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  • Raymond ROUSSEL

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Roussel, Raymond

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Raymond RousselRaymond Roussel

Roussel, Raymond (1877-1933), écrivain français admiré par les surréalistes en raison de son excentricité et célébré par les auteurs du Nouveau Roman pour son génie verbal. Issu d’un milieu aisé, il suivit les cours du Conservatoire de musique où il apprit le piano, qu’il délaissa bientôt pour s’adonner, jeune encore, à l’écriture. Il avait vingt ans lorsque parut le roman en vers la Doublure (1897), qu’il édita, comme l’ensemble de son œuvre, à compte d’auteur. Cette description du carnaval de Nice fut accueillie dans la plus parfaite indifférence. N’admettant aucune filiation littéraire, hormis celle de Jules Verne, il composa ensuite des récits en vers (la Vue, le Concert et la Source), qui parurent pour deux d’entre eux dans la presse parisienne (1902-1905). Le prétexte de chacun de ces textes — où s’imposait déjà le leitmotiv de son œuvre, « l’imagination est tout » — pouvait être fourni aussi bien par un porte-plume que par une vignette de papier à lettres ou une étiquette de bouteille. Le récit Impressions d’Afrique fit également l’objet d’une parution en feuilleton avant d’être édité en 1910. La technique narrative de Roussel, qui se développe à partir de jeux avec les mots, dérouta une nouvelle fois. Il n’en publia pas moins Locus Solus (1914), véritable entreprise de déstructuration du récit conventionnel, où une visite à la luxueuse villa du savant Martial Canterel, par glissements de sens sur les mots, introduit le lecteur dans un monde parallèle, siège du merveilleux. L’ouvrage fascina les surréalistes qui virent les premiers dans cette œuvre étrange, concentrée sur le langage, une voie nouvelle. Les deux pièces suivantes, l’Étoile au front (1924) et la Poussière de soleils (1926), obtinrent un succès de scandale, auquel contribua le groupe d’André Breton qui se chargea de la « claque ». En 1932, Roussel publia ses Nouvelles Impressions d’Afrique, dernier récit en vers qui acheva de ruiner toute logique d’interprétation, l’auteur multipliant à souhait les digressions aux dépens d’une hypothétique lecture rationnelle, ce qui fit dire par certains : « Roussel est surréaliste dans l’anecdote. » Peu de temps après, il mit fin à ses jours au grand hôtel des Palmes de Palerme, non sans avoir préalablement dévoilé le secret de son œuvre (Comment j’ai écrit certains de mes livres, posthume, 1935).

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