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Darrieux, Danielle

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Darrieux, Danielle (1917- ), actrice et chanteuse française.

Née à Bordeaux, Danièle Darrieux est élève du conservatoire de musique lorsqu’elle débute au cinéma, à l’âge de quatorze ans, dans la version française du Bal (1931) de Wilhelm Thiele. Son jeu spontané, son charme naturel et une certaine effronterie sont aussitôt remarqués.

Bonne chanteuse, elle devient vedette de comédies musicales et triomphe dans La crise est finie (1934) de Robert Siodmak, Mademoiselle Mozart (1936) de Yvan Noé et Un mauvais garçon (1936) de Jean Boyer. Classée un peu vite jeune première de comédie, elle montre un grand talent dramatique dès Mauvaise Graine (1934) de Billy Wilder, et s’impose dans des rôles tragiques et mélodramatiques avec Mayerling (1936) d’Anatole Litvak et Kathia (1938) de Maurice Tourneur.

Elle crée bientôt des personnages attachants, parfois coquins et malicieux, ou bien dramatiques et bizarres, dans les films de son mari Henri Decoin, Mademoiselle ma mère (1937), Abus de confiance (1937), Retour à l'aube (1938), Battement de cœur (1940), Premier rendez-vous (1941)…

Après la Seconde Guerre mondiale, elle reprend une carrière internationale, entamée en 1938 avec la Coqueluche de Paris (The Rage of Paris) de Henry Koster et apparaît dans Riche, jeune et jolie (Rich, Young and Pretty, 1951) de Norman Taurog, l'Affaire Cicéron (Five Fingers, 1952) de Joseph L. Mankiewicz et dans Alexandre le Grand (Alexander The Great, 1956) de Robert Rossen.

En France, elle apparaît au théâtre et tourne avec Max Ophuls: la Ronde (1950), le Plaisir (1951) et Madame de (1953), dans lequel elle réussit à être pathétique jusqu'au sublime. Claude Autant-Lara utilise toutes les facettes de ses dons dans Occupe-toi d'Amélie (1949), le Bon Dieu sans confession (1953), le Rouge et le Noir (1954) et Vive Henri IV, Vive l'amour (1961). Elle travaille aussi avec Sacha Guitry dans Napoléon (1955), avec Marc Allégret dans l'Amant de Lady Chatterley (1955) et Un drôle de dimanche (1958), avec Gilles Grangier dans le Désordre et la Nuit (1958) et dans l'Homme à la Buick (1968). Elle tourne aussi avec Henri Decoin la Vérité sur Bébé Donge (1952), Bonne à tuer (1954) et l'Affaire des poisons (1955) et se distingue dans des personnages très forts chez Julien Duvivier : Pot-Bouille (1957), Marie-Octobre (1959) et le Diable et les Dix Commandements (1962). 

La grande variété de son registre lui permet de tout jouer : les garces, les victimes, les coquettes ou les femmes fatales. Eau dormante, elle peut s'enflammer, se sacrifier par amour ou assassiner par intérêt. Sa petite taille et ses moues de fausse ingénue cachent un caractère tenace de vrai monstre sacré.

Elle travaille également avec des auteurs de la Nouvelle Vague, dans Landru (1962) de Claude Chabrol et surtout dans les Demoiselles de Rochefort (1967) et Une Chambre en ville (1982) de Jacques Demy, films où elle chante avec un étonnant talent. Infatigable, elle aborde avec dignité les rôles de femmes âgées et continue ainsi sa carrière avec André Téchiné : le Lieu du crime (1986), Claude Sautet : Quelques jours avec moi (1988), Benoît Jacquot : Corps et bien (1986), Paul Vecchiali : En haut des marches (1983), Dominique Delouche : 24 heures de la vie d'une femme (1968) et Divine (1975) et Marie-Claude Treilhou : le Jour des Rois (1990).

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