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Desnos, RobertArticle
Plan de l'article
Présentation ; Un poète parisien ; Un dormeur inspiré ; Le choix de la liberté et de la diversité ; La dernière « résistance »
Parallèlement, Robert Desnos s’associe aux travaux du Front populaire et à la lutte antifasciste — en 1937, il participe aux manifestations de l’Internationale des écrivains contre le fascisme. Il dénonce aussi l’antisémitisme montant. Robert Desnos est mobilisé en 1939, et devient sergent de l’armée française ; après avoir été fait prisonnier, il est libéré et entre alors dans la Résistance. Durant l’Occupation, il écrit sous divers pseudonymes dans les revues clandestines de Paul Éluard, Europe et l’Honneur des poètes. Avec des poèmes écrits en argot, il prend vigoureusement parti contre le gouvernement de Vichy, s’attirant les foudres de Louis-Ferdinand Céline. En 1942 est publié le recueil Fortunes qui illustre parfaitement la diversité des styles propre à l’œuvre de Robert Desnos : « un langage à la fois populaire et exact […] familier et lyrique » (Postface de Fortunes). En 1943, il fait paraître un texte sur le thème de la drogue, Le Vin est tiré. L’année suivante est publié Contrée. Ni l’humour, ni la fantaisie ou la spontanéité ne font défaut à ses derniers écrits, qui chantent l’espoir et les misères humaines en un temps de tragédie. Arrêté le 22 février 1944 par la Gestapo, Desnos est déporté à Auschwitz le 27 avril. Durant son séjour dans les camps, ses lettres à Youki constituent son ultime poème. Le 8 juin 1945, Robert Desnos meurt au camp de Térézin, en Tchécoslovaquie, la veille de la libération du camp par les troupes américaines. Paul Éluard lui rend hommage, en prononçant lors de la remise des ses cendres « La poésie de Desnos, c’est la poésie du courage. Il a toutes les audaces possibles de pensée et d’expression […] Il est le fils prodigue d’un peuple soumis à la prudence, à l’économie, à la patience, mais qui a quand même toujours étonné le monde par ses colères brusques, sa volonté d’affranchissement et ses envolées imprévues. » Une partie de l’œuvre de Robert Desnos n’a été publiée qu’après sa mort, notamment Destinée arbitraire (1975), Nouvelles Hébrides et autres textes 1922-1930 (1978) et Mines de rien (1985). Son œuvre interrompue demeure sous le signe de la pluralité. Les styles et les thèmes s’y succèdent ou s’y entremêlent, témoignant de la curiosité et de la quête de liberté insatiables de leur auteur.
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