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Dard, Frédéric

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Frédéric DardFrédéric Dard
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Présentation

Dard, Frédéric (1921-2000), auteur français de romans policiers à succès mieux connu sous le pseudonyme de San-Antonio.

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Les débuts de Frédéric Dard

Né à Jallieu (Isère), Frédéric Dard est élevé par ses grands-parents car ses parents sont accaparés par leur entreprise de chauffage central. Avec la crise des années 1930, la famille est saisie de ses biens et déménage à Lyon. Le jeune homme quitte l’école pour s’initier au journalisme. Il écrit quelques lignes, puis quelques articles dans le Mois de Lyon, où il a été initialement engagé comme garçon de course. En 1940, il publie la Peuchère, première pierre d’une œuvre prolifique. Suivent alors des pièces de théâtre, des contes, des romans, des nouvelles, notamment, en 1945, la Mort des autres. Il se marie en 1942 avec Odette Damaisin dont il a deux enfants, Patrice et Élisabeth.

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La naissance de San-Antonio

Frédéric Dard s’installe à la fin des années 1940 en banlieue parisienne et s'essaye au récit policier d'inspiration anglo-saxonne avec Réglez-lui son compte ! Les révélations de San-Antonio (1949), où apparaît pour la première fois le personnage San-Antonio, super commissaire aux allures de beau gosse. Publié par une petite maison d’édition lyonnaise, c’est un maigre succès avec quelque 500 exemplaires vendus. Mais Frédéric Dard connaît un énorme succès dès les romans suivants, publiés sous son pseudonyme à raison de trois ou quatre par an aux éditions Fleuve Noir, créées par Armand de Caro, qui affirme que « Frédéric Dard est un type raisonnable, c’est San-Antonio qui a un art ». En 1950, de Caro, exploitant la verve libre et prolifique de son auteur, attire le lecteur en illustrant la couverture de Laisse tomber la fille avec les pin-up de Michel Goudron et demande à Frédéric Dard d’écrire jusqu’à six San-Antonio par an. En 1964, l’Histoire de France vue par San-Antonio est vendu à un million d’exemplaires et c’est l’occasion pour son éditeur de révéler la véritable identité de l’auteur.

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L’« hénaurme » San-Antonio

La trame policière n'est plus chez Frédéric Dard qu'un prétexte à faire évoluer les personnages (le héros et narrateur, San-Antonio, commissaire séducteur et futé ; son adjoint Bérurier, dit Béru, ignoble et burlesque, mais pas méchant ; le lamentable Pinaud), dans un univers où tout est tiré vers l'« hénaurmité » farcesque, sans souci de vraisemblance. La virtuosité du langage, le calembour permanent, la richesse argotique et les emprunts parodiques règnent en maîtres dans ces récits truculents qui peuvent évoquer Rabelais, Hugo ou Céline. D'une obscénité sans vergogne, tranquillement misogynes, ces personnages à l’humour grinçant expriment un conservatisme populaire et un pessimisme complaisant. L’auteur ébauche au fil des romans « une espèce de philosophie de bistrot. Des considérations sur la mort, sur la vie, sur [sa] misère d’homme. Un appel au secours aussi. »

Peu à peu, San-Antonio, « qui émerge, qui croît, qui s’impose sans que je le veuille » dévore son auteur pour prendre sa place. Tourmenté et ivre, Frédéric Dard tente de se pendre en 1965. En 1969, il épouse la fille de son éditeur, Françoise de Caro, s’installe avec elle à Bonnefontaine, en Suisse, et a une fille, Joséphine. Celle-ci est kidnappée en 1983, événement qui marque profondément Frédéric Dard et donne le « cafard » à son San-Antonio. Dans les années 1980, son rythme de croisière ralentit quelque peu, il ne publie que quatre San-Antonio par an et un roman « d’une autre encre » tous les deux ans.

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