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Blier, Bertrand

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Blier (Bertrand), les ValseusesBlier (Bertrand), les Valseuses
Plan de l'article
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Présentation

Blier, Bertrand (1939- ), réalisateur, scénariste, dialoguiste et acteur de cinéma français, également écrivain.

Bertrand Blier est un auteur et un cinéaste anti-conformiste. Ses écrits et ses films bousculent les idées reçues et l’ordre moral établi, n’hésitant pas à s’emparer de tabous et décrivant, avec une cruauté mêlée d’humour noir et de tendresse, la face cachée de personnages à la fois ordinaires et tourmentés.

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Une filiation prestigieuse, des débuts difficiles

Né à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), fils du comédien Bernard Blier, Bertrand Blier grandit sur les plateaux de cinéma et apprend le métier aux côtés de réalisateurs tels que Georges Lautner, Jean Delannoy ou Christian-Jaque.

À 23 ans, il signe son premier film, un documentaire au titre déjà sulfureux : Hitler connais pas (1963) est constitué de témoignages de jeunes Français interrogés sur leur avenir. Après ce succès confidentiel, il attend 1967 pour réaliser son premier long métrage de fiction, dans lequel il met en scène son père : Si j’étais un espion (1967), un pastiche de James Bond qui se solde par un échec. Il délaisse alors la caméra pour la plume, se faisant tour à tour romancier (les Valseuses) et scénariste (Laisse aller… c’est une valse de Georges Lautner en 1970).

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Une caméra-stylo trempée dans le vitriol

En 1974, Bertrand Blier adapte son roman à l’écran : les Valseuses est un pamphlet anti-conformiste, véritable manifeste des années 1970 ; l’écriture contemporaine au ton acerbe donne le vertige à la société et aux critiques d’alors, et impose l’image d’un auteur provocateur et de trois acteurs au jeu débridé, Gérard Depardieu, Patrick Dewaere et Miou-Miou. Calmos (1976) évoque frontalement la guerre des sexes ; ce film inabouti, de l’aveu même du réalisateur, est un échec.

Bertrand Blier renoue avec le succès grâce à des films aux dialogues coup de poing et au verbe cru et tranchant, à des histoires à la lisière de l’absurde : Préparez vos mouchoirs (1978), oscar du meilleur film étranger, Buffet froid (1979), Beau-père (1981) et la Femme de mon pote (1983). Le réalisateur y cherche le point de bascule psychologique de ses personnages, creuse à l’intérieur de ces duos et trios qu’il affectionne pour trouver leur singularité, qu’elle se nomme solitude ou misère affective. Notre histoire (1984), avec Alain Delon et Nathalie Baye, repose sur une écriture libre de tout carcan, destructurée et faite de torsions scénaristiques entraînant à la frontière du rêve et du réel, dans la fantasmagorie. Le ton est plus désabusé, cinglant et lapidaire encore dans Tenue de soirée (1986), dans lequel le trio Gérard Depardieu, Miou-Miou et Michel Blanc (prix d’interprétation à Cannes) est aussi scandaleux que celui des Valseuses. Trop belle pour toi (1989), avec Carole Bouquet, est pour sa part récompensé par le prix du jury au festival de Cannes et par trois césars.

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Contes cruels d’un faux misanthrope

Ce succès populaire est paradoxalement suivi par une série de films au ton désenchanté : Merci la vie (1991), Un, deux, trois soleil (1993) et Mon homme (1995) sont autant de témoignages à la fois sans concession et optimistes sur la France des années 1990 ; les trois films sont en outre portés par Anouk Grinberg, tour à tour troublante, fragile et bravache (elle obtient le prix d’interprétation au festival de Berlin pour Mon homme).

Les Acteurs (2000) rend hommage au métier de comédien avec une pléiade d’acteurs dans leurs propres rôles ; le film renoue avec une veine plus légère où la tendresse amusée alterne avec les coups de griffes. Toutefois, l’échec commercial incite Bertrand Blier à se tourner vers d’autres activités : le théâtre (il met en scène sa propre pièce, les Côtelettes), la publicité et l’écriture. De retour au cinéma, il adapte les Côtelettes (2002) et retrouve un ton grinçant et des personnages hauts en couleurs (incarnés par Philippe Noiret et Michel Bouquet) ; l’accueil critique est toutefois de nouveau très défavorable, stigmatisant le plus souvent la vulgarité du film. Combien tu m’aimes (2005), avec Monica Belucci, Bernard Campan et Gérard Depardieu, permet à Bertrand Blier d’explorer le thème du « ménage à trois » (déjà présent dans Trop belle pour toi notamment) et de livrer une conception sans illusion de la société et des relations entre les hommes et les femmes.

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