Résultats avec Windows Live® Search
Résultats avec Windows Live® Search Garnier, RobertArticle
Plan de l'article
Présentation ; Un juriste au théâtre ; Pour une tragédie française ; Les « souspirables calamitez d'un peuple »
Garnier, Robert (1545-1590), auteur dramatique français, l'un des plus illustres représentants de la tragédie humaniste.
Né à La Ferté-Bernard, issu de la bourgeoisie provinciale aisée, Robert Garnier mène une brillante carrière d'avocat durant les règnes troublés de Charles IX puis d'Henri III. Membre du Grand Conseil du roi en 1586, il sait concilier éloquence et poésie. Après une incursion dans le domaine lyrique, sur le modèle de Ronsard (Plaintes amoureuses, 1565 ; Hymne de la monarchie, 1567), il se consacre avec succès à l'écriture dramatique : ses tragédies font partie des textes les plus lus de ses contemporains. Robert Garnier ouvre en outre la voie au genre tragi-comique, avec Bradamante (1582), inspiré du célèbre Roland furieux de l'Arioste.
Les prédécesseurs de Robert Garnier, formés dans les collèges humanistes, ont appelé de leurs vœux un théâtre en langue française : Étienne Jodelle l'a « illustré » le premier avec sa Cléopâtre captive (1553) ; Jean de La Taille a formulé une théorie du genre dans l'Art de la Tragédie, publié en 1572… C'est dans ce contexte d'intense production dramatique et de vivante réflexion sur la nécessité, au présent, du genre tragique, que Robert Garnier écrit ses pièces. Elles sont tantôt inspirées de l'histoire romaine (Porcie, 1568 ; Cornélie, 1574 ; Marc-Antoine, 1578), tantôt de la mythologie grecque (Hippolyte, 1573 ; la Troade, 1579 ; Antigone, 1580), tantôt de l'Ancien Testament (les Juives, 1583). Toutes se ressentent à la fois des réflexions contemporaines, des images horribles fournies à l'envi par la réalité du temps, et du théâtre de Sénèque, dont celui de Robert Garnier constitue, au sens renaissant du terme, l’« imitation ». Le grand principe esthétique de ce théâtre est le pathétique : c'est lui qui soumet les illustres personnages représentés sur scène à toutes sortes de manifestations de l'atroce et de l'épouvantable, lui qui, dès le premier vers, le premier chant du chœur, porte l'attention du spectateur sur le terrain verbal de l'éloquence et de la déploration.
Les Juives, chef-d'œuvre de Robert Garnier, pousse au plus loin les ressources de ce pathétique, réparti entre l'action et son commentaire par le chœur des Juives. L'œuvre porte en elle les questionnements et les urgences de son temps. En représentant la terrible vengeance du souverain Nabuchodonosor, roi d'Assyrie, sur le peuple juif de Jérusalem, Robert Garnier pose la question, politique et religieuse, de la responsabilité du roi envers son peuple et envers Dieu. La langue à la fois très simple et très frappante contribue à l'évidence d'une œuvre qui, bien que d'un abord difficile aujourd'hui, bien qu'éclipsée par la tragédie classique (la Phèdre de Racine a effacé l'Hippolyte de Garnier, tout de même mis en scène par Antoine Vitez en 1982), conserve toute sa force lyrique et pathétique.
© 1993-2009 Microsoft Corporation. Tous droits réservés. |
© 2009 Microsoft
![]() ![]() |