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Plan de l'article
Présentation ; Un cinéaste politique ; Échecs critiques et commerciaux, puis renouveau d’un discours personnel
Costa-Gavras (1933- ), réalisateur, scénariste et producteur de cinéma français d’origine grecque.
Né à Athènes (Grèce), Konstantinos Gavras, dit Costa-Gavras, débute au cinéma comme assistant-réalisateur d’Yves Allégret et de René Clair. Après quelques films policiers (notamment Compartiment tueurs, avec Yves Montand et Simone Signoret, 1965), il convainc le public et la critique avec Z (1969), un film inspiré de faits réels (l’assassinat en 1963 du député Grigoris Lambrakis) qui dénonce la dictature grecque, puis l’Aveu (1970), adapté d’un roman d’Arthur London par Jorge Semprún, qui traite des purges au sein du système communiste ; ce film impressionnant est porté par l’interprétation particulièrement habitée d’Yves Montand (épaulé notamment par Simone Signoret et Jean Bouise). État de siège (1973) s’élève contre la politique des États-Unis en Uruguay, tandis que Section spéciale (1975) évoque la collaboration des juges français sous l’Occupation. À l’exception de Clair de femme (1979, d’après Romain Gary) et de Conseil de famille (1986, avec Johnny Hallyday), Costa-Gavras choisit presque exclusivement des thèmes politiques empruntés à l’histoire récente : la dictature au Chili dans Missing, portés disparus (Missing, 1982, palme d’or au festival de Cannes), l’État d’Israël dans Hanna K. (1983) et les anciens nazis dans Music Box (1990, ours d’or au festival de Berlin).
Président de la Cinémathèque française de 1982 à 1987 (puis de nouveau nommé à ce poste en 2007), Costa-Gavras tourne par la suite une comédie satirique sur le monde des médias, la Petite Apocalypse (1993) avec André Dussollier et Pierre Arditi. Cette coproduction européenne (Pologne, Italie et France) est un échec commercial qui incite le réalisateur à retourner aux États-Unis, où il dirige Dustin Hoffman et John Travolta dans Mad City (1997), critique d’une certaine forme de journalisme d’investigation sur fond de prise d’otages. Amen (2002) signe le retour d’un artiste engagé dont les fortes convictions, explicitement affichées, suscitent de vives polémiques : le rôle de l’Église catholique pendant la Seconde Guerre mondiale est ici la cible des accusations de Costa-Gavras, qui stigmatise plus particulièrement l’absence de condamnation claire et officielle de la Shoah de la part du pape Pie XII. Avec le Couperet (2005), Costa-Gavras ausculte la dureté du monde du travail par l’intermédiaire d’un cadre au chômage (interprété par José Garcia) qui élimine physiquement tous ses concurrents à un nouvel emploi. Costa-Gavras a obtenu la nationalité française en 1968.
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