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Guilbert, Yvette

Article
Plan de l'article
1

Présentation

Guilbert, Yvette (1865-1944), auteur et interprète française.

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Des débuts difficiles

Née à Paris en 1865 (et non pas en 1867, comme on le trouve souvent), orpheline de père, Yvette Guilbert travaille très tôt comme « petite main » dans la couture et aborde le théâtre vers l’âge de dix-neuf ans. Après six mois d’études avec le critique Landrol, elle débute en 1888 aux Bouffes du Nord dans les Petites Ouvrières de Paris, puis joue à Cluny la même année, et au théâtre des Variétés l’année suivante. Mais d’avoir tant chanté lorsqu’elle était cousette (les ateliers de couture sont alors de véritables pépinières de chanteuses), c’est dans la chanson, sa plus grande passion, qu’Yvette Guilbert veut réussir, malgré une première expérience désastreuse au Casino de Lyon, où elle doit quitter la scène sous des jets de tomates. En 1889, elle passe en lever de rideau à l’Eldorado ; mais, là encore, la direction la remercie avant terme : sa voix pointue et sa silhouette dépourvue de rondeurs ne correspondent manifestement pas au canon de beauté de l’époque.

3

Le triomphe de « la diseuse fin de siècle »

Devant ces échecs répétés, Yvette Guilbert décide de tenter sa chance en Belgique, où elle réussit à faire rire le public du Pavillon de Flore, à Liège ; ce qui lui vaut un engagement plus important à Bruxelles, où elle remporte son premier succès avec « la Pocharde », une chanson écrite dans un moment de désespoir. Ayant découvert les Chansons sans-gêne de Léon Xanrof (« le Fiacre »), elle adopte le genre tragico-comique et la silhouette qui feront sa gloire (la dame rousse aux longs gants noirs, vêtue d’une robe de satin vert, immortalisée par Toulouse-Lautrec). De retour en France, en 1890, elle chante au Moulin-Rouge, sous le nom de Nurse Valéry : le public l’accepte enfin et l’acclame. Sa carrière est désormais lancée. Elle reprend alors son véritable nom et en profite pour se constituer un répertoire plus solide, avec lequel elle triomphe au Divan Japonais, puis à la Scala, où elle tient le haut de l’affiche sans interruption de 1892 à 1895.

Faisant désormais salle comble partout où elle se produit, on la surnomme « la diseuse fin de siècle », et son humour grinçant séduit aussi bien le public intellectuel et anticonformiste des habitués du Chat noir que celui, plus populaire, des cafés-concerts.

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Un nouveau répertoire, une seconde carrière

En 1900, une grave affection rénale l’oblige pourtant à rompre son contrat avec la Scala ; une maladie qui l’affectera pendant plus de quinze ans et nécessitera six interventions chirurgicales successives. Elle abandonne alors son répertoire boulevardier et se consacre à de longues recherches sur la chanson ancienne et traditionnelle, qui la mèneront à interpréter désormais des airs des xvie et xviie siècles, et des complaintes méconnues comme « les Anneaux de Marianson ».

Ainsi, après avoir créé le genre « diseuse » et chanté pendant dix ans un répertoire qu’elle qualifiait elle-même de « boulevardier et graveleux », Yvette Guilbert passe plus de vingt-cinq ans à défendre ce qu’elle appelait « les plus beaux chants de France » ; sans oublier d’y mêler, régulièrement, des textes de poètes comme Baudelaire, Jammes, Laforgue, Richepin ou Verlaine.

Sélection discographique :

  • 1992 - Yvette Guilbert (2 CD EPM — 982 442)

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