans À la recherche du Temps perdu), du salon artistique et mondain de Marguerite de Saint-Marceaux.

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