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Butor, Michel

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Michel ButorMichel Butor
Plan de l'article
1

Présentation

Butor, Michel (1926- ), écrivain français, l’un des instigateurs du Nouveau Roman, qui, par la suite, a fait le choix d’une écriture non romanesque, laboratoire de ses recherches formelles.

2

Un maître du Nouveau Roman

Né à Mons-en-Barœul, licencié en philosophie, discipline qu’il enseignera plus tard dans plusieurs établissements à l’étranger, il se fait connaître comme l’un des auteurs du Nouveau Roman, aux côtés d’Alain Robbe-Grillet et de Claude Simon, en publiant quatre ouvrages qui ont renouvelé les conventions du genre romanesque. L’œuvre de Butor s’organise autour d’une double structuration du texte, spatiale et temporelle, sans cesse en interaction, et qui s’impose comme l’objet même du récit. Aussi Passage de Milan (1954), chronique de la vie quotidienne dans un immeuble parisien des années cinquante, privilégie-t-il l’organisation spatiale par rapport à la structure chronologique ; dans l’Emploi du temps (1956), le héros-narrateur tente de raconter l’année qu’il vient de passer dans une ville imaginaire d’Angleterre, mais s’enlise dans ses souvenirs, où interfèrent les événements contemporains de la narration. L’usage de la deuxième personne du pluriel dans la Modification (prix Renaudot 1957), fait entrer le lecteur dans l’évocation des vingt-quatre heures passées dans l’express Paris-Rome par Léon Delmont, durant lesquelles celui-ci renonce progressivement au projet qu’il formait de rejoindre sa maîtresse. Dans Degrés (1960), trois narrateurs différents racontent la même heure de classe dans un lycée parisien, le livre incluant dans ce temps clos des prolongements historiques et géographiques.

3

Voyages dans les mots

Cherchant d’autres réponses à la question finale de ce quatrième récit (« qui parle ? »), Butor abandonne le roman et se tourne vers une forme d’écriture délibérément fragmentaire, transgressant les frontières qui séparent les genres pour mieux accueillir, grâce aux collages et aux citations de toutes sortes, la « superposition de paroles ». Grand voyageur, il s’attache à « représenter » les villes et les pays : l’Égypte dans le Génie du lieu (1958), les États-Unis dans Mobile (1962) et 6 810 000 Litres d'eau par seconde (1966), qui évoque le Niagara, Venise dans Description de San Marco (1963) ; les lieux sont autant de prétextes à des parcours dans l’écriture morcelée. Le lecteur peut y choisir son cheminement, puiser la matière d’une lecture dont il devient le créateur actif. Butor privilégie désormais les textes courts, où il explore des possibilités poétiques, typographiques et plastiques (Boomerang, 1978), poursuivant dans un langage multiforme un dialogue permanent avec les divers modes d’expression artistique (Mots sur la peinture, 1969 ; Dialogue avec trente-trois variations de Ludwig van Beethoven sur une valse de Diabelli, 1971). Ses études critiques et théoriques prolongent son travail d’écrivain — le créateur s’appuyant toujours sur les œuvres passées pour inventer — en particulier la série des Répertoires (cinq volumes publiés de 1960 à 1982) et celles des Improvisations (sur Flaubert, Rimbaud, Michaux, Balzac), réécriture des cours qu’il a donnés à la faculté des lettres de Genève.

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